"pro rege saepe, pro patria semper"

Le blog de descartes

Le blog de descartes

Blog de débat pour ceux qui sont fatigués du discours politiquement correct et de la bienpensance à gauche

Un blog pour parler politique, économie, société, poésie... bref, tout ce qui doit intéresser le citoyen d'une république.

Vos commentaires sont les bienvenus! Ouvrons le débat...

.

Tous les papiers de ce blog sont de reproduction libre à condition de mentionner l'auteur et la source

Publié le par Descartes

"Pour un stratège, la pire erreur est de se mettre dans une position à

partir de laquelle il n'y a que des mauvaises solutions" (Napoléon)

 

 

La Conférence nationale du PCF réunie ce week-end à Montreuil a bien fait ce qu'on attendait d'elle. A 63% des votants (mais non des présents, j'y reviendrai) elle a voté une résolution recommandant aux adhérents, qui se prononceront par vote direct à la mi-juin, de faire de Jean-Luc Mélenchon le candidat du Front de Gauche.

 

Il est trop tôt pour faire une analyse sur le fonds des débats de la Conférence, entre autres choses parce que le contenu des débats nous sont inconnus. Alors que depuis plusieurs années les débats des congrès et des conférences nationales du PCF étaient transmis en quasi-direct par la toile, ce ne fut pas le cas cette fois-ci. Preuve, s'il en fallait une, que l'on allait discuter des choses sérieuses. Trop sérieuses en tout cas pour être discutées en public. Mais si le contenu de la discussion nous est inconnu, son résultat est maintenant public. Et cela vaut la peine qu'on s'y arrête.

 

Le vote d'abord. Alors que le site du PCF annonce que la Conférence regroupait "plus de 800 délégués", à l'heure du vote on ne compte que 654 exprimés. On peut donc raisonnablement supposer qu'il y eut quelque 150 abstentions. Il s'ensuit que si 63% des exprimés ont voté la motion, celle-ci n'a réuni que... 51% des délégués participant à la conférence, alors que 19% se sont abstenus et 30% ont voté contre. On comprend mieux au vu de ces chiffres pourquoi on calcule les pourcentages sur les seuls exprimés.

 

Les documents ensuite. Deux documents sont annexés à la résolution de la Conférence nationale: l'un est un texte intitulé "programme populaire partagé" et qui porte en sous-titre la mention suivante: "Ce texte et les propositions qu’il contient constituent la synthèse de ce qui fait accord entre les trois formations du Front de Gauche". L'autre est un étrange document, intitulé "accord sur les législatives" mais qui en fait est une sorte d'étrange compte rendu de l'état des négociations qui montre combien on est loin d'un accord.

 

Commençons donc par le "programme populaire partagé" ou PPP pour les intimes. Pas la peine de broder longuement sur son contenu: on se trouve devant la traditionnelle lettre au père noël, remplie de propositions visant chacune une "clientèle" différente, sans aucune hiérarchisation entre elles, sans chiffrage, sans explication sur les moyens de les mettre en oeuvre. Quelquefois, le clientélisme est tellement évident que cela donne des formules cocasses. Prenons un petit exemple:

 

Nous mettrons en place un "ministère des Droits des femmes et de l’égalité", placé auprès du Premier (ou de la Première) ministre, doté de moyens, et appuyé de délégué-e-s interministériel-le-s chargé-e-s de la mise en oeuvre de l’égalité sociale et économique.

 

Passons sur la contradiction contenue dans le titre du "ministère des Droits des femmes et de l’égalité" (1), qui déjà a de quoi faire sourire. Mais cela devient ridicule avec tous ces "-e-"  et "-le-". D'autant plus ridicule que le paragraphe "féministe" est le seul où l'on utilise ces artifices. Ainsi, dans le paragraphe suivant on parle de la "haine des étrangers" mais pas des "étranger-e-s". Peut-être parce que d'un paragraphe à un autre, on a changé de "clientèle" ?

 

On ne peut aussi que constater la multiplication des problèmes pour lesquels l'organisation d'un "grand débat" est la seule solution proposée. En fait, il s'agit d'une solution commode pour faire face à des problèmes lorsqu'on n'a aucune idée, ou bien lorsqu'il y a conflit avec les autres organisations du Front de Gauche. La caricature de cette situation est la politique énergétique:

 

Nous proposerons un débat public national immédiat sur la politique énergétique en France. Ce grand débat devra permettre la remise à plat des choix énergétiques et du nucléaire et penser l’alternative aux énergies fossiles et carbonée. Il devra être conduit de l’information jusqu’à la prise de décision par les citoyens avec une ratification référendaire. Dans le domaine du nucléaire civil, l’ensemble des possibilités - dont la sortie du nucléaire ou le maintien d’un nucléaire sécurisé et public - sera alors tranché.

 

Pourquoi pas. Mais quelle position prendra le Front de Gauche et son candidat présidentiel dans ce débat ? Ce n'est pas sérieux: un candidat doit avoir une position sur ce que doit être la politique énergétique dans son pays. Qu'il organise un "grand débat", pourquoi pas. Mais un débat s'organise autour de propositions, et c'est le boulot des organisations politiques de proposer ces positions. Ne pas le faire, c'est avouer qu'on est incapable d'arriver à des compromis. Or, la capacité d'une alliance à gouverner est indissociable de sa capacité à forger des compromis entre ses différentes composantes. On ne peut pas composer un gouvernement et ensuite demander à chaque fois aux électeurs quelle doit être la politique que la coalition mettra en oeuvre. Car un projet politique a une cohérence. On ne peut pas le découper en tranches et soumettre celles-ci au "débat" indépendamment les unes des autres. Que fait-on si les électeurs rejettent successivement par référendum le nucléaire, les éoliennes, le charbon, le pétrole, le gaz et le solaire ? On s'éclaire à la bougie ?

 

Mais le plus étrange dans ce texte, c'est qu'on ne connaît pas son statut. Il ne figure pas sur le site du PG ni sur le site de la GU. Il n'a pas, à ma connaissance, été soumis à la ratification d'aucune de ces deux organisations. Nous ne savons ni par qui ni comment il a été élaboré. Comment savoir alors si ce texte est effectivement "partagé" ? Jusqu'à quel point engage-t-il le future candidat Jean-Luc Mélenchon ?

