"pro rege saepe, pro patria semper"

Le blog de descartes

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Blog de débat pour ceux qui sont fatigués du discours politiquement correct et de la bienpensance à gauche

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Publié le par Descartes

C'est la rentrée. Nos chères petites têtes blondes se préparent à prendre le chemin de l'école, pendant que nous, parents, descendons à la cave planches à voile, chaises de plage et parasols et tremblons à la perspective de devoir arpenter les allées des grandes surfaces liste de fournitures scolaires en main. D'ailleurs, est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer pourquoi l'expérience des coopératives d'achat qui marchent si bien dans certaines écoles - avec l'avantage supplémentaire d'obliger les enseignants à standardiser leurs demandes, ce qui est peut-être un petit pas pour l'enseignant, mais c'est un grand pas pour l'humanité - ne sont pas généralisées. Voilà un champ que la "gauche radicale" pourrait investir. Cela lui permettrait de montrer qu'elle est capable d'organiser une activité solidaire avant de prétendre devant les électeurs organiser l'Etat. J'y reviendrai.

 

Mais à côté de la joie des enfants de retrouver leur école et leurs copains - car, contrairement aux fantasmes de quelques soixante-huitards attardés, l'immense majorité des enfants aime aller à l'école - on sent chez les adultes un certain air de morosité dans cette rentrée. Surtout, paradoxalement, à gauche. A droite, c'est la guerre de tous contre tous, mais au moins la défaite a fait naître le désir de la reconquête. Chacun sent qu'il y a des équilibres à bousculer, des places à prendre, des futurs à écrire. A gauche, c'est tout le contraire: En 1981, il avait fallu deux ans pour que le rêve socialiste s'évapore. Trente ans plus tard, trois mois on suffit. Après une victoire sans enthousiasme et la nomination de l'équipe gouvernementale la plus terne et la moins enthousiaste de la Vème République (le fait qu'un Pierre Moscovici se prenne pour le ministre des finances vous donne une idée de l'état des choses), après un été poussif fait de symboles - le président qui voyage en TGV et baisse son salaire - alors que tous les clignotants sont au rouge, la gauche socialiste a perdu toutes ses illusions ou presque. C'est l'horreur: il va falloir gouverner cinq ans, dans un contexte économique très dégradé et qui, en l'absence d'une rupture avec le système euro-libéral que les socialistes ne sont même plus capables de concevoir et encore moins de réaliser, ne peut que se dégrader encore plus.

 

Le 6 mai dernier, les socialistes ont gagné - et pour cinq ans - le droit de devenir les pères fouettards de la Nation, avec la mission d'administrer au peuple français les potions amères concoctées à Bruxelles. Pour refuser ce rôle, il faudrait la capacité d'imaginer quelque chose de différent. De toute évidence, les socialistes français en sont incapables. Trois mois après une victoire électorale sans véritable projet, ils en sont à organiser des "conférences" et "états généraux" de toutes sortes. On nous explique qu'il s'agit d'un exercice démocratique, que ces machins servent à faire participer la "société civile" aux décisions. Foutaises: l'exercice démocratique a dejà eu lieu, lors du débat électoral. C'est là que le peuple français approuve ou rejette un projet. L'idée qu'on va discuter pendant six mois pour élire un président qui ensuite aura besoin de six mois de discussions avec la "société civile" - en fait, les lobbies associatifs et syndicaux qui participent à ce genre de manifestation - pour savoir ce qu'il fera est une négation du processus démocratique lui même. S'il ressort des "conférences" une politique opposée à celle qui avait été discutée pendant la campagne électorale, c'est une trahison. Et s'il en ressort la même, à quoi aura servi la "conférence" ?

 

Chez la "gauche radicale", ce n'est guère mieux. La séquence électorale étant finie, quelques questions lancinantes se posent: à quoi sert un parti politique lorsqu'il n'y a pas d'élection en vue ? comment maintenir les militants mobilisés et disponibles alors qu'on est marginalisé et que la seule perspective qu'on peut leur proposer est une logique de témoignage ? Les flottements actuels chez les partenaires du Front de Gauche sont la manifestation de cette problématique. Mélenchon, qui à défaut d'avoir une véritable vision politique reste un habile opérateur des médias, a réussi à se faire remarquer en critiquant le bilan du gouvernement. Mais Le FdG ne peut espérer tenir cinq ans en jouant le rôle du roquet qui mordille les chevilles des socialistes. A défaut de proposer une alternative crédible, cette critique deviendra vite lassante, et les militants que la dynamique électorale avait réussi à mobiliser iront voir ailleurs.

 

Il faut dire que la "gauche radicale" ne s'est pas préparé à une situation qui est tout à fait nouvelle, même si elle était prévisible. Pour la première fois depuis la Libération, nous avons un gouvernement de gauche sur lequel le PCF - et à fortiori l'extrême gauche - n'a aucun poids. Sous la IVème République, avec un groupe parlementaire puissant, son réseau d'élus municipaux, et le prestige acquis dans la résistance, il exerçait une pression énorme sur les socialistes ne serais-ce que par son pouvoir de nuisance. Sous la Vème, tous les gouvernements de gauche ont eu besoin des voix communistes. Et jusqu'aux années 1990, le PCF, qu'il soit dans la majorité ou pas, avait un poids politique sur tous les gouvernements, de gauche comme de droite, à travers la "courroie de transmission" syndicale. 2012 marque une nouveauté: pour la première fois, le parti socialiste gouverne véritablement seul, et sans avoir besoin d'alliés à gauche. Cette configuration traduit un rapport de force infiniment défavorable au Front de Gauche. Disons-le clairement: son poids sur les évènements est comparable à celui de Cassandre sur la guerre de Troie. Et encore, Cassandre avait au moins la certitude que ses prédictions étaient exactes, ce qui est loin d'être le cas pour le Front de Gauche.

