"pro rege saepe, pro patria semper"

Le blog de descartes

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Publié le par Descartes

Pour ceux qui pensaient encore qu'une fois investi Jean-Luc Mélenchon prendrait son rôle au sérieux, ces dernières semaines sont un amère déception. Mélenchon continue à fonctionner comme d'habitude. C'est à dire, à croire que ses talents d'orateur et les slogans ("place au peuple", "révolution citoyenne", "sixième république") peuvent suppléer un travail sérieux - et collectif - sur les dossiers de fond. Et du coup, il continue à dire et écrire n'importe quoi.

 

Un exemple parmi des dizaines: lundi 2 janvier 2012, est publié sous la signature de Jean-Luc Mélenchon sur le site du Parti de Gauche un communiqué de presse dont voici le texte intégral:

 

Je déplore la décision du groupe Petroplus d'arrêter sa raffinerie de Petit-Couronne. Elle le justifie pour des motifs de trésorerie mais continue de faire fonctionner d'autres raffineries en Europe. Quelle que soit la valeur de ce prétexte, je constate que les capacités de raffinage de la France, déjà durement amputées, sont une nouvelle fois prises en otage par les exigences de rentabilité financière.


L'intersyndicale représentant les 550 salariés du site a décidé de bloquer les sorties de produits finis de l'usine. Je soutiens cette décision et appuie leurs demandes : saisie de l'entreprise et création d'un pôle public de l'énergie. J'appelle le gouvernement à agir pour relancer immédiatement l'activité à Petit Couronne.


L'activité de raffinage est un élément essentiel du potentiel économique de la Nation. Sa délocalisation met en cause l'indépendance économique du pays. Comme l'autorise l'article 410-1 du cote pénal, cette activité doit être préservée par la loi, y compris en ayant recours à des réquisitions.

 

Pour quiconque qui connaît vaguement le dossier, ce communiqué est risible.

 

D'abord, il est utile de préciser que Petroplus s'est vu refuser - le fait est public - une ligne de crédit de plus d'un milliard de dollars. Ce refus empêche Petroplus de s'approvisionner en pétrole brut en quantité suffisante, et l'oblige donc à arrêter une partie de son activité de raffinage: c'est le cas pour Petit-Couronne, mais aussi pour les raffineries que le groupe possède à Anvers (Belgique) et Cressier (Suisse). Restent en fonctionnement celles d'Ingolstadt (Allemagne) et Coryton (Grande-Bretagne). Accuser Petroplus de "continuer de faire fonctionner d'autres raffineries en Europe" comme si cela contredisait ses explications est preuve d'une rare mauvaise foi: que les problèmes de trésorerie de Petroplus l'empêchent de s'approvisionner en quantité suffisante pour faire fonctionner toutes ses unités n'implique pas que l'entreprise ne puisse s'approvisionner suffisamment pour maintenir quelques unes en fonctionnement.

 

Ensuite, qualifier ces éléments de "prétexte" sans autre forme de procès, c'est pour le moins imprudent. Mais ce qui est encore plus bizarre, c'est de tirer une conclusion sur "la prise en otage par les exigences de rentabilité financière" quelque soit la valeur de ce "pretexte". Car si la le "prétexte" s'avérait valable, la conclusion serait fausse. Ce genre de raisonnement ("si c'est vrai cela prouve que j'ai raison; si c'est faux cela prouve aussi que j'ai raison") ne fait rien pour la crédibilité d'un discours politique.

 

Prenons maintenant le paragraphe suivant. Mélenchon nous explique qu'il appuie les demandes de l'intersyndicale, à savoir, "saisie de l'entreprise et création d'un pôle public de l'énergie". L'intersyndicale a bien demandé "la saisie de l'entreprise" par l'Etat pour imposer sa reprise par "un vrai pétrolier". Mais on aimerait savoir d'où tire Mélenchon l'idée que l'intersyndicale aurait demandé "la création d'un pôle public de l'énergie", une revendication politique qu'on voit assez mal une intersyndicale endosser. En plaquant sur les travailleurs une revendication qui est en fait celle de son parti, le candidat du Front de Gauche prend ici ses désirs pour des réalités.

 

Et pour finir, dans le dernier paragraphe Mélenchon essaye de crédibiliser son discours en l'appuyant sur un texte juridique détourné de son objet (1). Ici, en plus, il se trompe de texte. Il prétend que "Comme l'autorise l'article 410-1 du cote pénal, cette activité doit être préservée par la loi, y compris en ayant recours à des réquisitions". Seulement, l'article en question ne dit rien de tel. Voici l'article en question in extenso:

 

Art 410-1: Les intérêts fondamentaux de la nation s'entendent au sens du présent titre de son indépendance, de l'intégrité de son territoire, de sa sécurité, de la forme républicaine de ses institutions, des moyens de sa défense et de sa diplomatie, de la sauvegarde de sa population en France et à l'étranger, de l'équilibre de son milieu naturel et de son environnement et des éléments essentiels de son potentiel scientifique et économique et de son patrimoine culturel.

 

Comme on peut le constater, l'article 410-1 du Code pénal n'autorise absolument rien du tout. Il ne dit nullement que "cette activité doive être préservée par la loi" (?) et encore moins les "réquisitions". D'ailleurs, on voit mal ce que la "réquisition" changerait. Dans le cas présent, en quoi consisterait la "réquisition" proposée par Mélenchon ? La raffinerie est arrêtée non pas parce que le propriétaire refuse de la faire tourner, mais parce qu'elle n'a plus de brut à raffiner. Mélenchon propose-t-il de réquisitionner l'argent des banques pour accorder la ligne de crédit qui a été refusée à Pétroplus ? De réquisitionner le brut pour qu'ils alimentent la raffinerie ? Réalise-t-il qu'en droit français - et nous sommes, jusqu'à nouvel ordre, dans un état de droit - l'Etat est tenu de payer pour le préjudice causé par une réquisition ?

 

En fait, cet usage abusif du Code pénal n'est qu'un exemple de la tendance gauchiste toujours présente chez Mélenchon - et chez ceux qui l'entourent - de croire que les faits n'ont aucune importance, et qu'on peut se permettre de les inventer si c'est pour la bonne cause. L'argument d'autorité juridique pour crédibiliser un argument est une vieille technique, qui marche le plus souvent parce qu'il est rare que le lecteur prenne la peine de vérifier l'affirmation. Mais il y au une règle bien connue de tous les escrocs: il ne faut jamais utiliser la même technique deux fois. Parce que la deuxième fois, on risque de tomber sur quelqu'un qui connaît le "truc". A force de citer à propos et hors de propos le 410-1 du Code pénal, il y aura bien quelqu'un - votre serviteur, par exemple - qui ira vérifier.

