Un commentateur de ce blog m'avait il y a quelques semaines suggéré d'aborder la question de la technocratie. Ne reculant devant rien pour satisfaire mon public, j'essaierai en quelques paragraphes d'ouvrir le débat sur un sujet qui me semble essentiel dans toute réflexion sur l'avenir de nos institutions et sur la démocratie en général, à savoir, celui du rôle des "techniciens" (1) dans le gouvernement de l'Etat.
Le technicien, ce pelé, ce gâleux...
Il faut dire que l'époque est particulièrement dure pour les "techniciens". Entre l'idéologie écologique influencée par le romantisme allemand qui fait du "technicien" un docteur Faustus prêt à signer un pacte avec le diable pour servir ses intérêts et la vision gauchiste qui refuse toute sorte de médiation entre le peuple et le pouvoir, ne jure que par l'exercice direct de la souveraineté par la masse et voit dans l'intervention des "techniciens" (les "sachants", les "experts") une confiscation du pouvoir par une caste (2), ils ne sont pas à la fête. Il est d'ailleurs drôle de constater que ces visions considérées plutôt "de gauche" réjoignent une vision similaire mais plutôt "de droite" qui tend à vanter la supériorité de "l'intelligence de la main" et glorifie des personnages qui furent des cancres à l'école et mauvais étudiants à l'université, mais qui se révélèrent des entrepreneurs brillants, du moins par la seule mesure de la brillance d'un entrepreneur, qui est sa capacité à gagner de l'argent.
Car, et c'est là un point important, le monde "technicien" est un monde hiérarchisé et méritocratique. Hiérachisé, parce que dans ce monde où la légitimité vient du savoir et de la compétence, le savoir et la compétence accumulée donnent une norme objective de hiérarchisation. Chacun connaît le parcours des autres, les projets qu'ils ont réussi et ceux qu'ils ont ratés, et le jugement des pairs établit une échelle avec des "grands" en haut et des "petits" en bas. Et c'est un monde méritocratique parce que ni le savoir ni la compétence n'étant héréditaires, la norme qui établit la hiérarchie teste essentiellement un mérite individuel. Or, ce qui caractérise - à gauche comme à droite - l'idéologie post-moderne du monde dans lequel nous vivons aujourd'hui est le rejet dans un même mouvement de la notion de hiérarchie et de celle de méritocratie, deux concepts contradictoires avec l'individu-roi qu'on nous vend à longueur de journée.
Le paradoxe, c'est que jamais auparavant une société humaine n'a autant dépendu de la qualité de ses techniciens. Jamais une société humaine n'aura accumulé tant de connaissances scientifiques et techniques, et dépendu autant de la mise en oeuvre de ces connaissances - et de leur bonne utilisation dans le processus de décision public comme privé - pour son optimisation. Grace à cette optimisation, notre qualité de vie a augmenté exponentiellement en un siècle, mais en contrepartie nous dépendons chaque fois plus de processus et d'objets qui ne peuvent pas être gérés - ou même compris - par n'importe qui. Pour qu'ils donnent tous leurs fruits, nous sommes obligés à les confier à des spécialistes. Notre société qui hier était une deux-chevaux, au faible rendement mais qui pouvait être bricolée par n'importe qui avec un outillage limité, est devenue une Maseratti, qui ne peut être entretenue - du moins si l'on veut quelle donne toute sa performance - que par des gens très qualifiés utilisant un outillage de pointe.