 

Dans ce contexte, la stratégie gauchiste fondée sur l'action est une stratégie vouée à l'échec. Organiser des manifestations une fois par mois pour protester contre ceci ou cela, demander des "référendums" qui n'ont aucune chance d'aboutir ne peut que mettre en évidence la faiblesse du Front et épuiser les militants inutilement. Le Front de Gauche a attiré pendant la campagne électorale des milliers de sympathisants idéalistes persuadés que la victoire serait au bout de la campagne - à ce propos la lecture des commentaires sur le blog de Jean-Luc Mélenchon est éclairante - et qui après la défaite (1) croient encore au "grand soir" pour demain et sont déçus que leur idole ne le déclenche pas. Et bien, c'est le moment de sortir de l'impatience infantile et comprendre que la politique est une affaire de long terme. Le problème de la "gauche radicale", c'est qu'elle n'est pas organisée pour travailler sérieusement et dans la durée. Elle n'a toujours pas compris que pour avoir une chance de peser sur les évènements, un candidat charismatique et un programme démagogique et vague ne suffisent pas. Qu'il faut un appareil de formation pour prendre en main les sympathisants et en faire des véritables militants. Qu'il faut des organes de réflexion capables d'attirer et d'organiser l'expertise pour produire un projet crédible. Qu'il faut enfin des instances de décision qui fonctionnent et qui transcendent les personnalités pour garantir la pérennité de l'institution au delà des hommes.

 

Ceux qui connaissent l'histoire du PCF le savent. Le Parti a pu peser en 1940 parce qu'il disposait d'un appareil patiemment construit, des militants formés et disciplinés, et une "vision" partagée au point que celui qui ne la partageait pas prenait la porte. Mais il faut aussi comprendre que le PCF n'a pas conquis la classe ouvrière seulement avec des promesses et des programmes. Sa force fut de mélanger une "vision" de long terme avec une pratique de terrain de court terme. Les militants communistes ne promettaient pas seulement l'avenir radieux, ils organisaient des associations sportives et des syndicats, des colonies de vacances et des maisons de la culture, des associations de voisins et des mouvements pour la paix dans une logique de contre-société qui se voulait une préfiguration de la société à construire plus tard. Et ce n'est pas le seul exemple de cette modalité: plus près de nous, c'est la stratégie de beaucoup d'organisations islamistes dans des pays comme l'Egypte ou l'Algérie, qui mélangent le prêche eschatologique avec une pratique très terre-à-terre de bâtir des réseaux de solidarité, d'aide sociale, de dispensaires médicaux... et même une "justice" alternative là où les tribunaux sont corrompus.

 

Le Front de Gauche ferait bien de s'inspirer de ces exemples. Organiser un réséau de coopératives pour l'achat des fournitures scolaires et pour l'aide scolaire serait politiquement bien plus productif que les imprécations contre Ayrault ou les "marches" et "pétitions" diverses et variées. Car, comme disait mon grand-père qui était un sage, le chemin vers le cerveau des gens passe par leur estomac. Bien entendu, une telle politique nécessite des militants formés, disciplinés, et  - last but not least - qui soient prêts à donner de leur temps non pas quelques semaines dans la chaleur d'une campagne électorale, mais dans l'environnement difficile et quotidien d'un quartier et cela pendant des années (2). Ce qui, croyez-moi, n'est pas du tout évident si vous n'avez pas derrière vous une institution qui vous promet le paradis pour vos peines...

 

Putain ! Cinq ans... c'est long, mes amis.

 

 

 

Descartes

 

 

 

(1) Car il s'agit bien d'une défaite. Je ne parle pas bien entendu de gagner l'élection présidentielle - seuls les partisans les plus aveuglés de Mélenchon pouvaient croire qu'il avait la moindre chance - mais de peser d'un poids suffisant pour pouvoir infléchir la position du PS. De toute évidence, Hollande n'a pas un instant craint un mauvais report des voix du Front de Gauche sur sa candidature et donc le besoin de faire la moindre concession dans son programme. Et les faits lui ont donné raison. Aux législatives, ce fut encore pire.

 

(2) Pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu, il faut se procurer le film "Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes". Je peux certifier, pour l'avoir vécu, que tout ce que raconte ce film est parfaitement exact. La scène de la lecture du journal à l'ancien déporté devrait être diffusée dans toutes les écoles de formation des militants.

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Z-machine 11/09/2012 19:49


Glisser in situ  par ce raisonnable entrebâillement accordé une mince et ultime  " digression" , sincèrement contrite , ...   non " verborragique "   afin de n' aviver " ni de près ni de loin "  une allergie apparemment si fondamentaliste à mes si peu insignes comment-taires  tant soit
peu poético-fantaisistes , en tous sens présumés éteints : si ,  en Mai , il est loisible de faire ce qu' il nous plaît , hors  ce beau mois nulle raison de se re-couvrir de sombres
fils , nulle théorie des cordes si peu lumineuse  y obligeant , ainsi-que ma grand-mère aurait pu le dire .  


Attristé que le " Slam'isdat " expédié sur vo '  " Oh mes maîtres , où ... ?" , dans la foulée ex-pirante de " la fine fleur et de
la dure pérennité " , lequel " slam' "évoque succinctement mais plutôt plaisamment ... l' univers dit des " IMMERSIONS   " brillamment développé par J-P Petit , soit celui  des
retournements et auto-traversées , ait été relégué aux ou........ ! Hors " sujet " ? comme dirait le grand D. , lequel n'eut de cesse de vouloir  tenir ce  " su-jet "( décidément divisé
) à  distance ... suffisante , fondement pour le meilleur comme pour le ... pire ( scientautologique  )?


Or donc ...     de bondir hors son céans ... et dans un râle
sans fin ... à faire crisser les dents du Néant ... s'agiter les poils raidis des fameux Défunts !


Moralité :   VILLON n'est qu'un VILLAIN
 !


" Il faut être extrêmement léger pour pouvoir
emporter si loin la volonté qu'on a de connaître , pour l'emporter , en quelque sorte ( ... ) "  conseillait le " misosophe " Fr. Nietsche . 


N.B. Grandiose morceau de bravoure  que ce " Pourquoi si fier ? " , avec , au faîte de l'assaut , la scène où ce blanc-bec
d'Auvergnat  surgit dans les rues du village en s'écriant en direction du tout venant : " je suis noir ! je suis noir ! ". Effet d'annonce ... surréartistique assuré .
  


" Je lairay donc ceste matere ,


Tant soit elle de grant mistere ,


Je n'y puis briefment plus entendre ,


Ne ma nef ( ... )


" Le livre des Echecs amoureux "  Françoise Guichard Tesson & Bruno Roy  Bibliothèque Nationale / Chêne





          
    


          
                                                 
  









Descartes 11/09/2012 20:51



Sans rancune ni regret....