 

Mais à supposer même que le 410-1 eut dit ce que Mélenchon lui fait dire, l'affirmation selon laquelle l'arrêt de Petit-Couronne mettrait en cause l'indépendance économique resterait une absurdité. Si le raffinage français est en crise, c'est bien parce que la capacité existante dépasse la demande. Et elle dépasse la demande parce que la "transition énergétique", que Mélenchon appelle de ses voeux, est en marche. La demande de produits pétroliers en France diminue régulièrement, passant de 91millions de tonnes en 2000 à 81 millions tonnes en 2010, soit une réduction de 14% en dix ans. Il est d'ailleurs ironique de constater que le paladin de la "planification écologique", dont l'un des buts est de réduire radicalement la consommation de produits pétroliers, propose de maintenir les capacités de raffinage au niveau actuel "y compris en ayant recours aux réquisitions"....

 

Vous trouverez peut-être que je pinaille. Ou pire encore, que je cherche à descendre Mélenchon pour assouvir on ne sait quelle hostilité personnelle. C'est tout le contraire: si ce genre d'amateurisme me fait enrager, c'est au contraire parce que j'ai de l'estime pour Mélenchon, et que j'ai cru quelque temps que le Parti de Gauche pouvait être l'embryon d'une recomposition politique autour d'un projet véritablement transformateur. Ce projet se trouve dejà fort compromis par l'incapacité de Mélenchon à s'entourer de gens qui ne soient pas les habituels apparatchiks gauchistes, passés du militantisme lycéen au militantisme étudiant puis au rang de permanents politiques et/ou d'élus, rompus aux magouilles d'appareil et aux négociations de circonscriptions mais ignorant tout de ce qu'est la "vraie vie". Des gens qui croient encore qu'on peut faire fonctionner une raffinerie à coups de "réquisitions" ou remplacer le nucléaire par la géothermie. Et à force de répéter les discours de cette engeance ou de signer des textes écrits et préparés par elle, Jean-Luc Mélenchon finira fatalement par passer pour un charlot, un charlot sympathique, un charlot plein de bonnes intentions, mais un charlot tout de même.

 

La bataille de ceux qui veulent changer les choses est aujourd'hui avant tout une bataille de crédibilité. Le problème, ce n'est pas de montrer aux gens que le changement est nécessaire, de cela, ils sont convaincus. Le problème, c'est de leur montrer que quelque chose de mieux est possible. Pour ça, il faut des projets et des expressions crédibles. Et cela nécessite deux choses: d'un côté, des gens qui acceptent, dans l'anonymat des bureaux et sans espoir de postes, de travailler les dossiers, de se conformer aux faits, de veiller à la cohérence des raisonnements, en un mot, de donner au candidat les moyens de tenir un discours crédible. Et de l'autre côté, un candidat qui accepte de faire confiance à ces gens, et qui s'abstient de sortir ce qui lui passe par la tête sans en avoir discuté avec eux.

 

Ceux qui veulent du bien à Mélenchon feraient bien de lui tirer les oreilles maintenant. Parce que dans quelques semaines, lorsque la véritable campagne aura pris son envol, il sera trop tard.

 

Descartes

 

PS: Dans le style "n'importe quoi", voir le billet de Mélenchon sur son blog (ici) faisant l'éloge de la pensée de Michel Rocard. Je l'aurais bien commenté, mais je prefère ne pas écrire sur des choses qui dépassent mon entendement.

 

(1)Cela semble être une mauvaise habitude très courante au Front de Gauche. Jacques Généreux entre autres fait de même lorsqu'il invoque le Compromis de Luxembourg ou "l'opt-out" comme moyen de se soustraire à des textes européens déjà promulgués ou des dispositions des traités. Rappelons que le Compromis de Luxembourg permet un état membre d'exercer un droit de veto lors d'un vote au Conseil européen en invoquant une atteinte à ses intérêts vitaux, mais pas de contester rétroactivement une décision déjà approuvée. Quant à "l'opt-out", c'est une formule qui permet à un état de se soustraire à certaines dispositions d'un traité européen. Mais cette formule doit être prévue dans le traité au moment de sa ratification, et ne peut pas être invoquée a posteriori.

 

 

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Marcailloux 10/01/2012 13:04


Bonjour,


.....Les partis politiques, qui devraient être le lieu de l'élaboration politique.......


N'ayant pas bénéficié de la formation du PC, je ne me prononcerai pas sur la pertinence de son enseignement passé. Néanmoins il me semble qu'une organisation peut difficilement être juge et
...parti. La neutralité absolue ne pouvant réellement être garantie, il me semble que la meilleure solution demeure encore, malgré ses écueuils, la prise de conscience individuelle et la
recherche d'une vérité personnelle. L'effort solitaire par lui même est instructeur, car il oblige à explorer des voies que la raison élimine, mais dans ce cas la raison est sollicitée.Qu'en
est il des dogmes assénés par des formateurs à qui il est illusoire d'exiger une position neutre. Ils ont d'autant mieux leur place justifiée dans notre société que les enseignés sont capable
d'autonomie de réflexion. Mais là on demande beaucoup au citoyen lambda et je crains que l'on ne se berce d'illusion vis à vis d'un "temps des lumières "généralisé à la majorité de la population.
La démocratie éclairée me parait en danger, et ce pas qu'en France.

Descartes 11/01/2012 14:44



N'ayant pas bénéficié de la formation du PC, je ne me prononcerai pas sur la pertinence de son enseignement passé.


Point n'est besoin d'y avoir bénéficié. Il suffit de constater l'influence que les militants et anciens militants du PCF ont exercé sur la vie politique et intellectuelle, y compris quelquefois à
droite. 


Néanmoins il me semble qu'une organisation peut difficilement être juge et ...parti. La neutralité absolue ne pouvant réellement être garantie, il me semble que la meilleure solution demeure
encore, malgré ses écueuils, la prise de conscience individuelle et la recherche d'une vérité personnelle.


Je ne vois pas très bien ce que vient faire ici la "neutralité". Aucune formation n'est "neutre" et ne peut l'être par essence: qui dit formation dit formateur, et le formateur a toujours un
intérêt pour se constituer tel. La question à se poser est plutôt de savoir si la formation en question donne des instruments critiques. Si la réponse est positive, alors le fait qu'elle soit
orientée n'est pas gênant: si l'on a les instruments critiques, on peut toujours les retourner contre cette orientation même.


L'effort solitaire par lui même est instructeur, car il oblige à explorer des voies que la raison élimine, mais dans ce cas la raison est sollicitée.


Loin de moi l'idée de dévaluer l'effort solitaire. Même lorsqu'on bénéficie d'une formation, le travail de lecture, de réflexion et de spéculation personnel et solitaire est absolument
indispensable. Cela étant dit, l'effort solitaire est bien plus productif lorsqu'il se fait en parallèle avec une formation. L'autodidactisme a un prix, et il est très élevé. Et la pensée
autodidacte a des défauts qui sont d'ailleurs très reconnaissables.


