Publié le
par
descartes
Ce blog est le résultat d'une démarche politique. Non pas la politique qui consiste à porter le T-shirt d'un candidat ou de proclamer inlassablement le petit livre rouge (ou vert, ou bleu, ou
jaune, ca dépend des partis) dans une pédagogie de la répétition qui, les résultats de la participation politique le montrent, est de moins en moins efficace. Mais de la politique qui consiste à
essayer de construire des analyses qui d'abord rendent l'évolution de la société comprehensible, et ensuite permettent de la modifier d'une manière contrôlée.
Cette politique ne peut se faire sans débat. Tout le monde veut le débat, me direz vous... Mais là encore les mots sont trompeurs: les organisations politiques aujourd'hui passent leur temps à organiser des "débats" qui consistent en fait à réunir dans une même pièce un certain nombre (généralement maigre...) de gens qui sont d'accord sur l'essentiel pour proclamer ensemble leur accord. On n'aime pas dans ces "débats", qui sont en fait des grandes-messes, les contradicteurs. Et on les aime d'autant moins ceux qui portent une contradiction rationnelle. On a le droit de dire "j'ai une autre opinion", mais on n'a pas le droit de signaler les contradictions internes d'un discours, ou le fait qu'il n'est pas conforme aux faits.
Et on comprend aisément pourquoi. Cela tient à la façon dont les organisations politiques fonctionnent en fait comme des églises. Au niveau des "prêtres" (c'est à dire, essentiellement, de ceux qui en font une carrière), on ne réflechit qu'en termes de pouvoir et de rapport de forces. Et au niveau des fidèles ordinaires (c'est à dire, des militants de base), on adhère sur la base d'un dogme qui est l'objet d'une adhésion acritique. Or, ce type d'adhésion peut se concilier avec des différences d'opinion, dans la mesure ou cette autre opinion est en fait l'adhésion à un autre dogme. Par contre, ce type d'adhésion ne peut survivre à une critique rationnelle, qui conteste la cohérence du dogme lui même. On retrouve ici le paradoxe qui fait que pour une personne réligieuse celui qui adhère à une autre réligion est toujours moins haïssable que l'athée...
Voilà pourquoi le débat politique a pratiquement disparu. Et non seulement dans les enceintes des partis, mais aussi sur nos écrans. Le dicton "qui se ressemble s'assemble" a été poussé à la limite de rupture: celle ou chacun n'accepte de dialoguer qu'avec ceux qui sont d'accord avec lui. Il suffit de lire quelques forums politiques modérés pour s'en apercevoir: on permet quelquefois l'expression d'opinions divergentes, a condition qu'elles soient en elles mêmes des articles de foi. Mais dès lors qu'on s'essaye au démontage rationnel d'un raisonnement, on est impitoyablement censuré. Je ne donnerai pas d'exemples parce que je risquerait d'oublier quelqu'un...
Voilà donc pourquoi je lance ce blog. Pour essayer d'ouvrir ce véritable débat qui fait aujourd'hui tellement défaut à ceux qui voudraient changer les choses. Une grande ambition, me direz vous ? Oui... mais comme disait Cyrano, "c'est d'autant plus beau quand c'est difficile"...
PS: Hypocrite lecteur... je suis sur que tu te demanderas quel est mon engagement politique, tant il est vrai qu'il est difficile d'accepter le message sans savoir qui est le messager. Je satisfais donc ta curiosité: je refuse à me caractériser comme "de droite" ou "de gauche", car je pense que ces étiquettes ont perdu aujourd'hui une bonne partie de leur signification. Il y a des gens "à droite" qui sont partisans de l'intervention de l'Etat dans l'économie et hostiles à l'Europe libérale, il y a des gens "à gauche" qui privatisent à tour de bras (n'oublions pas que le gouvernement Jospin reste le recordman des privatisations) et qui votent oui au traité constitutionnel... Je dirai donc seulement que j'ai milité très longtemps au PCF, et que je me suis éloigné lorsque celui-ci a cessé d'être un lieu de débat et d'éducation politique pour se vautrer dans le gauchisme post-moderne. Je revindique personnellement l'héritage des lumières, jacobin, patriote (ce qui ne veut nullement dire chauvin ou xénophobe), républicain. Je reste convaincu que la théorie marxiste reste un outil puissant d'analyse du réél pour peu qu'on l'applique avec une certaine rigueur et en évitant de lui faire dire ce qui nous arrange. J'ai dit.