Trubli 08/09/2012 19:23


Or, les mêmes qui
veulent le rejet du TSCG sont les premiers à affirmer leur attachement indéfectible aux institutions de Maastricht et notament la monnaie unique. Il faut que ceux-là comprennent que tout ça est
contradictoire: pour qu'une monnaie unique puisse fonctionner, il faut absolument que chaque état assure par une discipline interne l'équilibre de ses comptes. C'est pourquoi, par exemple, il est
interdit aux collectivités locales en France de présenter des budgets en déficit et que leurs budgets sont surveillés par les représentants de l'Etat central. La monnaie unique porte en elle
cette discipline budgétaire comme la nuée porte l'orage. On ne peut pas vouloir l'une et rejeter l'autre.


Toujours très éclairantes ces explications. Les Etats-Unis sont un bon exemple de ce
qu'implique une fédéralisation. Le gouvernement fédéral peut s'endetter mais les états doivent présente un budget équilibré ou excédentaire.

Descartes 08/09/2012 19:44



Exactement. On ne peut pas vouloir la monnaie unique et la souveraineté du peuple. Entre les deux, il faut choisir...



morel 08/09/2012 01:15


 


Rapidement : peut-on se contenter d’une critique superbe et dédaigneuse à l’égard d’une action même limitée et insuffisante
contre le TSCG qui, je ne vous l’apprends pas, marque un pas institutionnel supplémentaire vers l’inféodation à l’U.E. ?


En ce qui me concerne (je ne suis adhérent d’aucun parti), j’ai choisi la discussion armé de ce que je pense être
rationnel :


1-     Un parti digne de ce nom ne demande pas des référendums (l’histoire nous enseigne aussi une légitime suspicion à ce sujet)  à tout
propos mais analyse et prend position en fonction de cette dernière.


2-     Une grande manifestation peut être organisée mais ne saurait se substituer à un travail patient de conquête de convictions auprès de nos concitoyens. Sinon, il ne peut s’agir
que (au choix) coup médiatique, buzz, feu de paille…


3-     En conséquence, il faudrait tenter de cristalliser, structurer une opposition claire et qui ne mettra pas son mouchoir dans sa poche après le fait accompli.



Sans doute, vous me traiterez de doux rêveur…   

Descartes 08/09/2012 11:19



Rapidement : peut-on se contenter d’une critique superbe et dédaigneuse à l’égard d’une action même limitée et insuffisante contre le TSCG qui, je ne vous l’apprends pas, marque un pas
institutionnel supplémentaire vers l’inféodation à l’U.E. ?


Je n'ai pas trop compris votre point. Qui se contente d'une critique superbe et dédaigneuse à l'égard d'une action ? A qui faites vous référence dans ce commentaire ?


Maintenant, sur "l'action" en question: le problème n'est pas tant que l'action soit "limitée et insuffisante", mais que ses buts sont très discutables. Posez-vous la question: à quoi veulent
aboutir ceux qui proposent cette "action" ? Voyons un peu:


1) Si le but est d'obtenir l'abandon du traité ou un référendum sur la question, il est évident dès le départ qu'ils sont condamnés à l'échec. Jamais on ne réussira sur un sujet aussi abstrait à
obtenir une mobilisation de rue telle qu'on obtiendra l'abandon du traité. Il ne faut pas rêver. Or, lancer les militants sur des actions condamnées à l'échec permet peut-être de les mobiliser à
court terme, mais à long terme ça lasse.


2) Si le but est de faire de l'éducation populaire en expliquant le traité, alors il faudrait aller à l'action avec une analyse cohérente de la situation. Or, les mêmes qui veulent le rejet du
TSCG sont les premiers à affirmer leur attachement indéfectible aux institutions de Maastricht et notament la monnaie unique. Il faut que ceux-là comprennent que tout ça est contradictoire: pour
qu'une monnaie unique puisse fonctionner, il faut absolument que chaque état assure par une discipline interne l'équilibre de ses comptes. C'est pourquoi, par exemple, il est interdit aux
collectivités locales en France de présenter des budgets en déficit et que leurs budgets sont surveillés par les représentants de l'Etat central. La monnaie unique porte en elle cette discipline
budgétaire comme la nuée porte l'orage. On ne peut pas vouloir l'une et rejeter l'autre. Et la proposition que la BCE prete sans limite aux pays sur simple demande n'a aucune chance de marcher:
c'est la porte ouverte aux comportements de passager clandestin, ou chaque pays ira au guichet sachant que ce qu'il emprunte sera payé par tous à travers de l'inflation.


En fait, si le FdG lance cette affaire, c'est qu'il a besoin desespérement de maintenir la dynamique et la mobilisation de ses troupes. La campagne électorale finie, il faut conjurer le risque
que les combattants rentrent dans leurs foyers en leur proposant une nouvelle campagne. Et d'ailleurs, on le voit bien dans la réaction publiée par le PCF après les déclarations de Marine Le Pen
contre le TSCG. Le titre du communiqué est révélateur: "Le Pen, tel un coucou, veut parasiter le nid de ses adversaires". On voit bien qu'on est dans une querelle de territoires, pas sur
une action à but politique. Si le but de l'action est le rejet du TSCG, il faudrait se réjouir alors que d'autres forces politiques se lancent dans la bataille, même si l'on ne partage pas leurs
autres orientations. Imagine-t-on, lorsque les communistes se sont lancés dans la Résistance, l'homme du 18 juin déclarant que "comme un coucou, le PCF veut parasiter le nid de ses adversaires" ?
Non, bien sur. Malgré le fossé idéologique qui le séparait du PCF, c'était évident pour lui que tous ceux qui se battaient contre l'occupation étaient les bien-venus.


Je pense qu'il serait plus utile d'utiliser cette énergie pour institutionnaliser les organisations du FdG et lancer une véritable réflexion sur les véritables questions politiques. Mais c'est
mon opinion et apparamment on n'est pas très nombreux à la partager...


1-     Un parti digne de ce nom ne demande pas des référendums (l’histoire nous enseigne aussi une légitime suspicion à ce sujet)  à tout propos mais analyse et prend
position en fonction de cette dernière.


Je suis moins sevère que vous. Demander qu'on soumette un texte à un large débat public puis que le peuple s'exprime ne me parait pas en soi critiquable. Ce qui rend la chose un peu étrange est
que cette gauche a, pendant de longues années, rejeté le référendum voulu par le général De Gaulle comme une manifestation de plus du "coup d'Etat permanent". Alors faudrait savoir...

2-     Une grande manifestation peut être organisée mais ne saurait se substituer à un travail patient de conquête de convictions auprès de nos concitoyens. Sinon, il ne
peut s’agir que (au choix) coup médiatique, buzz, feu de paille…


Tout à fait d'accord. La manifestation couronne un travail de fond, elle n'en est pas le point de départ.