Ce paradoxe est en fait celui d'une société qui adhère à une idéologie de plus en plus individualiste alors qu'elle ne doit son haut niveau de vie à une division du travail qui rend ces individus de plus en plus interdépendants et les oblige à consentir une délégation de pouvoir aux "techniciens", seuls capables de gérer la complexité. L'idéal qu'on nous vend est celui de l'individu mangeant les légumes de son jardin, tirant l'eau de son puits, produisant lui même l'électricité avec ses panneaux solaires ou son éolienne personnelle, construisant lui même sa maison. On nous offre en modèle l'individu auto-suffisant. C'est l'idéal de l'individu-île. Un peu comme si Robinson Crusoe devenait une sorte de modèle, celui de l'homme parfaitement libre parce que ne dépendant pas des autres. Alors que pour Defoe, le personnage de Robinson était exactement l'inverse: un homme dissipé qui avait refusé de devenir un membre respectable de la société humaine et que Dieu punit en lui montrant combien l'être humain est malheureux lorsqu'il est seul. Et quand Robinson de Defoe a finalement l'opportunité de revenir dans la société humaine, il n'hésite pas un instant, tant sa rélégation lui est insupportable. Si Robinson devait être réécrit aujourd'hui par un écologiste, il se réjouirait au contraire de son sort "en communion avec la nature" et y resterait jusqu'à la fin de ses jours.
Le technicien et le démocrate
La question fondamentale de tout pouvoir est celle de la légitimité. En d'autres termes, qu'est ce qui rend tel ou tel individu ou groupe "légitime" à exercer un pouvoir donné ?
La source de légitimité du technicien est celle de la connaissance. Le technicien "sait" comment les choses fonctionnent et comment les faire fonctionner. Il semblerait logique de lui donner donc les manettes. Après tout, les Lumières ne nous ont-elles pas enseigné que la meilleure décision est celle prise par la Raison sur la base d'une connaissance scientifique de la réalité ?
A cette légitimité s'oppose à celle du peuple. Ce qui nous conduit à nous interroger sur cette dernière. Qu'est ce qui rend le peuple légitime pour exercer - directe ou indirectement - non seulement le pouvoir, mais la souveraineté ? Là, je pense qu'il faut tout de suite dissiper quelques illusions. La légitimité ne vient pas de la qualité de la décision prise par le peuple. Comment en effet imaginer que l'ensemble de gens qui en moyenne ne connaissent rien puisse produire des décisions de meilleure qualité que celles d'une technocratie, dont les membres ont souvent passé leur vie à traiter les problèmes qu'ils traitent ? Si vous aviez mal au ventre, quel diagnostic prendriez vous ? Celui que vous donnent trois professeurs de médécine, ou celui qui serait issu d'un référendum de l'ensemble des patients de l'hôpital ? Seuls les idéalistes de la "gauche radicale" ont encore la croyance que le peuple dispose d'un savoir immanent, et qu'en mettant tous les ignorants dans une salle on peut fabriquer par on ne sait quelle magie des sages décisions. Qu'une décision soit prise démocratiquement ne garantit nullement qu'elle soit optimale.
La légitimité du peuple à décider des affaires qui le concernent est pourtant pour nous incontestable, et constitue le fondement de toute démocratie. Mais elle a une toute autre source: le peuple a le droit de décider parce que c'est lui qui paye le coût des décisions prises et en dernière instance les pots cassés si les décisions sont mauvaises. En d'autres termes, être celui qui paye les musiciens et supporte leurs fausses notes vous donne le droit de choisir l'orchestre et la partition. La légitimité du peuple est "essentielle", elle est liée à ce que le peuple paye et supporte les décisions. Celle des techniciens n'est que déléguée. Mais le peuple est aussi intelligent et comprend qu'il est de son intérêt de déléguer une partie de ses pouvoirs à ceux qui peuvent les exercer plus efficacement.
Mais, pour reprendre la métaphore musicale plus haut, si le peuple est légitime pour choisir l'orchestre et la partition, il n'est pas pour autant capable de jouer du violon. S'il veut de la musique de qualité, il est obligé de confier la tâche de la jouer à ceux qui ont été formés pour le faire.
La délégation: une nécessité
La société dans laquelle nous vivons est incroyablement complexe. Chacun d'entre nous peut, avec un peu d'effort et d'intérêt, comprendre comment certaines choses fonctionnent, voir être capable de les faire fonctionner. Mais il est illusoire de penser qu'un être humain pourrait aujourd'hui dominer l'ensemble des champs de la connaissance dont dépend son bien-être. Chacun d'entre nous peut, en y investissant un certain travail, devenir "expert" dans quelques uns de ces champs. Il peut, là aussi en investissant un certain effort, acquérir des connaissances suffisantes pour comprendre à peu près ce qui se passe dans d'autres. Mais l'exhaustivité est aujourd'hui hors de question: Un même individu ne peut comprendre comment fonctionne un ordinateur, comment on opère un rein, comment fonctionne l'institution familiale, la différence entre la philosophie de Platon et celle d'Aristote et comment est construite la théorie de la relativité générale. Et si l'on passe du champ de la compréhension à celui de l'action, c'est encore pire: pour pouvoir agir à bon escient dans un domaine il faut des connaissances et une pratique telle que cela exclue qu'on puisse les acquérir dans tous.