Cette politique ne peut se faire sans débat. Tout le monde veut le débat, me direz vous... Mais là encore les mots sont trompeurs: les organisations politiques aujourd'hui passent leur temps à organiser des "débats" qui consistent en fait à réunir dans une même pièce un certain nombre (généralement maigre...) de gens qui sont d'accord sur l'essentiel pour proclamer ensemble leur accord. On n'aime pas dans ces "débats", qui sont en fait des grandes-messes, les contradicteurs. Et on les aime d'autant moins ceux qui portent une contradiction rationnelle. On a le droit de dire "j'ai une autre opinion", mais on n'a pas le droit de signaler les contradictions internes d'un discours, ou le fait qu'il n'est pas conforme aux faits.
Et on comprend aisément pourquoi. Cela tient à la façon dont les organisations politiques fonctionnent en fait comme des églises. Au niveau des "prêtres" (c'est à dire, essentiellement, de ceux qui en font une carrière), on ne réflechit qu'en termes de pouvoir et de rapport de forces. Et au niveau des fidèles ordinaires (c'est à dire, des militants de base), on adhère sur la base d'un dogme qui est l'objet d'une adhésion acritique. Or, ce type d'adhésion peut se concilier avec des différences d'opinion, dans la mesure ou cette autre opinion est en fait l'adhésion à un autre dogme. Par contre, ce type d'adhésion ne peut survivre à une critique rationnelle, qui conteste la cohérence du dogme lui même. On retrouve ici le paradoxe qui fait que pour une personne réligieuse celui qui adhère à une autre réligion est toujours moins haïssable que l'athée...
Voilà pourquoi le débat politique a pratiquement disparu. Et non seulement dans les enceintes des partis, mais aussi sur nos écrans. Le dicton "qui se ressemble s'assemble" a été poussé à la limite de rupture: celle ou chacun n'accepte de dialoguer qu'avec ceux qui sont d'accord avec lui. Il suffit de lire quelques forums politiques modérés pour s'en apercevoir: on permet quelquefois l'expression d'opinions divergentes, a condition qu'elles soient en elles mêmes des articles de foi. Mais dès lors qu'on s'essaye au démontage rationnel d'un raisonnement, on est impitoyablement censuré. Je ne donnerai pas d'exemples parce que je risquerait d'oublier quelqu'un...
Voilà donc pourquoi je lance ce blog. Pour essayer d'ouvrir ce véritable débat qui fait aujourd'hui tellement défaut à ceux qui voudraient changer les choses. Une grande ambition, me direz vous ? Oui... mais comme disait Cyrano, "c'est d'autant plus beau quand c'est difficile"...
PS: Hypocrite lecteur... je suis sur que tu te demanderas quel est mon engagement politique, tant il est vrai qu'il est difficile d'accepter le message sans savoir qui est le messager. Je satisfais donc ta curiosité: je refuse à me caractériser comme "de droite" ou "de gauche", car je pense que ces étiquettes ont perdu aujourd'hui une bonne partie de leur signification. Il y a des gens "à droite" qui sont partisans de l'intervention de l'Etat dans l'économie et hostiles à l'Europe libérale, il y a des gens "à gauche" qui privatisent à tour de bras (n'oublions pas que le gouvernement Jospin reste le recordman des privatisations) et qui votent oui au traité constitutionnel... Je dirai donc seulement que j'ai milité très longtemps au PCF, et que je me suis éloigné lorsque celui-ci a cessé d'être un lieu de débat et d'éducation politique pour se vautrer dans le gauchisme post-moderne. Je revindique personnellement l'héritage des lumières, jacobin, patriote (ce qui ne veut nullement dire chauvin ou xénophobe), républicain. Je reste convaincu que la théorie marxiste reste un outil puissant d'analyse du réél pour peu qu'on l'applique avec une certaine rigueur et en évitant de lui faire dire ce qui nous arrange. J'ai dit.
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