3-     En conséquence, il faudrait tenter de cristalliser, structurer une opposition claire et qui ne mettra pas son mouchoir dans sa poche après le fait accompli.


Et surtout, qui donne une position claire et cohérente: on ne peut rejeter le TSCG et traiter ensuite des "pétainistes" ceux qui veulent la fin de la monnaie unique.

Sans doute, vous me traiterez de doux rêveur…  


Pas du tout. Sauf si vous me dites que vous croyez le FdG aujourd'hui capable de se tenir à ces sains principes... 



Z-machine 07/09/2012 22:29


He bien ! " tout ça veut dire " :  ... " res pire ! ... "


Ne faut-il pas , tel le fameux baron de Münschausen , se tirer soi-même parfois par la tignasse afin de s' extraire hors du Mai-tropolitain et fouler , Fol Manifesto , ce pavé
commun si usé , issu des fascines au plus profond des vallées où de crash en crac re-surgit lors des ré-v/c-oltes citoyennes l'espoir insensé  , entre la fine fleur
et la dure pérennité , au coeur de l' Aubier ; là où grains font dunes pousse le pain nourricier au plus fort de cette " Vita Nova " ouvrant à l'outre
monde de la jouissance de la lettre explorant son réel existentiel  : ne pas se laisser noyer ; et , ...  Viva ... l' Aqua Nuova !

Descartes 08/09/2012 00:19



Les délires verborragiques ca amuse au début, mais à la fin ça lasse. J'ai été je pense raisonnablement tolérant avec vous en publiant des textes qui n'apportent absolument rien au débat et qui
n'ont aucun rapport, ni de près ni de loin, avec l'objet de ce blog. Mais là, ça suffit, on a compris. Je vous préviens donc que ce n'est plus la peine de m'adresser ce type de commentaire, je ne
les publierai plus. Je vous accorde un droit de réponse, et puis c'est fini...



Caton d'Utique 07/09/2012 21:49


Les personnes, qui comme moi, sont nés au moment même de la chute du mur ont un peu du mal à imaginer cette "pratique du terrain" du PCF, qui plus est si on est né dans une famille plutôt
d'obédience socialiste. Mais j'avoue avoir eu une belle surprise en découvrant, lors de recherches pour mes études, que le poème de Lucrèce fut édité et distribué par des instances proches du
Parti communiste dans les années 50-60. Même si je comprends pourquoi ( Lucrèce est matérialiste et il différencie le progrès technique du progrès moral), j'ai néanmoins trouvé admirable l'effort
des communistes de ce temps de propager la culture classique dans la classe ouvrière.


Cependant, il n'y a pas aussi un problème de la définition de "culture" de nos jours ? Personne n'envisagerait de nos jours d'essayer de propager du Lucrèce, du Démocrite ou du Marx comme action
culturelle...cela serait plutôt de favoriser musiques (puisqu'après tout le rap vaut bien du mozart), des peintures d'art contemporain avec tout leur pseudo-symbolisme pédant (un carré bleu vaut
bien David), et des livres n'apportant aucune réflexion ni aucune connaissance (Grand Corps Malade vaut bien Lucrèce !). C'est pour cela que je pense qu'avant d'essayer d'occuper le terrain, il
faut d'abord délimiter comment occuper le terrain et par quels vecteurs. Je serais plus heureux et confiant si le PCF distribue du Lucrèce à la classe populaire plutôt que du rap...

Descartes 08/09/2012 00:15



Même si je comprends pourquoi ( Lucrèce est matérialiste et il différencie le progrès technique du progrès moral), j'ai néanmoins trouvé admirable l'effort des communistes de ce temps de
propager la culture classique dans la classe ouvrière.


Tout à fait. J'ai eu la chance, étant né quelques années avant vous, de connaître la "queue de comète" de ce que fut le PCF au temps de sa gloire. Et notamment, de ce qu'était la volonté de
rendre la culture classique accessible à tous. Il fut un temps ou la Fête de l'Humanité réservait la grande scène le dimanche soir à un concert classique. Je me souviens d'avoir découvert le
Réquiem de Mozart assis dans l'herbe, sous les étoiles... c'était magnifique. Cette même année, le stand de l'Humanité proposait une explosition Picasso... et on voyait des familles ouvrières qui
de toute évidence n'allaient jamais à une exposition de peinture faire sagement la queue pendant vingt minutes pour regarder les toiles... parce que c'était le Parti qui l'organisait.


Cependant, il n'y a pas aussi un problème de la définition de "culture" de nos jours ? Personne n'envisagerait de nos jours d'essayer de propager du Lucrèce, du Démocrite ou du Marx comme
action culturelle...cela serait plutôt de favoriser musiques (puisqu'après tout le rap vaut bien du mozart), des peintures d'art contemporain avec tout leur pseudo-symbolisme pédant (un carré
bleu vaut bien David), et des livres n'apportant aucune réflexion ni aucune connaissance (Grand Corps Malade vaut bien Lucrèce !).


Tout à fait. Dans les années 1980 (merci Jack Lang...) on a fait dans la culture la même chose que dans l'éducation: on a propagé une idéologie du "tout se vaut" qui permet avec la conscience
tranquile de croire qu'on fait de la diffusion culturelle en donnant aux pauvres du Rap, ce qui permet de réserver la culture, la vraie, celle qui ouvre l'esprit et permet de mieux comprendre le
monde, aux classes moyennes et supérieures.  






edgar 07/09/2012 01:05


"vous avez laissé les fascistes de l'Aube dorée prospérer sur le terrain social, celui de l'entraide et de la solidarité, puis vous avez voulu ignorer les petites actions de réconfort quotidien
au profit de la dite grande lutte du grand vide. "


http://greekcrisisnow.blogspot.fr/2012/09/ete-indien.html

Descartes 07/09/2012 20:50



Je n'aurais pu mieux dire...


Un parti "révolutionnaire" est par définition un parti qui veut rompre avec l'existant pour faire du nouveau. Or, les gens n'aiment pas les incertitudes. Ils préférent le mal qu'ils connaissent
plutôt que le bien inconnu. La question de la crédibilité - des personnes autant que des projets - est donc essentielle si l'on veut mobiliser les gens. Cette crédibilité, ce sont ces "petites
actions de réconfort quotidien" qui l'apportent. Alors même que le PCF soutenait la dictature de Staline, les ouvriers lui ont gardé leur confiance. Pourquoi ? Parce qu'ils étaient convaincus que
ces communistes qu'ils voyaient s'occuper des municipalités, organiser des colonies de vacances, des camps pour les gosses, des soirées culturelles et des coopératives d'achat n'étaient pas du
genre à construire des goulags en France au cas où ils arriveraient au pouvoir, quelque fussent leurs déclarations.