Cela implique nécessairement dans notre société un haut niveau de délégation: lorsque j'amène ma voiture au garagiste et que je lui décris les symptômes de la panne, je me remets à lui pour faire un diagnostic, ensuite pour choisir le meilleur moyen de réparer le défaut, et ensuite pour exécuter la réparation. Je serais incapable d'indiquer au mécanicien quelle vis il doit dévisser et avec quel outil, quelle pièce il faut changer et comment (3). En lui confiant ma voiture et en l'autorisant à faire la réparation, j'opère donc une délégation de pouvoir. Dans une société complexe comme la notre, cette délégation est inévitable. Je l'accorde chaque fois que je m'adresse à un "technicien": lorsque je confie mon téléphone portable au réparateur, lorsque je mets mon corps dans les mains du médecin, lorsque je souscris un contrat de fourniture d'électricité avec EDF, à chaque fois je fais confiance à des gens pour faire des choses que je ne suis pas capable de faire moi-même, et dont je peux à peine évaluer le travail.
Ce mécanisme de délégation est présent aussi dans la sphère des politiques publiques. Est-il raisonnable de penser que le citoyen moyen puisse embrasser l'ensemble des sujets dont le gouvernement doit s'occuper ? Imagine-t-on Madame Michu - ou même le Professeur Michu - être capable de donner un avis éclairé sur la réforme du Code Pénal le lundi, sur la politique énergétique mardi, sur les comptes de la Sécurité Sociale mercredi, sur la liste des pesticides autorisés sur les cultures alimentaires le jeudi, et ainsi de suite ? Bien sur que non. La question se pose donc de l'organisation du rapport entre le citoyen, qui délègue le pouvoir, et le "technicien" qui reçoit cette délégation. C'est pourquoi l'idée - si présente dans l'idéologie de la gauche radicale - d'une société sans délégation de pouvoir est absurde: plus une société est complexe, plus la délégation est nécessaire. La question n'est pas de savoir si la délégation est nécessaire, elle l'est évidement. La question est de savoir comment l'encadrer pour éviter deux vices au moins aussi dangereux l'un que l'autre: la délégation abusive, dans laquelle le technicien se substitue au pouvoir politique, et la délégation insuffisante, qui laisse dans les mains des ignorants des décisions qui nécessitent une compétence technique importante.
Revenons à l'exemple du mécanicien auto. La délégation de pouvoir que je lui confère pour réparer ma voiture est contrôlée par deux mécanismes. D'une part, c'est une délégation limitée puisque je lui accorde le pouvoir d'agir pour réparer le symptôme que j'ai décrit, et seulement celui-là. En d'autres termes, je délègue au technicien le pouvoir de choisir les moyens, mais pas celui de choisir la finalité. D'autre part, le mécanicien est tenu d'agir "dans les règles de l'art", ce qui suppose que son travail est soumis à la critique des autres mécaniciens. Si l'un d'eux observe des méthodes peu orthodoxes, il est problable que le chef d'atelier soit averti et que le mécanicien en question ait quelques explications à donner. On voit ici l'essence de ce qui fait le contrôle du technicien dans une société démocratique: la séparation entre les buts et les moyens, et le contrôle par les pairs.