 

Venons donc maintenant au deuxième texte, celui intitulé "accord sur les législatives", titre qui aurait mérité un "?" à la fin. Car ce que le texte nous dit en fait, c'est qu'il n'y a pas d'accord. Après quelques paragraphes de circonstance, on apprend qu'il y a accord pour 539 circonscriptions au total, il y a accord sur 479 (382 PCF, 72 PG, 17 GU, 8 divers). Ce qui fait, sur les circonscriptions accordées 80% PCF, 15% PG, 3,5% GU, 1,5% divers. Le texte donne un mandat précis pour adopter le même type de clé de répartition pour les circonscriptions restantes: "20 à 22% pour les partenaires" du PCF. Quand on sait que le PG demande 30%, on voit qu'on n'est pas près de tomber d'accord...(3)

 

Et c'est là que la question, fondamentale, se pose: Le Comité National du PCF du 8 et 9 avril 2011 avait posé sans ambiguïté deux conditions indispensables à ses yeux pour que la candidature Mélenchon soit prise en considération par la conférence nationale: l'accord sur un programme partagé qui serait porté par le candidat, l'accord sur les candidatures aux législatives. Aucune de ces conditions n'est véritablement remplie: nous avons un "programme populaire partagé" qui n'a pas été officiellement endossé par aucune des partenaires du PCF et encore moins par le candidat, nous avons un accord sur les législatives qui n'a toujours pas été conclu. Et pourtant, la conférence nationale s'est réunie et a fait son choix. En deux mois, les "conditions" du Comité national, censées marquer la ligne rouge que le PCF estimait ne pas pouvoir franchir, sont devenues facultatives.

 

En fait, le PCF sera en dernière instance obligé de tout céder. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut négocier en position de force que si l'on peut "casser" la négociation à un coût raisonnable. Ce qui suppose d'avoir une stratégie alternative. Or, la direction du PCF n'en a pas, et tout le monde le sait. Lorsque Pierre Laurent, en réponse à une question d'André Gérin sur ce qui se passerait si Mélenchon n'était pas investi répond "c'est impossible", les jeux sont faits. Si demain Mélenchon, une fois investi candidat, s'assied sur le "programme populaire partagé" et joue solo, que fera la direction du PCF ? Si demain ses partenaires ne respectent pas l'accord sur les législatives, que fera-t-elle ? Rien, bien entendu. Menacer de rupture, ce n'est pas crédible puisque le PCF n'a pas de stratégie alternative. Non, le PCF fera ce qu'il a fait ce week-end: prétendre que tout va très bien dans le meilleur des mondes, et capituler discrètement ensuite. De ce point de vue, l'affaire de la 14ème circonscription du Rhône, reclamée publiquement par le PG alors que le député sortant est... André Gérin, est révélatrice. Que le PG se permette une telle provocation sans que le PCF quitte immédiatement la table des négociations montre à quel point le PCF se trouve en situation de faiblesse. Une faiblesse qui tient essentiellement à la faiblesse - et à l'incompétence - de ses dirigeants.

 

Le problème de la direction communiste n'est pas qu'elle cherche à protéger son beefsteack. C'est qu'elle le fait d'une façon particulièrement bête. Elle se met elle-même dans une situation à partir de laquelle il ne lui reste que de mauvaises solutions. Avant de s'engager dans un processus, il faut toujours avoir en poche un "plan B". Et si on n'arrive pas à en trouver un, on n'y va pas. En 1972 le PCF s'est engagé dans le programme commun, et il l'a payé. En 2005 le PCF s'est engagé dans les CUAL sans prendre cette précaution, et cela lui a couté cher. Avec le Front de Gauche, elle fait la même erreur en pire: elle est tellement terrorisée de ce qui pourrait se passer en cas de rupture qu'elle n'ose plus rien faire. Et elle ne se rend même pas compte qu'une fois Mélenchon investi, le rapport de force sera encore plus difficile pour elle, puisqu'elle ne pourra plus rien lui refuser sans prendre la responsabilité de l'éventuel échec.

 

Et il faut se poser une dernière question: pourquoi Jean-Luc Mélenchon lui même n'était-il pas à Montreuil ? Est-il normal que les militants communistes investissent un homme qui ne s'est jamais adressé à eux, qui n'a jamais pris aucun engagement envers eux ? Mais peut-être étais-ce cette dernière situation que Mélenchon entendait éviter. Comme disait son maître en politique, "on ne sort de l'ambiguïté qu'a son détriment"....

 

 

Descartes

 

 

(1) Pour les durs de compréhension: l'égalité implique nécessairement que tout être humain, homme ou femme, a les mêmes droits. Un ministère "des droits de la femme" implique que les femmes ont certains droits qui leur sont particuliers...

 

(2) Certains électeurs mal embouchés pourraient se dire que ce n'est pas la peine d'élire un gouvernement pour que celui les consulte à chaque fois sur ce qu'il faudrait faire. D'autant plus que ces "débats" peuvent produire des décisions contradictoires: que fait-on si le référendum sur le nucléaire vote la sortie rapide et le référendum sur les gaz a effet de serre fixe un objectif de réduction de 50% ?

 

 

 

Commenter cet article

clovis simard 08/06/2011 22:04


Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

La Page No-8: THÉORÈME DES CATASTROPHES
Responsable des morts potentiels(Tm) ?

DSK, DNA ou USA ! Qui gagnera ?

Cordialement

Clovis Simard


Descartes 08/06/2011 22:33



Pourquoi pas... mais je l'ai fait, et ça me paraît assez ésotérique. J'aime bien la magie dans la fiction, mais les gens qui confondent fiction et réalité...


 