François George, dans un livre excellent ("Pour un dernier hommage au camarade Staline") montre bien combien il faut faire la différence entre le stalinisme en URSS, qui était une réalité, et le
stalinisme en France, ou ce n'était qu'une religion. Les gens jugent les militants sur des actes bien plus que sur des idées. C'est pourquoi il vaut mieux aller conquérir la crédibilité politique
sur le terrain du "reconfort quotidien et de la solidarité" plutôt que dans les manifestations ou les occupations.



Z-machine 06/09/2012 19:12


Putain  de 68 ...


         
          6+8 = 14 ; 1+4 = 5  : mal est diction ? ...   


" Arriérés " de paumés de Mai ! ...


Gent à la Sauce hissant haut la cote " Hanswurts  "


 troque 


Punch aux deux  visages                                        
                                        Contre polochon même hors d'usage      
                                                       
      Pour repos têtes de veaux                                          
                                      Polichinelleries tous niveaux ...


Appel pressant                                                  
                                              Aux foutriquets sas sans  
                                                       
                        Sens semi-chevaleresque                        
                                                       
  Ni guère censeurs d'arabesques ...


Pourvu qu'en sous-sol si là                                                
                                Pulcinella                    
                                                       
                          Pulcinello                          
                                                       
                    S'envolennt ...                    


 " right tol de vol lol " !...


Sûr qu'à la sortie d'une telle glose , " la Bande à Bonne Onde " savonne la sapine au coeur de cette sténose qui de bas en haut lorgne en nous tout Polichinel .   


 

Descartes 06/09/2012 20:49



Il parait que tout ça veut dire quelque chose...



Jean-Mi 06/09/2012 00:15


"Putain ! Cinq ans... c'est long, mes amis."


Ouarf ouarf ! Quel optimisme béat ! Et après les 5 ans, qu'est-ce que tu crois qu'il va nous arriver ?


Sinon quelques belles remarques dans ce billet,  camarade ( et néanmoins ami si j'osais )


"L'éternité, c'est long..." qu'il avait dit l'autre...

Descartes 06/09/2012 00:42



Ouarf ouarf ! Quel optimisme béat ! Et après les 5 ans, qu'est-ce que tu crois qu'il va nous arriver ?


Pourquoi "béat" ? Comme disait mon grand père, il faut penser le meilleur et se préparer au pire. C'est ce que j'appelle le "pessimisme méthodologique". Mais au fond, je suis un incorrigible
optimiste. Sans ça, il devient impossible de se battre contre les moulins à vent...


Sinon quelques belles remarques dans ce billet,  camarade ( et néanmoins ami si j'osais )


Ose, ose... "audentes fortuna juvat" ("la fortune sourit aux audacieux").


"L'éternité, c'est long..." qu'il avait dit l'autre...


"L'éternité, c'est long. Surtout vers la fin..." je crois que c'est Woody Allen. Mais je prefère la formule d'Alphonse Allais: "Clovis est mort depuis plus de mille ans. Moralité: quand on est
mort, c'est pour longtemps". Réjouissons-nous donc d'être vivants, et faisons au mieux...



Trubli 05/09/2012 21:38


Je pense que notre génération a un devoir: celui de garder et
de transmettre le patrimoine intellectuel et militant que nous avons reçu de nos prédecesseurs. Il faut raconter aux jeunes qu'avant eux, il existait un monde dont ils n'ont peut-être pas idée,
tant on cherche à leur cacher. Et que ce monde renferme des trésors qui peuvent être les leurs si seulement ils se donnent la peine de se les approprier.


Ce passage me fait penser à un anecdote que vous avez raconté il y a quelque temps déjà.


Cela m'avait "scié" d'apprendre qu'avant 81, dans les quartiers populaire, les gens étaient férus de politique, qu'ils débattaient de sujet internationaux. Pour moi qui ait 32 ans c'est juste
inimaginable. En même temps le côté triste de la chose c'est de se dire qu'on est né à la mauvaise époque. Je pense à Talleyrand qui affirmait quoique sa phrase soit réac « Celui qui n’a pas connu la vie avant la
révolution, n’a pas connu la douceur de vivre. »

Descartes 05/09/2012 22:16



En même temps le côté triste de la chose c'est de se dire qu'on est né à la mauvaise époque.


Il ne faut jamais regretter ça. Il est vrai qu'il y a des époques plus ou moins créatives, des périodes où l'histoire est plus ou moins riche. Mais chaque pile a une face: la guerre 1939-45 était
peut-être une époque intéressante, mais ce fut aussi une époque de grande souffrance. Serais-tu prêt à échanger ton époque pour celle-là ? C'est une question à laquelle je n'oserais pas
répondre...


A rien ne sert de regretter le passé. Si je m'y intéresse, c'est moins pour la nostalgie que parce que je pense que le passé éclaire l'avenir...



Bannette 05/09/2012 19:56


J'ai également l'impression que les exigences de "consultations" ne servent qu'à gagner du temps ou quand la Démocratie est invoquée pour ne rien faire... La démocratie est sensée (entres autres)
départager entre différents projets de sociétés, mais il est vrai que dans la classe politique, donner des objectifs à la Nation est devenu la dernière des préoccupations, tant le marketing
politique les obsède.


Je n'étais pas forcément pour le quinquennat, car pour moi, pour qu'un projet politique puisse se faire et qu'on commence à voir ses 1ers effets, il faut du temps. Le spectre des 7 ans (presque 1
décennie) donnait (à mon sens) de l'importance à l'élection présidentielle, ce qui fait qu'un électeur doit y réfléchir à 7 fois avant de mettre le bulletin dans l'urne car il sait qu'il va
devoir "se taper" le même président pendant presque 10 ans. Je veux dire que pour aiguiser la conscience citoyenne et la réflexion politique en amont des candidats qui se présentent, 7 ans
donnait du poids. J'ai toujours trouvé absurde les mandats de 4 ans d'un pays comme les USA, on ne fait rien en 4 ans ! Là encore l'argument "Démocratie ! Démocratie ! Démocratie !" pour
raccourcir les mandats et "fliquer" les élus ne me semble pas pertinent. Au lieu d'avoir une société où les citoyens électeurs étudient réellement les programmes et aient un haut niveau
d'exigence politique et républicaine, on préfère pavoiser sur la durée des mandats et miroiter une alternance et une révocation très rapide pour changer en cas de mécontentement ; à mon sens, ce
zapping électoral ne fait que maintenir le statu quo, et surtout déresponsabilise les électeurs.