Pour ce qui concerne la séparation entre les buts et les moyens. L'idée est séduisante en théorie, mais présente en pratique une difficulté. Fixer les buts implique une appréciation de la faisabilité et du rapport coût/avantages de chaque solution. Or seul le technicien est capable de dire ce qui est faisable et à quel prix. Par ce biais, le technicien récupère du pouvoir sur le choix des buts, puisqu'il lui suffit de présenter un but comme irréalisable ou très couteux pour tordre la décision en faveur de la solution qu'il juge la meilleure. Si ce jugement est purement technique, le risque est réduit. Mais les techniciens ne sont pas des êtres de pur esprit, ils ont aussi des intérêts matériels. Le mécanicien auto peut nous conseiller une solution qui n'est pas la plus avantageuse pour nous, mais qui est la plus avantageuse pour lui.
C'est pourquoi il est important que l'expertise publique soit portée par des "techniciens" dont la paye et la carrière soient indépendantes des solutions techniques choisies. Par exemple les ingénieurs de l'autorité de sûreté nucléaire sont fonctionnaires. Ils sont payés exactement le même salaire qu'ils déclarent un réacteur dangereux ou qu'ils le déclarent sûr. Leur carrière se fait à l'ancienneté. Par opposition, les experts de la CRIIRAD ou ceux de Greenpeace sont payés sur des dons, et ces dons sont à proportion directe du sentiment antinucléaire dans l'opinion. A votre avis, qui de l'ASN ou de la CRIIRAD-Greenpeace donnera les expertises les plus indépendantes ?
Pour ce qui concerne le contrôle des pairs, le problème est plus classique: c'est celui que posait Juvenal dans sa formule célèbre "quis custodiet ipsos custodes ?" ("qui garde les gardes ?"). Le contrôle par les pairs n'est efficace que si ces "pairs" n'ont pas un intérêt commun qui les pousse à se serrer les coudes. La solution napoléonienne à ce dilemme est de séparer l'expertise publique dans des corps distincts et de préférence concurrents, ce qui assure une saine émulation et une surveillance croisée efficace...
Technocratie et politique
Parce qu'elle est hierarchisé et méritocratique, une technocratie est nécessairement élitiste - au meilleur sens du terme. En d'autres termes, c'est un processus qui réserve le pouvoir en fonction de la connaissance et du mérite jugé par les pairs, et non par une mécanique de popularité ou d'élection. C'est pourquoi les rapports entre techniciens et politiques sont historiquement des rapports de défiance réciproque. Pour les techniciens, la politique est le lieu où les "bons choix", optimaux du point de vue technique, sont sacrifiés aux préjugés et à l'ignorance de la masse par des politiciens qui n'ont en tête que leur popularité. Pour les politiques, le technicien est l'homme qui dit "non", qui met des obstacles aux projets grandioses, qui montre que ce que le peuple veut - ou du moins ce pour quoi il a voté - est impossible. Cette tension entre le règne de la liberté qu'est le politique et le règne de la nécessité, qui est le technique, est saine. A condition que se tisse entre les deux pôles un véritable débat.
Ce débat a beacoup varié avec les époques. Il y a eu des "âges d'or" où le politique et le technique ont marché la main dans la main dans des rapports de confiance - les "trente glorieuses" en sont peut-être le meilleur exemple. Et ce n'est pas une exclusivité de la droite: le PCF a eu traditionnellement des rapports étroits avec les "techniciens", et porta une idéologie moderniste et "technicienne" - on dirait "productiviste" aujourd'hui - y compris contre d'autres secteurs de la "gauche radicale". Il fut d'ailleurs un temps où énarques, scientifiques et ingénieurs siégeaient aux plus hautes instances du Parti ou dirigeaient des commissions spécialisées du Comité Central (4) et leurs compétences étaient mises en avant, et on oublie souvent que l'un des ministres qui porta l'ENA sur les fonts baptismaux n'était autre que Maurice Thorez.
Notre époque est plutôt une époque de recul de ce rapport. La diffusion d'un écologisme radical qui porte une vision de la science et la technologie qui rappelle celle qu'on avait autrefois de la sorcellerie, la démagogie anti-élitiste, l'oscillation permanente du politique entre toute-puissance dans la promesse et impuissance dans la réalisation rend les rapports entre politique et technocratie difficiles. Qu'on me permette une anecdote: lors de la campagne présidentielle de 2012, un cher ami à moi, socialiste, ingénieur et énarque et "techno" jusqu'au bout des ongles - ça fait beaucoup de défauts pour une seule personne, n'est ce pas ? - a envoyé au responsable de la campagne de François Hollande une petite lettre offrant ses services pour concevoir des propositions, faire des chiffrages, écrire des notes dans son domaine d'expertise. Gratuitement et par dévouement militant. Et que croyez qu'on lui répondit ? "nous ne voulons pas de "technos" dans l'équipe de campagne, il nous faut des politiques".