Jean-Mi 41 08/06/2011 20:17


"Les "autres", en somme. Comme c'est commode, de poser tous les problèmes en termes de "eux" contre "nous". Dis moi, à partir de quel niveau de fortune, de quel revenu, de quelle position sociale
devient-on "ploutocrate" ?" Selon Ernest Renan L'Avenir de la science, Pensées de 1848 - 1890:
"J'appelle ploutocratie un état de société où la richesse est le nerf principal des choses, où l'on ne peut rien faire sans être riche, où l'objet principal de l'ambition est de devenir riche, où
la capacité et la moralité s'évaluent généralement (et avec plus ou moins de justesse) par la fortune..."
Pour moi, la ploutocraties, c'est par exemple DSK, de Margerie, Bettancourt et ceux qui ont pour revenus annuels de l'ordre d'un siècle de SMIC !
Cela me choque aussi de voir des smicards payer pour aller voir des milliardaires perdre des matches de foot !
"(le SMIC est probablement trop haut par rapport à la productivité de certains emplois " Wahouh ! franchement, là tu fais fort (es tu prêt à vivre avec un SMIC ?), tu es bien conditionné par la
vision capitaliste ! Moi je te réponds comme disait Einstein que tout est relatif: si je te suis, certains emplois sont payés trop cher ? Par rapport à quel étalon ? Et s'il fallait prendre les
choses dans l'autre sens, à savoir que c'est le SMIC qui devrait servir de base de calcul et non l'inverse. Comment calcules tu la productivité d'un service ou celle d'un ministre, d'un député ou
bien celle d'un juge, d'un agent de pôle emploi ou d'un gardien de prison ?
Pour moi, la question de la pénurie d'emploi est une fumisterie au regard des besoins !Nos besoins sont-ils comblés ? NON ! Dans quels délais peut-on obtenir un RV chez un ophtalmo, un médecin
spécialiste, se faire dépanner par un plombier ou un serrurier, un dépanneur, ma mère très âgée qui habite en RP me dit qu'elle galère pour avoir un taxi, combien de personnes ont des dents en état
pitoyable, les moyens de transport en commun sont-ils satisfaisants, manque de profs, d'éducateurs etc...
Nos dirigeants et de nombreux hommes politiques nous font croire que le gâteau (la richesse)est limité et qu'il n'y en a pas pour tout le monde ! C'est une escroquerie majeure, les seules choses
qui peuvent avoir des limites, ce sont les ressources naturelles, gratuites je le souligne, que sont par ex l'air, l'eau, le charbon, le gaz, le pétrole, les métaux, le bois, les terres
cultivables... Tout le reste n'est limité et partagé inégalement que par le fait de l'homme!
Et le pire, c'est que la gauche radicale perd des électeurs car dans le même ordre d'idée, la plupart des gens pensent que si la gauche peut apporter un nivellement, cela ne pourra être qu'un
nivellement vers le bas, (ce qui n'est pas une fatalité) d'où je pense une bonne partie de l'explication du comportement en retrait ou en opposition des classes moyennes !


Descartes 08/06/2011 23:15



"J'appelle ploutocratie un état de société où la richesse est le nerf principal des choses, où l'on ne peut rien faire sans être riche, où l'objet principal de l'ambition est de devenir
riche, où la capacité et la moralité s'évaluent généralement (et avec plus ou moins de justesse) par la fortune..."


Je te rappelle que je t'avais demandé comment tu reconnais un ploutocrate, et non pas la définition de ploutocratie. Tu n'as donc pas répondu à la question.


Pour moi, la ploutocraties, c'est par exemple DSK, de Margerie, Bettancourt et ceux qui ont pour revenus annuels de l'ordre d'un siècle de SMIC !


J'imagine que par "ploutocraties" dans cette phrase tu entends "ploutocrates" (autrement elle est incompréhensible). Un siècle de SMIC cela représente quelques 3 millions d'euros. A ce niveau,
les "ploutocrates" sont une poignée d'individus, même pas une centaine (pour te donner une idée, parmis les PDG des entreprises du CAC40, il y en a au moins un qui ne gagne pas cette somme). Il
faudrait te poser alors la question: comment se fait-il qu'une poignée d'individus arrive à contrôler un pays de 60 millions d'habitants ? Crois moi, le monde est bien plus compliqué que cela...


"(le SMIC est probablement trop haut par rapport à la productivité de certains emplois " Wahouh ! franchement, là tu fais fort (es tu prêt à vivre avec un SMIC ?), tu es bien conditionné par
la vision capitaliste !


Réflechis un peu: imaginons, dans un système parfaitement juste où l'exploitation de l'homme par l'homme à disparu, un travailleur qui, de par son poste de travail produit une
valeur X, et qui est payé l'équivalent en valeur de Y. Que se passe-t-il si X est inférieur à Y ? Dans cette situation, le travailleur produit moins de valeur qu'il ne coûte, et donc aucun
employeur n'a intérêt à l'employer. C'est pourquoi les postes de travail où la productivité est inférieure au salaire minimum disparaissent naturellement.


Pour que ces postes de travail réaparaissent, il n'y a que deux solutions: soit subventionner ces postes (ce qui revient à demander aux travailleurs les plus productifs de renoncer à une partie
de la valeur qu'ils produisent), soit on baisse le salaire pour ce poste de travail, pour que cela redevienne rentable d'employer quelqu'un à ce poste de travail. Et cela suppose que le salaire
minimum soit suffisamment faible... et je te fais remarquer que mon raisonnement fonctionne, comme je l'ai dit plus haut, même dans une société où l'exploitation a été abolie. Tu peux
difficilement m'accuser donc d'être "conditionné par la vision capitaliste" !


La question n'est pas ici de savoir si le SMIC est ou non suffisant pour vivre, mais de comprendre qu'il y a un rapport entre SMIC et emploi. Si tu baisses le SMIC, il y a un moment où il devient
économique de remplacer les portillons automatiques du métro par des poinçonneurs, et tu crées donc des emplois. Si au contraire tu augmentes le SMIC, toute une série de postes de travail, dont
la productivité est faible, sont perdus.Tu peux décider qu'il vaut mieux un SMIC généreux et un chômage plus élevé, ou bien que c'est l'emploi qui devrait être prioritaire, ce qui suppose de
baisser le SMIC.


Il y a bien entendu d'autres manières de créer de l'emploi: l'investissement tant matériel qu'immatériel, qui augmente la productivité des postes de travail, créé lui aussi des emplois à valeur
du SMIC constant. Mais il faut savoir que changer la valeur du SMIC change le point d'équilibre au dessous duquel il est plus rentable de remplacer l'homme par la machine ou tout bêtement de
supprimer l'emploi.


Et s'il fallait prendre les choses dans l'autre sens, à savoir que c'est le SMIC qui devrait servir de base de calcul et non l'inverse.


La "base de calcul" de quoi ?


Comment calcules tu la productivité d'un service ou celle d'un ministre, d'un député ou bien celle d'un juge, d'un agent de pôle emploi ou d'un gardien de prison ?


C'est compliqué, mais pas infaisable. Il y a plusieurs méthodes pour estimer la productivité de telle ou telle tâche. En laissant de côté les emplois qui ont une composante symbolique (comme les
emplois d'autorité: ministre, député, préfet, chef d'entreprise), on peut se fier au raisonnement décrit plus haut: à partir de quel montant la société prefère se passer du service plutôt que de
payer celui qui le rend...


Pour moi, la question de la pénurie d'emploi est une fumisterie au regard des besoins !Nos besoins sont-ils comblés ? NON !


