Dans mon papier précédent, j'ai critiqué la position prise par Marie-George Buffet après le non lieu accordé à DSK. J'estime en effet que dans son délire ultraféministe l'ancienne secrétaire nationale du PCF demande pratiquement que tout homme accusé de viol soit condamné sous prétexte que reconnaître son innocence pourrait affaiblir "les droits des femmes". Je pensais qu'il était difficile de faire pire... mais il faut dire que je n'avais pas encore pris connaissance du communiqué du NPA.
Dans cet étrange texte, le NPA commence par estimer que l'abandon des charges contre DSK est "un coup tres dur contre les femmes victimes de violences sexuelles, de viols". On a du mal à comprendre la logique de ce raisonnement: après tout, il y a des accusations de viol qui sont légitimes, et d'autres qui sont fausses. Ce ne serait pas la première ni la dernière fois qu'une femme par dépit, par haine ou tout simplement par intérêt accuse faussement un homme de l'avoir violée. C'est le rôle de la justice de séparer les fausses accusations des vraies, de libérer les innocents et de punir les coupables. C'est le cas pour tous les délits et tous les crimes. Pourquoi devrait-il en aller différement pour le viol ?
Mais ce serait oublier la prémisse cachée derrière cette étrange idéologie qui réunit aujourd'hui les ultraféministes du PCF et celles du NPA: la femme dit par définition la vérité. Innocenter un seul accusé, ce serait mettre en échec cette prémisse. Il faut donc condamner un homme accusé, même faussement, pour maintenir ce postulat de base sur lequel tout l'édifice repose. Et si de temps en temps il faut sacrifier un innocent à la "cause", ainsi soit-il...
Mais le communiqué du NPA va bien plus loin: "Depuis plusieurs semaines, il y a un procès en suspicion mené, de différents côtés, contre Nafissatou Diallo en s'appuyant sur son passé. (...) Le NPA dénonce cet état d'esprit qui consiste à insinuer qu'il y aurait des victimes respectables et d'autres non. Une agression sexuelle, un viol restent un crime, quel que soit le passé de celle ou celui qui subit ces agissements".
Ceux qui auront lu le document présenté par le procureur de New York, dont j'ai traduit de larges extraits dans mon précédent papier, auront remarqué que ce qui a motivé l'abandon des poursuites ce n'est pas "le passé" de la plaignante, mais ses nombreux mensonges - y compris sous serment - au cours de la procédure. Non seulement elle a changé trois fois sa version des faits, mais - et c'est infiniment plus sérieux - elle s'est inventée un viol inexistant dans son passé, viol raconté avec la même émotion et dans les mêmes termes que celui qu'elle attribue à DSK. Et oui, il y a des "victimes respectables" et d'autres qui les sont moins... celles qui dénoncent des crimes imaginaires pour se faire de l'argent, par exemple.
Mais il y a plus: Le NPA juge "affligeante et écœurante", la "satisfaction affichée par les amis de D. Strauss-Kahn". Vous auriez un ami qui, après avoir été accusé de viol, voit cette accusation s'effondrer. Vous ne seriez pas content pour lui ? En quoi cette joie serait "affligeante et écoeurante" ? Ceux qui ont écrit ce communiqué se comportent comme si DSK, après avoir commis un viol, avait réussi par on ne sait quelle magie d'échapper à la justice. Mais ce n'est pas le cas: DSK, il faut le marteler, est innocent jusqu'à preuve contraire. Et cette preuve n'a pas été apportée. Quelque soit la symphatie qu'on puisse avoir pour l'accusatrice du fait de sa situation sociale, sa couleur ou tout autre paramètre, la justice oblige à reconnaître que ses mensonges continuels ne permettent pas, comme le dit le procureur, de conclure à la culpabilité de l'accusé.
Descartes
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