Mais là on demande beaucoup au citoyen lambda et je crains que l'on ne se berce d'illusion vis à vis d'un "temps des lumières "généralisé à la majorité de la population. La démocratie
éclairée me parait en danger, et ce pas qu'en France.


La "démocratie éclairée" et le "temps des lumières généralisé à la majorité de la population" ne sont pas "en danger" en tant que réalité, pour la simple raison qu'ils n'ont jamais existé. Cela a
toujours été en même temps un objectif, un but à atteindre... et une fiction.


 



Sonia Bastille 09/01/2012 20:29


@Descartes @ Jibal


J'ai relevé tant sur le blog de Jean-Luc Mélenchon que sur d'autres blogs ou forum ou encore dans mes discutions avec des militants du PG, un manque sérieus de formation théorique, de repères
historiques, de connaissances politiques.


Je remarque souvent que nombreux [militants, commentateurs] surtout les plus jeunes et les nouveaux entrants (convertis ?) fonctionnent à l'idéologie "idéologique" et dogmatique. Le
rappel incessant au programme "L'Humain d'abord" comme un nouveau livre de la foi en la "révolution citoyenne)  (programme couché sur le papier, par ses auteurs,  de
manière un peu trop légère à mon humble avis, cela dit en passant...).


J'ai déjà rappelé, lors d'un précédent commentaire, comment de nombreux intervenants et même des militants habituels se passaient de tout cadre juridique dans l'énoncée de telle ou telle
proposition. L'exemple de la constituante est le plus marquant ! Aux dires de certains, par besoin de révision consitution. Le peuple décidera de tout hors de l'actuelle constitution : la
consitituante (les deux autres chambres (AN-Sénat) n'auront pas voix aux chapitres), le contenu de la constitution et de son application !Mais également les questions liées à l'UE, où les
propositions du FDG (du militant lambda en passant par Jacques Généreux pour finir par le Candidat Jean-Luc Mélenchon) tous semblent s'affranchir rapidement de tout cadre juridique
existant ou à instituer, légal, constitutionnel. J'ai beau leur expliqué que telle ou telle proposition nécessite une révision des traités à l'unanimité des 27 pays membres de l'union (et aussi
de notre constitution selon l'article 89 et §) rien n'y fait !


Si on écoutait certains grands partisans de la "Révolution citoyenne", vous savez celle [la Révolution] qui doit arriver incessament sous peu et annoncée depuis quelques décennies mais qui a
pas mal de retard (!) et bien nous quitterions rapidement l'Etat de droit pour entrer dans l'Etat idéologique, l'Etat de fait serait une dictature en puissance et en devenir et à coup sur
a-démocratique et a-républicain !

Descartes 10/01/2012 11:33



J'ai relevé tant sur le blog de Jean-Luc Mélenchon que sur d'autres blogs ou forum ou encore dans mes discutions avec des militants du PG, un manque sérieus de formation théorique, de repères
historiques, de connaissances politiques.


C'est pour moi l'un des gros problèmes qui se posent aujourd'hui. Les partis politiques, qui devraient être le lieu de l'élaboration politique, sont devenus des machines électorales ou les
militants sont priés d'agiter les petits drapeaux dans les meetings, d'écrire les louanges du dirigeant dans les blogs, et surtout, surtout, ne pas réflechir. Ce qui est particulièrement facile à
obtenir, puisqu'on ne leur donne aucune formation politique qui pourrait leur permettre une réflexion critique personnelle. Aujourd'hui, la réflexion se fait dans des "groupes de réflexion"
formels ou informels, dans des fondations, quelquefois dans les structures universitaires... mais pas dans les partis politiques.


La grande vertu des partis "marxistes", était de donner à leurs adhérents une éducation politique. Ils avaient eux aussi, bien sur, leur catéchisme. Mais en même temps, ils donnaient les bases
philosophiques et historiques qui permettaient éventuellement de critiquer le catéchisme en question. Le PCF en est le meilleur exemple: ceux qui - et ils furent nombreux - qui se rebelèrent
contre le Parti l'ont toujours fait avec les outils que le Parti leur avait donné. Je me demande qu'est-ce qu'un militant du PS, du PG ou même du PCF tel qu'il est aujourd'hui peut trouver dans
ce qu'il apprend dans son organisation comme outils d'une critique de l'organisation elle même.


J'ai déjà rappelé, lors d'un précédent commentaire, comment de nombreux intervenants et même des militants habituels se passaient de tout cadre juridique dans l'énoncée de telle ou telle
proposition. L'exemple de la constituante est le plus marquant !


Il y a bien pire. Je te livre ce commentaire publié dans le blog de JLM, et qui n'a suscité aucun commentaire critique des autres lecteurs - aux aléas de la modération près:


Samedi dernier, distribution de tracts en vue d'une assemblée citoyenne, une question (parmi d'autres !)": "Si le FdG arrive aux commandes en mai, interdira-t-il le FN?"
Réponse: "la question pourrait se poser mais à ma connaissance, elle n'a pas été abordée sous cet angle ! Une chose est sûre, c'est que pour toute question fondamentale, faisant débat, tel le
nucléaire, il sera fait appel au référendum. (signé Ghislaine A., 9/1/2012, 11h03, sous l'article "A la bonne cadence").


L'idée que dans le pays de la révolution citoyenne on puisse décider si une organisation politique doit ou non entre interdite "par référendum" a de quoi faire froid dans le dos. Ce commentaire
montre une incompréhension profonde de ce qu'est un état de droit. Et notamment du principe de légalité de l'action publique, qui oblige à fonder toute mesure prise à l'encontre d'une personne
particulière sur une règle de nature générale et impersonnelle.


Le peuple décidera de tout hors de l'actuelle constitution : la consitituante (les deux autres chambres (AN-Sénat) n'auront pas voix aux chapitres), le contenu de la constitution et de son
application !


Le problème n'est pas seulement là: on peut juger que dans une période révolutionnaire, on peut s'affranchir - avec tous les risques que cela comporte - du droit ancien pour construire un nouveau
droit. Le problème, c'est que pour beaucoup de militants du FdG ce "nouveau droit" est presque contingent. Finalement, faire une nouvelle constitution semble plus important que le contenu même de
celle-ci. En particulier, nos apprentis constitutionnalistes sont muets sur les droits que cette nouvelle constitution devrait garantir. Si vous voulez vous amuser, posez-leur une seule question:
est-ce que la constitution qu'ils proposent garantira l droit de propriété ?


 


 


 



Inquiet 09/01/2012 19:46


A propos du bipartisme éternel, Jean-Claude Michéa a une expression que je trouve très bonne : l'alternance unique. D'ailleurs, je conseille son dernier livre (Le complexe d'orphée) à tout le
monde.