La question de l'emploi ne se pose pas vis à vis des besoins, mais de ce que nous sommes prêts à payer pour leur satisfaction. Combien est-tu prêt à payer une femme de ménage pour nettoyer ton
appartement ? Si tu fixes la barre à 5€ de l'heure, tu ne trouveras aucune femme de ménage pour travailler à ce prix là et tu ne crééras pas d'emploi. Et pourtant, le besoin existe quand même. Si
le gouvernement decrète que les femmes de ménage ne peuvent être payées moins de 1000€ de l'heure, tous les employeurs potentiels préféreront faire le ménage eux mêmes, et là encore aucun emploi
ne sera créé. Et le besoin sera pourtant toujours là... entre ces deux extremités, on peut trouver un prix auquel tu trouveras des travailleurs qui accepteront de travailler, et des employeurs
prêts à les payer à ce prix.


Dans quels délais peut-on obtenir un RV chez un ophtalmo, un médecin spécialiste, se faire dépanner par un plombier ou un serrurier, un dépanneur,


Cela dépend de ce que tu est prêt à payer... Si tu payes suffisamment, tu peux avoir tout cela dans la journée. Tu est drôle, toi: lorsque tu raisonnes en tant que salarié, tu trouves que le SMIC
est trop bas. Mais lorsque tu raisonnes en employeur, tu refuses de payer le prix auquel le service que tu demandes t'est proposé...


ma mère très âgée qui habite en RP me dit qu'elle galère pour avoir un taxi,


Tu donnes des exemples (ophtalmo, taxi) qui appartiennent à des professions réglementées, avec un numerus clausus destiné justement à limiter l'offre et donc maintenir les prix hauts. Mais
peut-être proposes-tu de supprimer ces barrières à la libre concurrence ? Du coup ta mère trouverait facilement un taxi, et celui-ci serait même moins cher... ce qui veut dire que le chauffeur de
taxi ou l'ophtalmo gagneraient moins bien leur vie. C'est cela que tu voudrais ? Là encore, tu vois que le raisonnement n'est pas le même quand il est vu du point de vue de l'employé et de celui
qui le paye...


Nos dirigeants et de nombreux hommes politiques nous font croire que le gâteau (la richesse)est limité et qu'il n'y en a pas pour tout le monde !


C'est compensé par les dirigeants et hommes politiques qui prétendent nous faire croire que le gâteau est infini et qu'il peut satisfaire les caprices de tout le monde. En fait, ce sont les
premiers qui sont le plus près de la vérité: le gâteau est limité, même si l'on peut changer dans une certaine mesure sa taille. Il faut donc se demander comment on fait pour le partager.


Tout le reste n'est limité et partagé inégalement que par le fait de l'homme!


Tu confonds la limite et le partage. Oui, le partage est décidé par l'homme. Mais la limite est là, et pas seulement pour les "ressources naturelles". Dans la mesure où nous sommes 35 millions en
âge de travailler, et que nous ne pouvons pas décemment travailler disons plus que 12 heures par jour (je suis généreux), le travail disponible est limité. C'est aussi le cas du capital. Et si
les facteurs de production sont limités, la production l'est forcément.


Et le pire, c'est que la gauche radicale perd des électeurs car dans le même ordre d'idée, la plupart des gens pensent que si la gauche peut apporter un nivellement, cela ne pourra être qu'un
nivellement vers le bas,


Avoue que si les gens pensent cela, ils ont une circonstance attenuante: ils ont vu la gauche à l'oeuvre. Et aucun des programmes aujourd'hui proposés n'explique clairement comment on fait pour
augmenter le niveau de vie des uns sans diminuer celui des autres. Si le nivellement par le bas n'est nullement une fatalité, le nivellement par la moyenne semble inévitable. Les réserves de
productivité de la société ne sont pas suffisamment importantes pour permettre un nivellement par le haut.


 



Jean-Mi 41 07/06/2011 23:09


Salut les amis et tant pis si je me trompe (comme disait Regianni dans le film polar)!
Bon, puisqu'on est entre amis, on se tire une balle dans la tête tout de suite ou on attend un peu ? parce que le moins que je puisse dire c'est que je vous trouve pas motivants sur un plan général
et à mon sens, c'est la motivation des peuples qui les a conduits à la victoire et non l'inverse, je pense notamment à tous ceux qui ont combattu l'envahisseur. (Nous nos envahisseurs sont les
ploutocrates, l'oligarchie et leurs collabos.)
Dans le détail, Descartes tu dis: "J'irai plus loin: l'idée d'imposer (et non pas de proposer) à des personnes qui vivent d'allocations publiques un service en échange me paraît tout à fait
défendable... Ce n'est pas juste pour ceux qui financent le système de leur travail, et ce n'est pas bon pour les allocataires, car le travail est, comme tu le signales, l'élément structurant de la
citoyenneté." Présenté comme ça, moi ça me conviendrait assez bien sauf que proposé par la droite libérale, je m'attends plutôt à un engrenage vers un pseudo esclavage de gens obligés à travailler
pour des queues de cerises!
Et ensuite tu enfonces le clou: "
La difficulté, c'est comment proposer des tâches aux allocataires sans provoquer un effet de substitution sur les "vrais" emplois" et tu soulèves là un point essentiel et quasiment une
contradiction flagrante: si on (ex: le gouvernement) est capable de trouver du travail aux RSAiste tout cela n'a plus aucun sens, ou bien il y a du travail ou bien il n'y en a pas, et si on en
trouve il faut le payer correctement, les gens ne sont pas au RSA par plaisir mais suite à difficultés diverses.
J'ai lu aussi quelque part qu'il n'y avait pas de programme mais une liste au père Noël et que les projets étaient insuffisamment définis et chiffrés. Pour ma part, je considère qu'il est important
de définir ce que j'appelle des dispositions "cadres" desquelles les autres découleront. (Une constitution en est un exemple.)
Et là je vous pose une question: "rejetez-vous la (les)révolution(s) de 1789 ? Si oui, vous êtes cohérents, sinon je vous rappelle que la base de notre république à partir de 1789 n'a pas été due à
des changements dus à des programmes parfaitement préparés, définis et chiffrés mais plutôt au résultat d'une navigation à vue par temps de brouillard, et en plus ils ont du gérer les guerres avec
les coalitions étrangères, donc pire que nous aujourd'hui. Ces hommes d'autrefois étaient-ils moins intelligents que nous et leurs problèmes étaient-ils plus faciles à résoudre que les nôtres ?
Quand je vois ce que je vois et que j'entends ce que j'entends, j'ai raison de penser ce que je pense ! (en clair avec un grand capitalisme bien organisé, lui, avec l'individualisme et les
querelles de clochers, des motivations et un enthousiasme autant au ras des pâquerettes, on est pas prêts de se balader avec la culotte sur la tête, pardon, le bonnet phrygien voulais-je dire).
Tout dépend de nous, et uniquement de nous, l'avenir sera ce que nous en ferons, nous n'aurons que ce que nous méritons !!!!!!!!!!!!!