Avec Hollande et sa clique, je suis soulagée qu'il ne fasse que 5 ans ; on aurait pu espérer qu'avec le style "brassage de vents" volontariste de Sarkozy qui donnait l'impression qu'il faisait
des choses en peu d'années, ses adversaires politiques (surtout à gauche) se donnent l'ambition de penser à un programme qui aurait des résultats en 5 ans. Meuh non, ils ont juste compté sur le
dégoût qu'inspire la personne de Sarkozy... J'en suis à espérer que François Fillion soit le prochain chef de l'UMP et le prochain candidat présidentiel pour la droite : il est très bon en débat,
il a une bonne stature présidentielle et républicaine potentielles, et passe bien auprès de la population ; il sera très difficile pour un bobo de gôche de le contrer car il élève le débat
(Par contre, Copé nan merci, il m'horripile).


Sinon, je rejoins le message de Baruch sur la réflexion communiste (et tes précédents échanges dans un autre topic sur le non-pillage durant toute la période de l'URSS) : je désespère de
trouver des bons livres qui font une analyse matérialiste des expériences de l'ex-bloc de l'Est. Je ne trouve que des livres avec des partis pris idéologiques bien voyants, et parfois une
russophobie qui m'exaspère. On a fait des hommages récents à Armstrong, et si quelques chroniqueurs ont rappelé l'existence des Gargarine avant, l'expérience soviétique est toujours
traitée sous l'angle de la diabolisation en minimisant les apports positifs (la victoire contre le nazisme, les avancées scientifiques). On aurait pu espérer que 25 ans après la
chute du mur, on commence à traiter la question de façon moins fiévreuse, mais du point de vue historique et matérialiste, il faudra attendre encore pas mal d'années, j'ai l'impression...


Enfin, pour ce que tu dis à propos des organisations islamistes qui organisent la société (je parie que tu as voulu aussi être un peu provocateur ;-)) : là encore, on voit le décalage entre
la perception des bobos de ces sociétés et la réalité. Lorsque les 1ères émeutes ont éclaté en Tunisie et en Egypte, on a vu les bobos révolutionnaires prédire la démocratisation (au sens
féministo-homophilio-égalitario-écolo-tiersmondisto-séculier qu'ils lui donnent) de ces pays ; or l'avènement des islamistes est tout sauf une surprise (et pas forcément la fin du monde pour
eux). Les ONG et autres rebelles médiatisés (type égyptienne nue sur le net égyptien contre le machisme) chez nous n'ont aucune emprise dans ces sociétés, et leurs obsessions sont
celles de classes bavardantes.


 


 

Descartes 05/09/2012 20:37



J'ai également l'impression que les exigences de "consultations" ne servent qu'à gagner du temps ou quand la Démocratie est invoquée pour ne rien faire...


Pas seulement. La démocratie du citoyen est remplacée par la démocratie des lobbies. Qui retrouve-t-on à ces "consultations" ? Souvent, des associations et des ONG aux buts quelquefois fort
respectables mais qui ne représentent qu'elles mêmes, n'étant nullement investies par les citoyens. Quelle légitimité peut avoir Greenpeace pour participer aux "consultations" ou se décide la
politique nucléaire du pays ?


Je n'étais pas forcément pour le quinquennat, car pour moi, pour qu'un projet politique puisse se faire et qu'on commence à voir ses 1ers effets, il faut du temps.


Tout à fait. Le quinquennat renforce encore l'irresponsabilité des gouvernants et leur tendance à se concentrer sur le court terme. A quoi bon lancer des grands projets qui mettront des années à
donner des fruits si lors de la prochaine élection on ne sera pas jugé sur eux ?


Sinon, je rejoins le message de Baruch sur la réflexion communiste (et tes précédents échanges dans un autre topic sur le non-pillage durant toute la période de l'URSS) : je désespère de
trouver des bons livres qui font une analyse matérialiste des expériences de l'ex-bloc de l'Est.


Moi aussi. C'est un travail qui reste à faire, et très rares sont les historiens sérieux qui s'y intéressent. Et on peut difficilement les blâmer: lorsqu'un historien arrive à des conclusions qui
contredisent la bienpensance, il a généralement de sérieux ennuis. Souviens toi ce qui est arrivé à cet historien qui a osé écrire, dans un ouvrage fort documenté, que l'esclavage européen ne fut
qu'une partie, même pas majoritaire, de l'esclavage mondial, et que les champions dans la matière furent les arabes...


Enfin, pour ce que tu dis à propos des organisations islamistes qui organisent la société (je parie que tu as voulu aussi être un peu provocateur ;-)) : là encore, on voit le décalage
entre la perception des bobos de ces sociétés et la réalité.


Provocateur, moi ? Non, pas du tout. Je pense que c'est un bon exemple (j'aurais aussi pu citer l'église catholique dans certains pays, et même certaines sectes) pour illustrer le fait qu'on ne
peut faire de la politique seulement avec des idées et des discours. Il faut aussi la preuve par les actes. Le meilleur programme du monde n'attirera les citoyens que s'il est crédible, mais cela
ne suffit pas. Encore faut-il que les gens qui le proposent le soient. Et la crédibilité, cela se conquiert sur le terrain. Le militant qui organise le club sportif du quartier, qui lui consacre
son temps, qui démarche les parents pour que les enfants viennent, qui donne ses week-ends pour amener les enfants aux compétitions... celui-là, il sera connu du quartier et le jour où il se
présentera aux éléctions, sera crédible. Le militant qui ne fait que distribuer des tracts et tempêter au bistrot sur les méchants socialistes (ou sur les méchants FN, en alternance) n'aura
jamais cette crédibilité.


L'église catholique ou les fondamentalistes musulmans ont très bien compris cela. C'est pourquoi ils créent des patronages, des caisses de secours mutuel, et toutes sortes d'institutions utiles
qui leur donnent une véritable crédibilité. Le PCF, lui aussi, avait bien compris combien cette présence de terrain était important: il n'y avait qu'à se promener il y a quelques années à la Fête
de l'Huma pour croiser en permanence des organisations "amies", créés et gerées par des communistes pour prêter un service aux citoyens. Des Pionniers de France à la FSGT (Fédération sportive et
gymnastique du travail), il y en avait des dizaines.