Jibal 09/01/2012 10:54

Bonjour, Je fais partie de ces "timides" lecteurs de votre blog que je suis depuis que j'ai lu vos interventions passées sur celui de Jean-Luc Mélenchon. Interventions qu'à l'époque, je trouvais
irritantes (parce que trop "pinailleuses" à mon gout d'alors), pour être honnête... Cependant, avec le temps, je n'ai pu que constater (avec, parfois, un peu d'exaspération !) le fréquent
bien-fondé de vos positions et de vos arguments. Ca m'embête de le reconnaître mais voilà...;) Je voudrais revenir sur un des slogans phare du Front de Gauche, auquel j'ai longtemps cru mais
duquel, désormais, je doute fortement: La fameuse "Révolution par les urnes". A mon avis, si la révolution peut (et doit) se poursuivre par les urnes, elle ne pourra surement pas se faire par ce
moyen. Car il me semble que tout, dans notre système électoral, est prévu pour que n'en sorte que des élus des deux partis "majoritaires": - Le "verrouillage" médiatique (bien illustré par cet
article d'Acrimed: http://www.acrimed.org/article3726.html), - Le non décompte des bulletins blancs ou nuls, - Les découpages (charcutages ?) de circonscription, - l'absence de proportionnelle, -
La professionnalisation des hommes politiques, - etc. Sans compter le fait que, dans le cas particulier de la "vraie" gauche, ceux qui devraient être les plus sensibles à ses idées sont également
les plus largement abstentionnistes... Ce système électoral "fermé" se retrouve d'ailleurs plus ou moins sous la même forme dans d'autres pays "démocratiques", conduisant au même résultat: le
bipartisme éternel Comment alors envisager une quelconque "révolution" par se moyen ? Qu'en pensez-vous ? Cordialement. Jibal.

Descartes 09/01/2012 15:09



Cependant, avec le temps, je n'ai pu que constater (avec, parfois, un peu d'exaspération !) le fréquent bien-fondé de vos positions et de vos arguments. Ca m'embête de le reconnaître mais
voilà...;)


Ne soyez surtout pas "embêté" par ça. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Et si mes interventions "pinailleuses" ont contribué même à retardement à adopter une posture plus
critique, mon travail n'aura pas été inutile... 


Je vous avoue que lorsque je parcours de temps en temps ce qu'est devenu le blog de JLM, j'en suis souvent attristé. Ayant chassé toutes les interventions "pinailleuses", la modération  à
laissé libre cours à un délire collectif. Le phénomène est connu: l'effet de groupe dans lequel chacun confirme ses préjugés en lisant les autres et ou chacun écrit sans peur d'être contredit
conduit à un phénomène de surenchère sans limite. Les "pinailleurs" jouent souvent un rôle prophilactique: en rappelant de temps en temps que le roi est nu, ils évitent que les courtisans aient
la tentation de louer les habits du souverain... Et si vous ne me croyez pas, relisez les commentaires sur les projections électorales du candidat: vous trouverez des gens pour affirmer leur
absolue conviction que non seulement JLM sera au second tour, mais qu'il sera élu !


A mon avis, si la révolution peut (et doit) se poursuivre par les urnes, elle ne pourra surement pas se faire par ce moyen. Car il me semble que tout, dans notre système électoral, est prévu
pour que n'en sorte que des élus des deux partis "majoritaires".


Avant 1981, le même argument était utilisé par l'extrême gauche sous une forme différente: le système électoral était - nous disaient-ils - prévu pour que la victoire aille toujours à la droite.
Depuis lors, la gauche à gagné deux élections présidentielles et trois législatives. Le jour où les "révolutionnaires" auront derrière eux la majorité du peuple et seront empêchés de gouverner
par le système électoral, ce jour-là on pourra contester le système - et sans doute le changer. Mais en attendant, au lieu de se poser des questions plus ou moins théoriques sur la bonne manière
de faire la révolution, mieux vaudrait investir notre temps à cercher à conquérir cette majorité, non ?


Franchement la question de savoir si on fera la révolution par les urnes ou par les armes n'a aujourd'hui ni queue ni tête. La "gauche radicale" est aujourd'hui marginale, et n'a les forces de
faire la "révolution" ni par les unes, ni par les autres. Le jour où une situation révolutionnaire se présentera, il sera toujours temps d'évaluer de manière pragmatique quel est le meilleur
chemin à suivre.


Le "verrouillage" médiatique (bien illustré par cet article d'Acrimed: http://www.acrimed.org/article3726.html), - Le non décompte des bulletins blancs ou nuls, - Les découpages (charcutages
?) de circonscription, - l'absence de proportionnelle, - La professionnalisation des hommes politiques, - etc.


Franchement, j'ai du mal à voir le rapport. Il faudrait que quelqu'un m'explique en quoi le décomptage des bulletins blancs et nuls permettrait plus facilement de faire "la révolution par les
urnes". Quant à la proportionnelle, elle existe dans de nombreux pays et en général elle est plutôt un obstacle à tout changement qu'autre chose, parce qu'en morcellant le spectre politique elle
tend à donner un pouvoir disproportionné aux lobbies et égoïsmes organisés.


Sans compter le fait que, dans le cas particulier de la "vraie" gauche, ceux qui devraient être les plus sensibles à ses idées sont également les plus largement abstentionnistes...


Peut-être parce que la "vraie gauche" ne met pas d'accord ses actes avec ses idées, et derrière un discours tout de sollicitude pour les couches populaires, elle défend essentiellement les
intérêts des classes moyennes. Et si vous ne me croyez pas, lisez le programme du candidat Mélenchon.


Ce système électoral "fermé" se retrouve d'ailleurs plus ou moins sous la même forme dans d'autres pays "démocratiques", conduisant au même résultat: le bipartisme éternel


Pas du tout. De nombreux pays "démocratiques" ont des systèmes électoraux proportionnels et comptent les bulletins blancs et nuls. Et le bipartisme n'y est pas nécessairement la règle.
Prenez par exemple Israel: proportionnelle intégrale, décomte des blancs et nuls, pas de parti dominant... et je n'ai pas l'impression que les résultats soient brillants. Même chose en Italie.


Comment alors envisager une quelconque "révolution" par se moyen ? Qu'en pensez-vous ?


Les "révolutions", n'en déplaise aux gauchistes de tout poil, ne se font pas n'importe quand. Elles nécessitent un ensemble de conditions, objectives et subjectives. Il faut un épuisement du
modèle existant, et les prémisses d'un nouveau modèle. Or, aucune des deux conditions n'est aujourd'hui remplie. Il n'est nullement évident que le modèle capitaliste soit aujourd'hui épuisé, et
surtout, il n'y a pas de construction d'un modèle alternatif qui puisse fonctionner. La révolution française a été précedée par un siècle de "Lumières". J'avoue que j'ai du mal à voir qui sont
les Voltaires, les D'Alembert, les Rousseau et les Diderot d'aujourd'hui...