C'est une réponse logique: pour affirmer qu'il faut passer de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité à l'horizon 2025, on n'a pas besoin de "technos". Ces empêcheurs de promettre en rond ne serviraient qu'à pointer combien une telle proposition est irrationnelle, coûteuse et finalement difficilement réalisable. La transformation de la politique en rêve éveillé n'est possible qu'en chassant les "technos" de leur place. Et on retrouve le même type de fonctionnement dans les autres partis, d'une manière plus ou moins évidente. On le voit, pour les partis qui accèdent au pouvoir, dans une politisation de plus en plus grande de la haute fonction publique, avec la nomination de purs "politiques" sans compétences particulières à des postes qui nécessitent une véritable compétence technique, même si le "contrôle par les pairs" protège pour le moment notre fonction publique de nominations trop scandaleuses. On le voit encore plus fortement dans les partis de "témoignage", et notamment dans la gauche radicale où le discours sur les "intelligents qui ont fait l'ENA" vaut condamnation sans appel.
Conclusion: travailler ensemble
Après ce survol forcément sommaire du problème, je voudrais conclure avec un message aux militants. Aujourd'hui, la doctrine de rejet de la technique est des techniciens est une impasse. On ne peut imaginer de gouverner une société aussi complexe que la notre sans - voire contre - la technique. Toutes les révolutions modernes ont d'ailleurs buté sur la question de constituer une "technocratie" avec laquelle travailler. Certaines l'ont résolu, en créant des institutions pour les former et les encadrer: ce fut le cas de la Révolution Française et de l'Empire, avec la création de corps techniques de l'Etat et des écoles pour former ses membres. D'autres ont négligé le problème et se sont retrouvées rapidement en difficulté - c'est le cas des "révolutions latino-américaines" dont on nous bassine les oreilles.
Un parti politique qui veut aborder les questions institutionnelles ne peut pas faire l'économie d'une réflexion sur ces questions, que ce soit dans son propre fonctionnement ou dans le fonctionnement de l'Etat. La difficulté, c'est d'aboutir à une réflexion réaliste qui sorte du discours facile de la démagogie anti-élitiste. En d'autres termes, il faut expliquer aux militants qu'ils ne sont pas tout-puissants, qu'il y a des gens qui savent des choses qu'ils ne savent pas, et qu'il faut confier le soin de prendre certaines décisions à ces gens là. Ce qui va contre exactement à l'opposé de la vulgate actuelle. Le problème, n'est pas dans la "France d'en bas", qui est parfaitement consciente de ses limitations. Le problème est dans la "France du milieu", qui croit tout savoir...
Descartes
(1) Pour préciser les idées, le terme "technicien" sera utilisé dans tout ce qui suit dans le sens d'une personne ayant un savoir et/ou une compétence scientifique (c'est à dire, sur comment fonctionnent les choses) et/ou technique (c'est à dire, sur comment faire fonctionner les choses). Il ne s'agit donc pas de "technique" au sens purement industriel du terme: savoir opèrer un rein, savoir rédiger un décret sont des compétences "techniques" au même titre que savoir réparer une voiture ou une machine à laver.
(2) Voir par exemple les commentaires méprisants sur les "intelligents qui ont fait l'ENA" et autres du même ordre.
(3) Sauf, évidement, si vous êtes vous même mécanicien ou du moins si vous avez choisi de consacrer du temps et de l'effort à étudier ce domaine. Dans ce cas, transposez mon exemple au cas du chirurgien à qui vous confiez votre corps pour qu'il vous soigne une appendicite.
(4) Par exemple, Philippe Herzog, Anicet Le Pors, Frédéric Joliot...
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