Descartes 08/06/2011 10:57



Bon, puisqu'on est entre amis, on se tire une balle dans la tête tout de suite ou on attend un peu ?


Vaut mieux attendre... après tout, la vie est quelque chose de magnifique, et on mourra bien assez tôt... Et puis, le pire n'est jamais sûr, même si dans la situation actuelle il est fort
probable.


parce que le moins que je puisse dire c'est que je vous trouve pas motivants sur un plan général


Ca dépend de ce que tu entends par "motivation". Si la "motivation" c'est raconter à soi même une histoire jusqu'à finir par la croire, je trouve cela non seulement négatif, mais dangereux. La
gauche - y compris la "gauche radicale" - l'a fait en 1981, et on voit où cela nous a conduit. Elle l'a refait en 1997, et on a fini par cautionner la plus grande campagne de privatisation de
l'histoire de notre pays. Je n'ai pas envie de recommencer. 


Si par contre tu entends par "motivation" l'envie de comprendre comment le monde fonctionne et de le changer, elle est de mon côté intacte. Seulement, je ne crois pas qu'on changera quoi que ce
soit avec le "programme populaire partagé" qu'on a vu ce week-end.


et à mon sens, c'est la motivation des peuples qui les a conduits à la victoire et non l'inverse, je pense notamment à tous ceux qui ont combattu l'envahisseur.


C'est très discutable. La "motivation du peuple français" en 1940 n'était pas vraiment au top. Ce qui a rendu possible la "victoire" quatre ans plus tard, c'est l'engagement d'un petit noyau
d'hommes organisés, disciplinés, ayant des idées assez précises de la société qu'ils voulaient construire. La "motivation" ne surgit pas du néant, elle se construit autour d'objectifs clairs et
crédibles.


(Nous nos envahisseurs sont les ploutocrates, l'oligarchie et leurs collabos.)


Les "autres", en somme. Comme c'est commode, de poser tous les problèmes en termes de "eux" contre "nous". Dis moi, à partir de quel niveau de fortune, de quel revenu, de quelle position sociale
devient-on "ploutocrate" ? Cela me rappelle la fameuse formule: "un richard, c'est quelqu'un qui gagne 20% de plus que moi".


Présenté comme ça, moi ça me conviendrait assez bien sauf que proposé par la droite libérale, je m'attends plutôt à un engrenage vers un pseudo esclavage de gens obligés à travailler pour des
queues de cerises!


Alors, proposons un mécanisme qui ne soit pas celui de la "droite libérale". Mais ne tombons pas dans l'angélisme - ou dans la démagogie - de dire que le problème de l'assistanat n'existe pas.
L'apparition d'une couche importante de population qui vit d'une manière permanente grâce aux transferts sociaux (on ne peut parler de solidarité, car la solidarité implique un rapport
symétrique) pose le problème de la mort sociale de franges entières de la population. Ce système entraîne avec lui deux menaces: d'une part, on a de plus en plus de mal à faire accepter par les
travailleurs de payer sans contrepartie pour ceux qui ne travaillent et en travailleront jamais. Et d'autre part, la citoyenneté égalitaire devient une fiction lorsqu'une partie de la population
vit du travail de l'autre partie.


Même si le remède des libéraux est mauvais, leur diagnostic est bon: l'assistanat est le cancer d'une société. L'idée fondamentale selon laquelle "tout homme a le devoir de travailler et le droit
d'obtenir un emploi", inscrite dans la constitution de 1946, devrait être l'idée-phare de la gauche. La société nous doit assistance, mais cette assistante ne peut pas être sans contrepartie.


La difficulté, c'est comment proposer des tâches aux allocataires sans provoquer un effet de substitution sur les "vrais" emplois" et tu soulèves là un point essentiel et quasiment une
contradiction flagrante: si on (ex: le gouvernement) est capable de trouver du travail aux RSAiste tout cela n'a plus aucun sens, ou bien il y a du travail ou bien il n'y en a pas, et si on en
trouve il faut le payer correctement,


C'est bien là que se situe le vrai problème. Ce qui condamne le schéma proposé par le gouvernement, ce n'est pas qu'il soit mauvais en principe, mais qu'il est inapplicable en pratique. Mieux
vaudrait réflechir sur le problème de la pyramide salariale et de la formation professionnelle (le SMIC est probablement trop haut par rapport à la productivité de certains emplois, et le "coin
fiscal" agrave les choses) pour organiser le retour à l'emploi.


les gens ne sont pas au RSA par plaisir mais suite à difficultés diverses.


Oui, enfin, il ne faudrait pas exagérer. J'en connais un petit paquet de gens qui s'installent dans le RSA parce qu'ils n'ont pas envie de travailler. Si l'on possède son logement (ou si l'on est
dans un HLM), avec un peu de travail au noir plus le RSA on arrive à vivre pas trop mal, et en travaillant beaucoup moins qu'en allant à l'usine. Il ne faut pas non plus être angélique: il y a
des profiteurs du RSA, et c'est un problème qu'il faut prendre en considération.


J'ai lu aussi quelque part qu'il n'y avait pas de programme mais une liste au père Noël et que les projets étaient insuffisamment définis et chiffrés. Pour ma part, je considère qu'il est
important de définir ce que j'appelle des dispositions "cadres" desquelles les autres découleront. (Une constitution en est un exemple.)


Cela dépend de l'objectif. Si tu parles de gouverner, il est probable qu'on puisse se contenter d'un certain nombre de "disposition cadres". On aura bien le temps, une fois installés dans les
ministères, de décliner ces dispositions en mesurs concrètes. Mais les ministères, on n'y est pas encore. Il nous faut avant de gouverner, arriver à persuader un nombre suffisant d'électeurs de
nous accorder leur confiance. Et pour cela, des "dispositions cadres" ne suffiront pas. Parce que les électeurs ont la malheureuse expérience de gouvernements de gauche arrivés au pouvoir avec
les meilleures intentions du monde et qui, une fois installés , découvrent (ou font semblant de découvrir) que les belles "dispositions cadres" sur lesquelles ils ont été élus sont irréalisables.


Le programme détaillé, chiffré et hiérarchisé n'est pas nécessaire pour gouverner, il est nécessaire pour convaincre. La gauche - et la gauche radicale en particulier - souffre d'un grave déficit
de crédibilité. Son problème n'est pas de faire partager ses objectifs: une majorité d'électeurs les partage. Son problème, c'est de montrer qu'elle sait comment les atteindre à un coût
raisonnable. C'est pourquoi une liste de courses, aussi attractive soit-elle, ne suffira pas.