Parler aujourd'hui de "révolution par les urnes" ("ou de révolution par les armes", d'ailleurs) c'est mettre la charrue avant les boeufs. Avant de prendre la mer, il faut savoir où l'on veut
aller. Et aujourd'hui, la "gauche radicale" n'en a la moindre idée d'un destin possible.






georges 70et25 08/01/2012 15:57


"La demande de produits pétroliers en France diminue régulièrement, passant de 91000 tonnes en 2000 à 81000 tonnes en 2010" (Descartes)


Je suppose que les excellents lecteurs de ce blog auront rectifié d'eux-mêmes : les chiffres sont simplement à multiplier par 1000 (l'Insee parle en milliers de tonnes)...


Vive les experts.

Descartes 08/01/2012 16:01



Merci de cette lecture attentive. Bien entendu, il fallait entendre "millions" et non pas "milliers"... j'ai corrigé le texte en conséquence.



Marcailloux 08/01/2012 11:04


Bonjour,


En employant le terme de "quasi totalité" j'incluais implicitement, en effet les travaux de Krugman qui cependant n'a pas recueuilli l'assentiment général. Lui même semble -t- il reconnait une
certaine dose de cécité dans les évènements planétaires qui nous touchent actuellement.

Descartes 08/01/2012 12:05



Tout à fait. Mais c'est une cecité volontaire. Le problème n'est pas la qualité des instruments économiques de prévision, mais l'intérêt qu'ont les acteurs économiques à suivre ces prédictions.
Les théories économiques actuelles prédisent sans difficulté l'éclatement des bulles. L'ennui est que les acteurs économiques ont tout intérêt à "faire comme si" la bulle devait continuer à
gonfler indéfiniment. C'est l'explication à "l'exubérance irrationnelle des marchés" que dénonçait -déjà - Keynes.


Que voulez-vous, l'envie de croire est une des impulsions les plus puissantes et les plus dangereuses qui soient. C'est cette "envie de croire" qui a pu faire passer un home de droite, ancien des
"services", de Vichy et de l'Algérie Française comme paradigme de l'homme de gauche qui allait changer la vie. Contre ces envies de croire, la raison est souvent impuissante. Reprocher aux
"modèles mathématiques" de ne pas avoir empêché la crise est du même ordre que reprocher à la theorie des probabilités de ne pas empêcher les gens de jouer au Loto.


Si je défends les "modèles mathématiques", c'est parce que derrière l'attaque contre ceux-ci se cache en fait l'offensive des anti-rationnalistes et postmodernes de tout acabit. Des gens qui
prétendent utiliser la crise actuelle pour règler son compte aux méthodes d'analyse rigoureuse de la réalité qui, quelque soient leurs limitations, restent la meilleure alternative à l'heure de
faire progresser la connaissance. Ces gens prétendent, à la place des outils mathématiques et scientifiques, défendre la primauté du "sociologique" et du "psychologique", qui sont souvent - mais
pas toujours, car il y a des sociologues et des psychologues sérieux - des prétextes pour dire n'importe quoi. Rappelez-vous les débats sur le "chiffrage" des programmes...


 



Marcailloux 07/01/2012 13:42


"Demander 20% à la Grèce equivaut à estimer un risque de défaut de 1/5. Pensez-vous que ce risque soit "surestimé" ? Sur quelle base ? "


Sur quelles bases ce risque est il estimé? Dans quelle mesure peut on faire une confiance sans réserve à un système financier qui démontre depuis de nombreuses années que, malgré les dérives, les
outrances qu'il se permet, il est toujours protégé par les gouvernants.Je ne vous crois pas assez naif pour penser qu'en matière économique et encore plus financière, les errances et turpitides
de la nature humaine n'aient une incidence presque aussi prépondérante que les modèles que l'on nous présente à nous béotiens, comme inéluctables. Ici plus qu'ailleurs, "si il y a une
volonté il y a une voie". Mais peut -il y avoir une volonté dans une société douillette ronronnant dans sa confortable couette matérielle? 


Votre énoncé me permet de préciser ma remarque dubitative vis à vis des mathématiques financières. Ce n'est pas moi qui vais m'opposer à leur rigueur. Simplement elles contribuent à mon avis
- modeste - trop fortement dans la construction des modèles qui nous gouvernent. l'esprit et la tentation des hommes ne reposent pas sur le même registre et il est pertinent d'en tenir compte.
Les modèles des économistes les plus distingués n'ont pour la quasi totalité pas su prévoir la crise des subprimes, la crise financière qui a suivi et se trouve impuissante face à la situation,
sinon à apporter des remèdes de cheval qui feront que les malades mourront guéris.


Dans une enquête, on se pose aussi la question: " à qui profite le crime ?" mais on a pas l'obligation de connaître les bonnes ou mauvaises raisons qui ont conduit au "crime" que l'on se contente
de constater et ce n'est pas en effet parce que quelqu'un aurait toutes les raisons d'assassiner qu'il va pour autant le faire. Mais la forfaiture demeure.


Dans votre commentaire, vous alliez bien plus loin qu'une "émanation sociologique", puisque vous parliez d'une "contrepartie" qui aurait été obtenue par la BCE pour prêter aux banques.


Là, vous perdez vos "Marc"   je n’ai rien dit de tel, il s’agit du propos de Marc Malesherbes commentaire 13 que
vous amalgamez à une de mes remarques, ce qui aboutirait, ?, à nous fondre l’un et l’autre dans un "marc"haïsme gauchiste.


La pression du succès !


 

Descartes 07/01/2012 18:04



Sur quelles bases ce risque est il estimé?


Sur la base de l'histoire financière des débiteurs, de l'état de leurs comptes, des perspectives de leur économie... et probablement aussi un peu de l'âge du capitaine. Et alors ? Avez-vous un
meilleur système d'évaluation du risque à proposer ? Si vous deviez prêter demain vos économies au gouvernement grec, quel taux d'intérêt demanderiez-vous en échange ?


Dans quelle mesure peut on faire une confiance sans réserve à un système financier qui démontre depuis de nombreuses années que, malgré les dérives, les outrances qu'il se permet, il est
toujours protégé par les gouvernants.


Il ne s'agit pas de "faire confiance sans réserve". Il s'agit d'évaluer un risque. Je vous répète la question: à quel taux d'intérêt seriez-vous prêt à placer vos économies durement gagnées en
obligations grecques ? Je vous rappelle que le livret A, placement au risque quasi-nul, vous rapporte autour de 2%.