 



baruch 04/09/2012 22:16


Les amis, les camarades Gus et Descartes,


J'approuve ce que vous dites quand vous pointez que c'est au PCF de retrouver ses racines. Comme vous, j'ai eu la chance d'avoir des parents communistes et la prose des thuriphéraires du fdg
m'insupporte sur le blog de Mélenchon.


Certains en sont à demander la charité pour les artisans (les si gentils petits patrons qui ne sont pas comme ceux du CAC 40!) en faisant une rente à un fond (à créer) où chaque électeur du fdg
donnerait 10 euros par mois , ce qui ferait bien sûr 40 millions d'euros au bout du compte !!! (puisque 4 millions d'électeurs !) le tout dans un style narcissique, sectaire, totalement
petit-bourgeois. Rêve à la Perette et son pot au lait.


Bref, personne ne relit les classiques.Marx,Engels, Lénine, personne ne connait au fdg et à peine à la direction du PCF. Le capitalisme , à part que c'est inhumain (!) cela ne s'explique pas : on
ne va tout de même pas inventer l'eau tiède à chaque génération; il y a des acquis !


La faute en est certes aux classes moyennes (dont je fais partie depuis mon âge adulte) mais aussi et surtout à la direction, aux diverses directions successsives du PCF.


Deux points n'ont pas été abordés, traités, aucune solution à ses problèmes nodaux n'a été propagée :


D'une part le bilan du "socialisme réel" , hier, admis et porté aux nues sans critique, aujourd'hui rejeté au point que le Parti n'ose pas en parler. D'autre part, le statut des classes
intellectuelles à une époque où le capitalisme doit exploiter autant les forces intellectuelles des hommes employés que leur force physique.


Or, durant ma longue vie, que je ressens bien courte, j'ai pu voir ce qui se passait réellement en URSS, ayant appris le russe en classe comme plein d'enfant de membres du parti; et ayant
bénéficié de bourses universitaires sans rapport avec le parti, j'ai milité dans toutes sortes d'associations "de masse", comme on disait alors : amicale de locataires, femmes françaises, mes
enfants aux pionniers, mon père à l'ARAC etc...


C'est un passé révolu mais la situation actuelle réclame une solution communiste. pas les vieilles recettes, ni les dérives du stalinisme. Mais, on l'a vu dans la période électorale, pas non plus
une solution type front de gauche, où les glissements de sens autour de l'"humain d'abord" aboutissent à interpréter cela comme "ma pomme d'abord", bref l'individualisme petit bourgeois, content
de soi et de son ineffable bonté qu'il va sans égoisme répandre sur les pauvres masses laborieuses. Bien sûr ces masses ne comprennent rien par elles-mêmes d'après eux. Ce qui est faux
puisqu'elles en viennent à voter FN , pour qu'ils comprennent enfin qu'ils ne comprennent rien.


C'est un point de vue proprement "populiste" au sens, non des journalistes, mais des "narodniki" dénoncés par Lénine, ceux qui allaient "au peuple" comme "la vache va au taureau" disait-on dans
ma jeunesse ! Le peuple est bête, éclairons -le. Ce point de vue fait le lit de l'extrême droite, et c'est le pire qui se manifeste.


Je pense donc, et c'est le tragique de la situation, qui j'espère ne durera que cinq ans, qu'il n'y a qu'une solution, la solution communiste (moderne, correspondant à notre
temps ),mais nul ne la propose,nul ne l'élabore dans des structures collectives, avec la discipline de réflexion intellectuelle collective nécessaire pour que tout ne soit pas toujours à
recommencer, seul des petits groupes, de vieillards souvent , proposent une telle solution, ce qui est contraire à son essence.Car la "solution communiste" (je ne dis pas comme l'autre
l'hypothèse communiste) réclame les masses et la jeunesse.


On en a pris pour plus de cinq ans , mes camarades !


 


 

Descartes 04/09/2012 23:11



Comme vous, j'ai eu la chance d'avoir des parents communistes et la prose des thuriphéraires du fdg m'insupporte sur le blog de Mélenchon.


Moi, franchement, elle me fait plutôt rire... le côté narcissique, la conviction d'être seuls à détenir la vérité, le mépris pour ces imbéciles de prolétaires qui "ne se révoltent pas" ("vous
comprenez, ma chèèèère, ils sont lobotomisés par la télé..."), les appels à une "action violente" (je rigole...) quand ce n'est pas à la "guerre civile" (là je rigole moins...)... ça me rappelle
le délicieux texte que Régis Debray avait écrit pour rendre hommage au préfet Maurice Grimaud et se moquer des gauchistes...


Bref, personne ne relit les classiques.Marx,Engels, Lénine, personne ne connait au fdg et à peine à la direction du PCF.


Ni les classiques, ni les modernes. Ce qui frappe dans la "gauche radicale" d'aujourd'hui, c'est qu'elle ne lit presque plus. Sur les sites du PCF, du PG et du FdG on trouve surtout des vidéos. A
côté, le texte se fait rare: on ne trouve plus que des communiqués d'une cinquantaine de lignes au plus. On dirait qu'ils ont personne capable de produire une analyse qui dépasse quelques pages.
Quant aux livres que pondent de temps en temps ses dirigeants... ils sont imprimés en gros caractères et dépassent rarement les cent cinquante pages...


Il n'y a pas que Marx, Engels ou Lénine. Dans les écoles du Parti on lisait aussi Ricardo et Hobbes, Michelet et Baboeuf... sans compter les historiens et philosophes contemporains comme Soboul
ou Sève.


Le capitalisme , à part que c'est inhumain (!) cela ne s'explique pas : on ne va tout de même pas inventer l'eau tiède à chaque génération; il y a des acquis !


Tout à fait. Comme disait Newton, si nous voyons plus loin que la génération qui nous precède, c'est parce que nous sommes assis sur leurs épaules... la théorie de "l'inédit", qui veut que chaque
situation soit entièrement nouvelle et que donc l'expérience acquise ne serve à rien pour l'analyser a malheureusement remplacé l'idée des Lumières selon laquelle la connaissance est cumulative,
et qu'on comprend mieux le XXIème siècle si l'on lit ce que l'intelligence humaine a produit de mieux dans les siècles passés.