Et là je vous pose une question: "rejetez-vous la (les)révolution(s) de 1789 ? Si oui, vous êtes cohérents, sinon je vous rappelle que la base de notre république à partir de 1789 n'a pas été
due à des changements dus à des programmes parfaitement préparés, définis et chiffrés mais plutôt au résultat d'une navigation à vue par temps de brouillard, et en plus ils ont du gérer les
guerres avec les coalitions étrangères, donc pire que nous aujourd'hui.


Certes. Mais on n'est pas dans une situation révolutionnaire. La France de 2011 n'est pas un pays misérable, où une majorité de la population pense que n'importe quel changement serait meilleur
que la situation présente. On est au contraire dans une société riche, où tout le monde - y compris les couches populaires - ont beaucoup à perdre. Et dans ces conditions, les citoyens ne
s'embarqueront pas à l'aventure, sans avoir une idée d'où le navire les mène et de la compétence de l'équipage. Il n'est pas inutile de rappeler que si la "navigation à vue" des révolutionnaires
de 1789 a fait beaucoup de grandes choses, elle a coûté beaucoup de sang et beaucoup de misère. Est-ce que le peuple français aujourd'hui est prêt à payer ce genre de prix ? Je ne le crois pas.


Il ne faut pas, par ailleurs, exagérer le "brouillard" dans lequel se trouvaient les révolutionnaires. Beaucoup "d'experts" (on les appellait "philosophes", à l'époque...) avaient beaucoup
travaillé pour imaginer des solutions complètes aux problèmes. La réforme fiscale de Turgot, l'organisation des trois pouvoirs de Montesquieu, l'instruction publique de Condorcet, l'Encyclopédie
de d'Alembert... c'était quand même autre chose que le "programme populair partagé".


Tout dépend de nous, et uniquement de nous, l'avenir sera ce que nous en ferons, nous n'aurons que ce que nous méritons !!!!!!!!!!!!!


Et bien, non. Cette vision ultra-volontariste de l'histoire a été mille fois prouvée fausse, et ceux qui s'y sont engagé ont souvent perdu la vie. C'est au nom de cette vision que Guevara est
allé faire en Bolivie un révolution impossible (après avoir essayé la même chose au Congo), et si ses idées avaient été appliquées à Cuba jusqu'au bout, le résultat aurait aussi été désastreux.
Non, "touot ne dépend pas de nous": l'histoire a sa dynamique propre, qui fait que si la révolution a eu lieu en 1789 et non en 1689, ce n'est pas parce que le "nous" de l'époque était moins
militant ou "motivé"...


 



Aubert Dulac 07/06/2011 16:37


“Un auteur prophétisait la fin de l'Éternel.
Nous nous contenterons de travailler à la fin de l'Immobile.”
( René Crevel.)

Quelque chose doit vous échapper, Docteur, dans votre diagnostic de l'Histoire... Pas étonnant. C'est comme si vous la chargiez de vérifier vos prémisses. Avec vous, elle n'a d'autre choix que de
faire cercle. Jacques Lacan l'a noté : c'est même le désir ( “gauchiste” ? ) de Révolution qui peut s'y loger... Un rêve ! L'éternel retour !.. Retour au point de départ !... À moins qu'il s'agisse
d'un cauchemar kafkaïen... Tel-père-tel-fils, ainsi Jean-Luc Mélenchon ne serait-il, à vous lire, qu'un continuateur de François Mitterrand ?... Rien de nouveau sous le soleil ?... Tout
rentrerait-il dans l'Ordre, dans l'Identique, le même Schéma, si nous n'y prenions garde ?...

Elsa Triolet disait : “- Je parle pour dire.”

Pas pour faire semblant. Il n'empêche, d'aucuns sont inexpulsables de leur semblant de raisonnements, passablement indépassables... De leurs à-priori et “para-dits logiques”, du dimanche... Aussi
incontournables que la tarte aux pommes... Ça me fait penser à ce trafic ironique de syllogisme, à la mode de Eugène Ionesco : “Tous les chats sont mortels. Staline était mortel. Donc Staline était
un chat...”

Ben voyons !... Cherchez l'erreur...

Mais qu'est-elle d'autre, cette erreur, juste poussée à la limite, que celle, permanente, ...de la Bonne Conscience Analogique ?!?... Dont “l'A-Quoi-Bonisme” est un corollaire ?... C'est pire
qu'une erreur, c'est une faute grave, c'est même une complicité de crime contre l'espérance... “L'anal-logisme”, c'est raisonner comme un trou de balle...

“- Souviens-toi de l'Avenir !...”, qu'il a dit, le Jean-Luc, à sa conférence de presse... Ça suppose de voir les DIFFÉRENCES, dans les situations...

Ben oui hein !...


Descartes 07/06/2011 18:25



Et ensuite ?



Marcailloux 07/06/2011 14:51


@ Descartes,
Je me permets d’aborder un sujet qui n’est pas dans votre billet, mais qui pourrait figurer dans un programme socialiste, à savoir l’incitation à une « contre partie » partielle au RSA, évoquée par
l’UMP.
Je trouve que l’idée de proposer à des personnes au RSA, c’est à dire déconnecteés depuis pas mal de temps du circuit des producteurs de richesses dont a besoin pour vivre et se développer la
nation, donc eux mêmes, me paraît, si l’on respecte des formes d’organisation qui ménagent la dignité de ceux à qui cela s’adresse, tout à fait concevable dans le cadre d’une politique
socialiste.
Car ce dont souffrent les personnes privées d’un emploi, - je ne parle pas là de la petite minorité qui s’en accomode fort bien et sait en tirer de nombreux avantages -, c’est cette indignité que
ressentent ceux à qui on interdit d’une façon ou d’une autre, d’exister utilement dans la communauté dans laquelle ils sont insérés. C’est surement la souffrance la plus dure à supporter, plus que
la difficulté matérielle que cette situation engendre.
Ce ne sont pas paroles de bobo ou intellectuel libertarien (ou à pas grand chose), mais sans exhiber mon CV, je peux vous dire l’avoir vécu 2 ans, dans le démantellement de la métallurgie en France
et ce, à 40 ans malgré un diplôme d’ingénieur doublé d’un 3ème cycle de gestion d’entreprise. Mon association, alors au début des années 80, avec un maçon pour concevoir et fabriquer des cheminées
personnalisées a été pour moi une expérience extraordinaire qui m’a permit de rester au contact de la vie sociale, donc de conserver ce sentiment d’utilité qui s’il n’existe plus pousse certains
aux pires extrémités.
Donc proposer et insister pour que chacun ait le droit et le devoir de vivre de son travail et pas uniquement de la solidarité, même si économiquement l’opération est nulle, me paraît être une voie
à explorer, avec, je le répète, toutes les précautions nécéssaires dans l’organisation d’un tel dispositif.
Et ce n’est pas parce que cela est proposé par des membres de l’UMP que systématiquement je me sens le devoir de m’y opposer.
On ne peut durablement accepter que notre pays se spécialise dans des emplois tertaires, en grande partie à usage interne, avec pour conséquence des budgets déficitaires gonflés inexorablement par
des politiques d’assistanat.
Et puis, tout cela procède d’une sorte de résignation, qui d’années en années, risque de confirmer effectivement la question que pose Chevènement : la France est - elle finie ?
Qu’en pensez vous ?
Salutations constructives....