J'attire par ailleurs votre attention sur le fait que l'intérêt des opérateurs financiers est d'avoir une estimation du risque le plus réaliste possible. On ne fait pas de bonnes affaires en
pariant sur des risques qu'on connaît mal.


Les modèles des économistes les plus distingués n'ont pour la quasi totalité pas su prévoir la crise des subprimes, la crise financière qui a suivi


Faux. "Les modèles des économistes les plus distingués" avaient bel et bien prévu la crise des subprimes. Vous devriez lire les travaux de Rubini ou de Krugman. Seulement voilà, personne n'a
voulu les croire aussi longtemps que la bourse apportait chaque jour de bonnes nouvelles. Je pense que vous méconnaissez la dynamique des "bulles". Les "bulles" ne se forment pas parce que "les
modèles ne savent prévoir", mais parce qu'alors même que les modèles ont prévu que le train va dans le mur, il est toujours intéressant pour un spéculateur d'être le dernier à descendre du train
avant le crash. Là encore, lisez le livre de K. Rogoff "Cette fois, c'est différent - 500 ans de folie financière". 


J'ajoute que même en supposant que "les modèles des économistes les plus distingués" ne sachent prédire la crise, je me demande ce que vous proposez comme alternative. Après tout, les
psychologues et sociologues les plus distingués ont été incapables, eux aussi, de prédire la crise...


(...) et se trouve impuissante face à la situation, sinon à apporter des remèdes de cheval qui feront que les malades mourront guéris


Les modèles sont des outils d'analyse. Ils ne peuvent en aucun cas "apporter des rémèdes". Tout comme un modèle peut vous permettre de calculer un pont, mais pas de dire de quel pont les gens ont
besoin.


Dans une enquête, on se pose aussi la question: " à qui profite le crime ?"


Certes. Mais ce n'est pas parce qu'on profite d'un crime qu'on est automatiquement coupable. C'est exactement ce que les gauchistes n'ont toujours pas compris...


Là, vous perdez vos "Marc"   je n’ai rien dit de tel


Vous avez parfaitement raison, et je vous prie d'excuser la confusion...


 


 



Marcailloux 07/01/2012 09:49


Bonjour,


" Il faut arrêter de voir partout des conspirations et des cadeaux. Les taux d'intérêt rémunèrent non seulement le capital, mais aussi un risque. Si j'emprunte à 1% à la BCE et je prête cet
argent à des gens qui ont une chance sur dix de ne pas rembourser, quel taux dois-je pratiquer pour avoir un gain nul ? Réponse: 11%. "


Globalement d’accord sur votre réponse et en particulier concernant un hypothétique complot. Néanmoins les neurones, des financiers particulièrement, n’ont pas besoin forcément de se concerter
pour établir une stratégie de mise en coupe réglée des finances nationales. La fonction créant l’organe, les groupes de pression et d’action se constituent dans tous les domaines pour défendre et
promouvoir leurs intérêts. Ces groupes ne sont pas forcément formels, ce sont souvent des émanations sociologiques ( les classes moyennes, entre autres, auxquelles vous faites souvent référence).
Le monde de la finance et de l’économie en constitue un autre avec un ensemble de règles, de lois, d’axiomes qui construisent un paradigme qui s’impose souvent au détriment de ceux qui les
subissent. Nous souffrons actuellement ( le plus grand nombre d’entre nous) du dictât des élucubrations des mathématiques financières qui ne tiennent absolument pas compte des phénomènes
psychologiques et sociologiques qui tôt ou tard contredisent les théories les mieux élaborées.


Plus concrètement, si arithmétiquement votre réponse ne souffre pas la moindre contestation, dans les faits, il y a manœuvre permanente pour surestimer les risques et sous estimer les capacités
des emprunteurs. Si on y ajoute l’écart de réactivité entre les financiers privés et les financiers de l’Etat, ce delta constitue un autre avantage qui au total permettent à beaucoup de rentiers
de prospérer grassement sur le dos de l'immense majorité.


À ce sujet, j’aimerais connaître ce que vous incluez dans la ( ou les) catégorie des rentiers. Les retraités et lesquels, en font ils partie ? Enfin, pour ces derniers, s’ils sont apparemment
privilégiés, pour la plupart, n’oubliez pas qu’ils ont des enfants , des petits enfants et des proches qui ne le sont absolument pas ce qui ne manque pas d’exercer des effets sur leur situation.


Cordialement.

Descartes 07/01/2012 11:32



La fonction créant l’organe, les groupes de pression et d’action se constituent dans tous les domaines pour défendre et promouvoir leurs intérêts.


Certes. Mais de là à voir à priori dans chaque décision de la BCE (ou de n'importe quel autre organisme, d'ailleurs) une volonté, il y a un pas qu'il faut se garder de franchir trop
vite. C'est l'un des défauts majeurs de la pensée gauchiste: de décreter une "culpabilité de classe" qui dispense de l'analyse des faits. L'affaire de Bruay-en-Artois, où la qualité de
"bourgeois" de l'accusé a suffi à en faire un coupable, est peut-être l'exemple le plus emblématique.


Personnellement, je rejette ce genre de raisonnement. La bonne foi se présume, et la mauvaise foi se prouve, comme dit le juriste.


Ces groupes ne sont pas forcément formels, ce sont souvent des émanations sociologiques ( les classes moyennes, entre autres, auxquelles vous faites souvent référence).


Dans votre commentaire, vous alliez bien plus loin qu'une "émanation sociologique", puisque vous parliez d'une "contrepartie" qui aurait été obtenue par la BCE pour prêter aux banques. Au risque
de me répéter: avant de décider qu'il y a eu "contrepartie", il faut avoir des faits qui le montrent. En l'absence des faits, il faut traiter cette théorie avec la plus grande méfiance.


Nous souffrons actuellement (...) du dictât des élucubrations des mathématiques financières qui ne tiennent absolument pas compte des phénomènes psychologiques et sociologiques qui tôt ou
tard contredisent les théories les mieux élaborées.


Je me méfie instinctivement des discours "anti-mathématiques" qui cherchent à leur opposer "des phénomènes psychologiques et sociologiques". L'expérience a montré abondament que, quelque soit
l'imprécision et la faiblesse des outils mathématiques dont nous disposons, leurs conclusions sont en général bien plus conformes à la réalité que celles anticipées par les théories
"psychologiques et sociologiques". Oui, les outils dont nous disposons sont imparfaits, et cela est vrai dans l'économie comme dans tout autre discipline. Les calculs de génie civil ne nous
mettent pas à l'abri de l'effondrement d'un ouvrage... il reste que ce sont les meilleurs outils disponibles, et qu'il serait folie de s'en passer.


Plus concrètement, si arithmétiquement votre réponse ne souffre pas la moindre contestation, dans les faits, il y a manœuvre permanente pour surestimer les risques et sous estimer les
capacités des emprunteurs.