La faute en est certes aux classes moyennes (dont je fais partie depuis mon âge adulte) mais aussi et surtout à la direction, aux diverses directions successsives du PCF.


Oui... mais il faut aussi comprendre que ces directions n'ont fait que suivre leur base. Je ne me souviens pas que les militants du PCF se soient révoltés contre la "mutation" en 1995, même si
beaucoup d'entre eux ont voté avec les pieds. Et puis, le PCF n'a fait que suivre la transformation de la société. Il aurait fallu une direction exceptionnelle pour résister la prise du pouvoir
des classes moyennes et la soixante-huitardisation de la gauche.


D'une part le bilan du "socialisme réel" , hier, admis et porté aux nues sans critique, aujourd'hui rejeté au point que le Parti n'ose pas en parler. D'autre part, le statut des classes
intellectuelles à une époque où le capitalisme doit exploiter autant les forces intellectuelles des hommes employés que leur force physique.


Je partage ton diagnostic. L'analyse dépassionnée des expériences socialistes reste à faire. La condamnation acritique d'aujourd'hui n'est pas meilleure que la vénération acritique d'hier. Quand
au travail pour essayer de caractériser les nouveaux rapports de production, cela n'intéresse personne. Les classes moyennes inventent une théorie du "peuple-classe" qui leur permet de confisquer
la parole du prolétariat et parler en son nom.


Mais, on l'a vu dans la période électorale, pas non plus une solution type front de gauche, où les glissements de sens autour de l'"humain d'abord" aboutissent à interpréter cela comme "ma
pomme d'abord", bref l'individualisme petit bourgeois, content de soi et de son ineffable bonté qu'il va sans égoisme répandre sur les pauvres masses laborieuses.


Tout à fait. Et les masses laborieuses sont priées de dire "merci" devant tant de bonté et faire ce qu'on leur dit de faire, sous peine d'être caractérisées comme "lobotomisées"...


Je pense donc, et c'est le tragique de la situation, qui j'espère ne durera que cinq ans, qu'il n'y a qu'une solution, la solution communiste (moderne, correspondant à notre
temps ),mais nul ne la propose,nul ne l'élabore dans des structures collectives, avec la discipline de réflexion intellectuelle collective nécessaire pour que tout ne soit pas toujours à
recommencer, seul des petits groupes, de vieillards souvent , proposent une telle solution, ce qui est contraire à son essence.Car la "solution communiste" (je ne dis pas comme l'autre
l'hypothèse communiste) réclame les masses et la jeunesse.


Je partage ta préoccupation. Je suis plus jeune que toi je crois, bien que moi aussi je voie blanchir ma chevelure, ou ce qu'il en reste. Je pense que notre génération a un devoir: celui de
garder et de transmettre le patrimoine intellectuel et militant que nous avons reçu de nos prédecesseurs. Il faut raconter aux jeunes qu'avant eux, il existait un monde dont ils n'ont peut-être
pas idée, tant on cherche à leur cacher. Et que ce monde renferme des trésors qui peuvent être les leurs si seulement ils se donnent la peine de se les approprier. On m'expliquera que c'est
difficile, que les jeunes ne s'intéressent qu'à leur téléphone portable et à Justin Biber. Et bien, non. Si l'on prend la peine d'expliquer, de raconter, d'initier ces jeunes, on est souvent
récompensé.


 



Trubli 04/09/2012 12:45


Je comprends que Jospin et Chirac aient réduit le mandat présidentiel à 5 ans. 7 ans quand on n'a pas d'idée c'est l'abime. :-)


 

Descartes 04/09/2012 20:32



En effet...



Gugus69 04/09/2012 09:38


Bonjour ami et camarade,


J'approuve en tout point votre texte… jusqu'à sa conclusion qui m'ennuie.


Non, ce n'est pas au Front de gauche de s'inspirer de l'exemple de ce qui faisait la force du PCF de ma jeunesse.


C'est au PCF d'aujourd'hui de retrouver ses racines, ce qui faisait sa force, son travail inlassable, quotidien et que vous décrivez, au plus près des familles populaires, dans les quartiers, et
aussi, (et surtout !) dans les usines, les ateliers, les bureaux.


Car du "Front de gauche" je n'attends rien. Les déçus du PS qui ont cru s'y refaire une virginité "de gauche" ne seront jamais les militants de vos vœux. Non pas qu'ils soient de mauvaises
personnes, bien entendu. Mais parce qu'il leur manque l'essentiel : la rigueur idéologique.


Il n'y a que les communistes qui puissent reconstruire un parti communiste.


Mais vous allez me taxer de sectarisme…

Descartes 04/09/2012 21:00



Bonjour ami et camarade,


Merci, ça faisait tellement longtemps qu'on ne m'appellait ainsi... j'en ai la larme à l'oeil!


Il n'y a que les communistes qui puissent reconstruire un parti communiste. Mais vous allez me taxer de sectarisme…


Pourquoi ça ? Moi aussi, je suis très sceptique au sujet du Front de Gauche qui devient chaque jour plus un ramassis de gauchistes déçus du PS. Votre commentaire est très juste. Je sais bien que
la stratégie que je propose ne peut être celle du Front de Gauche tout simplement parce que la base sociologique et idéologique de cette organisation la pousse vers une position purement
protestataire. Ses militants sont en majorité des membres des classes moyennes persuadés de détenir la vérité et qui cherchent à se donner bonne conscience en faisant mine de vouloir changer le
monde, et non pas à le changer vraiment.


Mais mon article avait la prétension de faire comprendre à certain de ces militants pourquoi l'expérience du Front de Gauche est aujourd'hui dans l'impasse. Et quand on s'adresse aux gens, si
l'on veut être écouté, mieux vaut ne pas les heurter. Pour le dire autrement, mon message était "même en admettant que le Front de Gauche puisse devenir une organisation révolutionnaire, elle ne
le peut qu'à condition de choisir telle stratégie"...


Maintenant, pour revenir au PCF, je serais le plus heureux des hommes si cette organisation pouvait faire un retour critique sur sa stratégie. Mais je ne me fais aucune illusion. Le Parti est
verrouillé par un appareil terrorisé à l'idée de perdre les rares prébendes et postes qui lui restent, et une base militante remplie de pompeux cornichons qui sont enkystés dans leur rôle de
"notables". Comme disait le poète espagnol, "rien n'est aussi froid que le cratère d'un volcan, une fois éteint"...