Descartes 07/06/2011 18:22



Je trouve que l’idée de proposer à des personnes au RSA, c’est à dire déconnecteés depuis pas mal de temps du circuit des producteurs de richesses dont a besoin pour vivre et se développer la
nation, donc eux mêmes, me paraît, si l’on respecte des formes d’organisation qui ménagent la dignité de ceux à qui cela s’adresse, tout à fait concevable dans le cadre d’une politique
socialiste.


J'irai plus loin: l'idée d'imposer (et non pas de proposer) à des personnes qui vivent d'allocations publiques un service en échange me paraît tout à fait défendable. Chacun de
nous est après tout obligé de travailler pour vivre. Pourquoi certains devraient pouvoir vivre sans contrepartie ? Ce n'est pas juste pour ceux qui financent le système de leur travail, et ce
n'est pas bon pour les allocataires, car le travail est, comme tu le signales, l'élément structurant de la citoyenneté.


La difficulté, c'est comment proposer des tâches aux allocataires sans provoquer un effet de substitution sur les "vrais" emplois. Mais à mon avis, c'est parfaitement soluble si l'on a la volonté
politique.


Donc proposer et insister pour que chacun ait le droit et le devoir de vivre de son travail et pas uniquement de la solidarité, même si économiquement l’opération est nulle, me paraît être
une voie à explorer, avec, je le répète, toutes les précautions nécéssaires dans l’organisation d’un tel dispositif.


Je suis tout à fait d'accord.


On ne peut durablement accepter que notre pays se spécialise dans des emplois tertaires, en grande partie à usage interne, avec pour conséquence des budgets déficitaires gonflés
inexorablement par des politiques d’assistanat.


Là encore, je suis d'accord. Mais il faudrait que les classes moyennes acceptent de payer le prix d'une véritable politique industrielle, et ça, malheureusement, ce n'est pas demain la veille.


Et puis, tout cela procède d’une sorte de résignation, qui d’années en années, risque de confirmer effectivement la question que pose Chevènement : la France est - elle finie ? Qu’en pensez
vous ?


J'aurai tendance à répondre ce que répondait le personnage de Guitry: "et si vous la voyez abaissée, humiliée, flétrie, ne désespérez pas... elle s'en sort toujours!". Tant qu'il y aura des
français (et ils sont très nombreux, contrairement à ce qu'on croit) qui voudront être fiers de leur pays, on peut garder l'espoir.


 


 



dudu87 07/06/2011 11:22


Bonjour à vous,
Il y a trop longtemps que je ne me suis pas exprimé bien que je lis avec attention tous tes papiers ainsi que les commentaires mais que veux-tu, Descartes, la campagne offre de nombreuses
activités !!!
De cette « fumeuse conférence », je n'ai pas tout lu ou plutôt lu en diagonale.
Ce que je peux dire sur l'analyse, ce que tu appelles l'expertise, un syndicat d'entreprise ferait mieux :
Rien sur le déni de démocratie et de cette 5° république ou si peu;
Rien sur la politique étrangère de Sarkozy et bien sûr pas de propositions ;
Rien sur la « bulle financière » nationale et internationale (la bourse), pas un chiffre ce qui est vraiment une « nouveauté » pour le PCF ;
Rien sur le leadership des EU et la gouvernance mondiale, là aussi une « nouveauté », où est la lutte contre l'impérialisme international !
Rien sur les responsabilités du PS, appelé de gauche, et des erreurs du PCF dans la situation que nous vivons ;
Pas d'analyse sur le chômage et le précariat ;
Pas d'analyse sur l'insécurité individuelle et professionnelle ;
etc … etc
Que veulent les Français ?
Du travail, et de la sécurité point barre.
Je n'ai rien trouvé dans ce domaine qui puisse me rassurer si une revendication, le SMIC à 1600€ brut , avec un « nous voulons le SMIC à... » et plus loin, « le SMIC sera à...au
cours de la mandature ».
Tant qu'à l'émigration, « ILS doivent tous venir », c'est un bienfait pour la France, les précaires les chomeurs apprécieront !
Tant qu'aux candidats pour la présidentielles, « Remercions A. Gérin, A. Chassaigne, E. Dan Trang et...JLM pour leur courage » ensuite «  A. Chassaigne est le meilleur unitaire pour
le PCF » mais finalement, c'est...JLM que vous devez choisir !
Ouf ! Vous croyez que les communistes vont accepter ce ... »grand écart » ?
N'oublions pas que le parti n'a pas une grande jeunesse dans ses rangs et pour un grand nombre, une mémoire encore intacte.
Dans le meilleur des cas, une forte abstention peut être le salut pour JLM et la direction du PCF.
Mais après 2012 et si A. Gérin a la chance d'être réelu député, à mon avis, il y aura du « grabuche » place Cl. Fabien. JLM fera à peine 10% et quelques députés communistes.
L'élection de JLM serait une aventure « gauchiste » beaucoup trop dangereuse pour notre peuple.
Il aura peut-être + de chance de se reconstituer un outil politique qui lui permette la victoire en ...2017 malgré les souffrances qu'il va devoir affronter.


Descartes 07/06/2011 18:06



Rien sur la « bulle financière » nationale et internationale (la bourse), pas un chiffre ce qui est vraiment une « nouveauté » pour le PCF ;


Pas vraiment, malheureusement: cela fait dejà une vingtaine d'années que les analyses factuelles appuyées sur des faits et des statistiques ont progressivement disparus de l'univers mental du
PCF. Lorsqu'on lit aujourd'hui le Programme Commun (j'ai encore un exemplaire précieusement conservé chez moi) on se dit qu'on savait bosser - et faire bosser les experts - en ce temps-là.


Que veulent les Français ? Du travail, et de la sécurité point barre.


Je suis moins pessimiste que toi: les français sont beaucoup moins "provinciaux" qu'on veut bien le croire. Ils veulent aussi une société qui fonctionne, des institutions fiables, un pays dont
ils peuvent être fiers... et ils l'ont montré lorsqu'ils ont adhéré au discours volontariste que Henri Guaino a mis dans la bouche de Sarkozy. Mais commencer par le travail et la sécurité, ce ne
serait dejà pas si mal.