Qu'est ce que vous en savez ? Avez vous une mesure "vraie" du risque pour conclure que l'estimation faite par les acteurs financiers est "surestimée" ? Vous revenez ici à la "théorie du complot"
chère aux gauchistes. Vous parlez même de "manoeuvres", ce qui indique clairement une intention, et non une simple "mécanique"...


Curieusement, personne ne parlait de "manoeuvre" lorsque pendant dix ans les prêteurs ont au contraire sous-estimé le risque (en grande partie à cause de l'illusion créée par l'Euro que c'était
la même chose de prêter à l'Allemagne qu'à la Grèce). Loin des "manoeuvres", on voit aujourd'hui un phénomène classique de sur-réaction des marchés: après avoir longtemps sous-estimé le risque,
le marché se réveille tout à coup et panique. Mais de là à dire qu'il "surestime" le risque, il y a un grand pas. Demander 20% à la Grèce equivaut à estimer un risque de défaut de 1/5.
Pensez-vous que ce risque soit "surestimé" ? Sur quelle base ?


Si on y ajoute l’écart de réactivité entre les financiers privés et les financiers de l’Etat, ce delta constitue un autre avantage qui au total permettent à beaucoup de rentiers de prospérer
grassement sur le dos de l'immense majorité.


Jusqu'au jour où la Grèce ou l'Italie feront défaut, et alors ces "rentiers" iront pleurer à l'église. C'est comme au casino: le fait qu'un jouer gagne trois coups de suite ne préjuge en rien de
la suite de la soirée...


À ce sujet, j’aimerais connaître ce que vous incluez dans la ( ou les) catégorie des rentiers. Les retraités et lesquels, en font ils partie ?


Paradoxalement, cela dépend de la manière dont leur retraite est assise. S'il s'agit d'une retraite par capitalisation simple (c'est à dire, le retraité touche les revenus d'un fonds qu'il s'est
constitué plus une partie du capital calculé par l'actuariel) alors c'est un rentier. A l'autre extrême, si la retraite est payée par un système de répartition et son calcul fondé sur l'évolution
des salaires, c'en est pas un.


On voit bien d'ailleurs que leurs intérêts sont contradictoires: le retraité par capitalisation a tout intérêt à ce que le capital reste bien rémunéré (et donc l'inflation faible), même si
l'activité plonge. Le retraité par répartition a tout intérêt au contraire à ce que l'activité progresse, même si l'inflation monte et la rémunération du capital s'effondre. Cette différence vous
explique pourquoi la vision de l'inflation est très différente selon les pays...


 


 



marc.malesherbes 06/01/2012 22:42


désolé de revenir sur deux points

-les banques ne prennent plus de risque de prêter à des états à partir du moment ou leur banque centrale est décidée à racheter cette dette de manière directe ou indirecte. Leur risque est celui
du taux de change (un état à forte dette qui la finance par sa banque centrale contribue à l'inflation et à la dévaluation de sa monnaie). Dans le cas de la zone euro, il n'y a pas de risque de
change (sauf si un pays décide de sortir de la zone euro).
- le prêt de 500 Miard d'euros fait aux banques ne peut être placé instantanément par les banques dans l'achat de nouvelles obligations d'état (à titre d'exemple la France n'a eu besoin en
janvier "que" de 8 milliard d'euros). En attendant le placement progressif de cette somme gigantesque, les banques ont une surabondance de liquidités. Elles les déposent de préférence à la BCE
car elles n'ont guère confiance dans les autres banques. Elles perdent donc sur quelques mois, en attendant les placements maintenant sans risque dans les nouvelles émissions des états. Et comme
elles sont presque toutes à plus de 3% sur 10 ans, elles vont beaucoup y gagner.
- ces 500 Miard s'ajoutent aux autres mécanismes d'aide européen et du FMI. Ces mécanismes (FESF ...), plus ou moins en place, représentent entre 450 Miard et 1250 Miard. Il est difficile de
savoir ou ils en sont, car tous les pays de la zone euro n'ont pas fait les versements promis, les règles de "multiplicateur" de crédit ne sont pas arrêtées, etc... Il est vraisemblable que ces
500 Miard de la BCE représentent entre autre la nécessité de faire vite, en attendant ces mises en place.

Descartes 07/01/2012 11:40



désolé de revenir sur deux points


Ne soyez pas "désolé"... nos désaccords sont notre richesse !


-les banques ne prennent plus de risque de prêter à des états à partir du moment ou leur banque centrale est décidée à racheter cette dette de manière directe ou indirecte.


Exacte... si la "décision" de la banque centrale était générale et irrévocable. Mais dès lors que la banque centrale conserve la possibilité de revenir à tout moment sur sa décision, ou de
privilégier certains titres de dette par rapport à d'autres, le risque demeure. Or, la BCE n'a jamais indiqué qu'elle s'engageait de manière générale et irrévocable à racheter les titres de dette
d'un pays européen quelconque.


- le prêt de 500 Miard d'euros fait aux banques ne peut être placé instantanément par les banques dans l'achat de nouvelles obligations d'état (à titre d'exemple la France n'a eu besoin en
janvier "que" de 8 milliard d'euros).


Bien sur que si. Je vous rappelle qu'il y a un marché secondaire de la dette. Et que le rachat sur le marché secondaire serait bien plus intéressant pour les banques. Je pense que l'analyse du
Financial Times (entre parenthèses, un excellent journal, puisque c'est celui de gens qui parient leur argent sur les informations qu'ils recoivent, et qui prefèrent donc savoir la vérité, même
si elle est désagréable... tout le contraire du Monde, quoi) est la bonne: après le "casino" financier des dix dernières années, les banques ont aujourd'hui tellement peur qu'elles privilégient
non pas les forts rendements, mais les faibles risques. Tout le monde sait que le "trou" dont j'avais parlé dans un papier sur ce même blog continue à se déplacer, et que quelqu'un va devoir in
fine le combler.


 



marc malesherbes 06/01/2012 11:57


à propos de la BCE
sans le dire la BCE commence à faire de la monétisation de la dette des états européens.
Comment ? En décembre elle a prêtée 500 Miard d'euros aux banques à 1% sur 3 ans. J'imagine qu'elle n'a pas fait ce "cadeau" sans contrepartie. Et cette contrepartie, c'est "vous achetez de la
dette des états". cela permet de contourner l'interdiction qui lui est faite d'acheter directement de la dette.
J'en voie pour preuve que les taux des dettes souveraines se sont stabilisées, ou ont diminuées.
Certes le prêt est sur 3 ans, mais rien n'empêche la BCE de renouveler l'opération.
Cela n'a pu se faire sans l'accord des Allemands.
Pour moi, c'est un tournant essentiel. Il met fin aux risques de faillites ("défauts") des états. reste l'austérité et la récession ...
de plus c'est un tel cadeau aux banques (elles empruntent à 1% et prêtent de 3% à 7%), que le lobby bancaire ne peut que se réjouir: cela ne sera donc pas remis en cause, même par les allemands
qui sont soumis à ce lobby, comme les autres gouvernements.