Je n'ai rien trouvé dans ce domaine qui puisse me rassurer si une revendication, le SMIC à 1600€ brut , avec un « nous voulons le SMIC à... » et plus loin, « le SMIC sera
à...au cours de la mandature ».


Quelle mesquinerie... puisqu'il s'agit de rêver, pourquoi s'arrêter à 1600 € ? Autant promettre 2000 € tout de suite. Pour 32 heures, puisqu'on y est...


Mais après 2012 et si A. Gérin a la chance d'être réelu député, à mon avis, il y aura du « grabuche » place Cl. Fabien. JLM fera à peine 10% et quelques députés communistes.


Tu crois que JLM fera 10% ? Tu est d'un grand optimisme. Parti comme c'est, ce sera dejà une chance s'il atteint les 5% pour pouvoir se faire rembourser les frais de campagne. Et il n'y aura
aucun "grabuge". Le PCF est devenu un "parti local", comme le Parti Radical autrefois. Chaque notable fait ce qu'il veut dans son fief, et au niveau national une direction impuissante donne
l'impression d'exister.


 



Marcailloux 07/06/2011 09:06


Bonjour,
vous écrivez :
« Si Chevènement se présente sur une plateforme républicaine, c'est vite vu. Sinon, ça risque d'être cornélien... »
Influencé par vos réflexions vis à vis de Chevènement, j’ai acheté – pour le transmettre ensuite à mon entourage – le livre de JPC : « La France est – elle finie ? »
Outre que je le trouve beaucoup moins sévère que vous sur Mitterrand, je serait curieux de connaître ce que vous entendez par « plateforme républicaine », c’est à dire son projet, son programme,
ses chiffrages et ses implications, au même titre que vous les exigez, à juste titre au nom de la rigueur intellectuelle et citoyenne, de JLM.
J’ai personnellement bien apprécié dans le livre de JPC, sa claivoyance et sa fine connaissance des sujets qu’il traite dans ce livre, mais je crains qu’il ne puisse le substituer à tout le travail
de construction d’un projet rationnel à présenter aux Français pour le début de 2012.
À moins qu’il soit déjà fort engagé et soutenu dans cette optique.
Pour ce qui est d’être « cornélien », je vous trouve bien en retard ou bien ateint de cécité pour un citoyen averti comme vous de la politique dont l’effet principal depuis longtemps est de faire
porter aux électeurs les cornes des cocus ! ! !. ……..(petit sourire tout de même……)
Cordialement et bonne journée


Descartes 07/06/2011 17:55



Influencé par vos réflexions vis à vis de Chevènement, j’ai acheté – pour le transmettre ensuite à mon entourage – le livre de JPC : « La France est – elle finie ? » Outre que je le trouve
beaucoup moins sévère que vous sur Mitterrand,


Vous savez... je suis une personne très tolérante. Je n'exige pas qu'on soit 100% d'accord avec moi pour avoir une haute opinion de quelqu'un. Cela ne me gêne pas que Chevènement soit moins
sevère que moi sur le jugement du passé, dès lors qu'il n'entend pas le reproduire. Et le moins qu'on puisse dire est que, contrairement à Mélenchon, Chevènement fait une lecture critique de la
période mitterrandienne et n'entend pas prendre le "vieux" en exemple pour son action future.


je serait curieux de connaître ce que vous entendez par « plateforme républicaine », c’est à dire son projet, son programme, ses chiffrages et ses implications, au même titre que vous les
exigez, à juste titre au nom de la rigueur intellectuelle et citoyenne, de JLM.


Exactement. Avec un proviso: les solutions que JPC propose ont dejà été mises en oeuvre, à un moment où à un autre de notre histoire. Elles ne sont pas inédites, et par voie de conséquence leur
faisabilité est à priori démontrée (même s'il faut encore prouver qu'elles sont faisables dans le contexte actuel).


J’ai personnellement bien apprécié dans le livre de JPC, sa claivoyance et sa fine connaissance des sujets qu’il traite dans ce livre, mais je crains qu’il ne puisse le substituer à tout le
travail de construction d’un projet rationnel à présenter aux Français pour le début de 2012.


En tout cas, beaucoup de travail a été fait. Tu devrais consulter les textes produits par son "think tank", la Fondation Res Publica.


Pour ce qui est d’être « cornélien », je vous trouve bien en retard ou bien ateint de cécité pour un citoyen averti comme vous de la politique


Je vous remercie du compliment... mais lorsque je disais que le choix était "cornélien", je faisais référence à un choix entre amitié et raison...



Inquiet 07/06/2011 00:43


D'accord avec toi sur Chevènement. Il faut bien qu'il y ait "quelquechose" à gauche. Mais j'ai l'impression que ça va être "pour l'honneur". Pas beaucoup d'espoir d'un vote important en sa faveur.
L'est pas glamour.


Descartes 07/06/2011 17:33



Oui. Et c'est dommage.



Inquiet 06/06/2011 19:42


"et appuyé de délégué-e-s interministériel-le-s chargé-e-s de la mise en œuvre"

'tain. Sur un papier officiel du parti, ça fait tâche quand même. Je ne pensais pas que le PC en était là (au point d'assumer ce genre d'âneries). L'heure est grave. Quand je pense qu'il va falloir
trouver quelqu'un pour qui voter... Il y a de fortes chances que je jette l'éponge et que je laisse "le sens de l'histoire" aller son bout de chemin.


Descartes 06/06/2011 23:17



'tain. Sur un papier officiel du parti, ça fait tâche quand même. Je ne pensais pas que le PC en était là (au point d'assumer ce genre d'âneries).


Ca fait un bout d'années que c'est comme ça. Le groupe qu'on appelle gentiment "le gang des lesbiennes" a beaucoup de pouvoir au PCF, au point que tu trouves ce paragraphe ridicule sur le
"patriarcat" dans tous les documents du Parti, y compris les documents de congrès...


Quand je pense qu'il va falloir trouver quelqu'un pour qui voter...


Pas facile, n'est-ce pas ? Si Chevènement se présente sur une plateforme républicaine, c'est vite vu. Sinon, ça risque d'être cornélien...


 



argeles39 06/06/2011 19:09


Le listing du consensus programmatique est comique à bien des égards, le summum du grotesque étant peut-être les passages où sont affichées, de façon péremptoire, des formules qui prétendent
changer la construction Européenne et l’ordre mondial.
Mais personnellement cela ne me fait pas rire.