Le point faible de cette analyse: je n'ai trouvé aucun document de la BCE, ou des banques faisant état d'une telle manoeuvre.

Descartes 06/01/2012 13:40



sans le dire la BCE commence à faire de la monétisation de la dette des états européens.
Comment ? En décembre elle a prêtée 500 Miard d'euros aux banques à 1% sur 3 ans. J'imagine qu'elle n'a pas fait ce "cadeau" sans contrepartie. Et cette contrepartie, c'est "vous achetez de
la dette des états".


En fait, pas du tout. On peut discuter si la BCE a consenti les prêts en question dans le but de prêter indirectement aux états, ou si elle l'a fait pour parer au blocage du système
interbancaire. Mais il n'y a eu certainement pas de "contrepartie". La meilleure preuve est que les banques n'ont pas utilisé cet argent pour prêter aux états. Elles ont préferé le garder en
réserve en le déposant... auprès de la BCE (pour une rémunération de 0,25%). Le Financial Times a consacré un excellent article à cette question la semaine dernière.


J'en voie pour preuve que les taux des dettes souveraines se sont stabilisées, ou ont diminuées.


Depuis que la BCE a consenti ces prêts, il n'y a pas eu de grosse opération d'allocation dedette. Il n'est donc pas possible de savoir si le "taux des dettes souveraines" a changé.


Pour moi, c'est un tournant essentiel. Il met fin aux risques de faillites ("défauts") des états. reste l'austérité et la récession ...


Je crains que ton optimisme soit exagéré. Les banques n'utiliseront pas cet argent pour acheter de la dette à faible taux. J'attire d'ailleurs ton attention sur les montants. La "monétisation de
la dette" impliquerait des montants dix fois supérieures au moins.


de plus c'est un tel cadeau aux banques (elles empruntent à 1% et prêtent de 3% à 7%),


Arrêtons de dire n'importe quoi. Les banques prêtent de 3% à 7% l'argent qu'elles empruntent à 1%. Mais en échange, elles assument le risque de défaut de leurs débiteurs. D'ailelurs, si l'affaire
est si bonne, qu'est ce que tu attends pour te lancer ? Tu fondes une banque, tu demandes de l'argent à la BCE à 1% et tu achètes des titres grecs à 7%. Tu rafleras toutes les offres de dette
(puisque tu proposes moins que les banques). Comment expliques-tu que les gens ne se précipitent pas pour profiter de ces affaires ? La main sur le coeur, serais-tu prêt à investir ta retraite
sur des fonds d'Etat grecs à 7% ?


Il faut arrêter de voir partout des conspirations et des cadeaux. Les taux d'intérêt rémunèrent non seulement le capital, mais aussi un risque. Si j'emprunte à 1% à la BCE et je prête cet argent
à des gens qui ont une chance sur dix de ne pas rembourser, quel taux dois-je pratiquer pour avoir un gain nul ? Réponse: 11%.


 


 



Marcailloux 05/01/2012 23:06


Bonsoir,


"Aujourd'hui, cela suppose soit une sortie de l'Euro, soit un changement fondamental de la mission de la BCE de manière à lui permettre une monétisation massive des dettes. La deuxième
solution me paraît impossible, parce qu'une telle politique reporterait la dette sur les "rentiers" européens, c'est à dire, les allemands. Reste la première... "


Même en sortant de l'euro, nos dettes libellées en euro subiraient si nous revenions au franc ou à un eurofranc l'effet de la dévaluation immédiate de cette monnaie.Ou alors, faire défaut et
alors payer des dizaines de milliards à ceux qui voudraient bien encore nous prèter.


D'autre part, quid de l'euro, monnaie commune envisagée par JPChevènement, vis à vis de la crise de la dette de la plupart des pays européens. Qu'est ce que cela changerait sur le fond ? Chaque
dette nationale serait réévalueé en fonction de la monnaie dans laquelle se ferait le remboursement.


En effet, les mois qui viennent promettent du sport et je crains que les politiques de tous poils se retrouvent - politiquement s'entend - en caleçons!

Descartes 05/01/2012 23:31



Même en sortant de l'euro, nos dettes libellées en euro subiraient si nous revenions au franc ou à un eurofranc l'effet de la dévaluation immédiate de cette monnaie.


A mon avis, si l'on sortait de l'Euro on serait obligés de relibeler toute la dette en euro en francs... autrement, on se ferait écraser par elle.


D'autre part, quid de l'euro, monnaie commune envisagée par JPChevènement, vis à vis de la crise de la dette de la plupart des pays européens. Qu'est ce que cela changerait sur le fond ?
Chaque dette nationale serait réévalueé en fonction de la monnaie dans laquelle se ferait le remboursement.


C'est en fait un retour au SME: une monnaie "commune" définie à partir d'un panier de monnaies nationales, et la possibilité d'ajuster les parités si nécessaire. Ce n'est pas un mauvais système,
à condition qu'il soit suffisamment flexible.


 


 



Sonia Bastille 05/01/2012 20:30


@Descartes


Bonsoir,


Je reviens vers vous, suite à votre réponse. En retour, je vous réponds.


"Ces dernières ne devraient pas vous préoccuper: lorsqu'on intervient sur un blog, c'est moins pour convaincre les autres participants (qui sont au mieux quelques dizaines) que pour
participer à un débat dont les juges sont les "lecteurs silencieux", qui sont, eux, plusieurs milliers. C'est comme cela qu'on peut semer dans les cerveaux des petites graines qui, avec un peu de
chance, germeront plus tard et feront réflechir les gens."


C'est un peu comme cela que je conçois mes interventions dans le fil de commentaires du blog de Jean-Luc Mélenchon. Je rappelle un peu certains à la réalité et cela ne leur plaît décidément pas.
J'avais conclus mon dernier commentaire ainsi :




 




"Que puis-je faire contre le mur dogmatique de l'idéologie de certains commentateurs sûrs de leurs certitudes idéologiques et politiques s'appuyant sur
aucune base juridique, constitutionnelle et politique réelle, établie, sérieuse et légale ? Convaincre encore et toujours ? Hum !"






"Avec ce positionnement, j'avoue avoir du mal à comprendre ce que vous faites au PG, qui dans toutes ses expressions propose exactement le
contraire."


Je sais que je dénote un peu dans le paysage du PG. D'autres ont quitté le navire depuis belle lurette ou ont mis leurs activités militantes en sommeil. Je les
comprends. Pour ma part, j'essaie d'apporter quelque chose de rationnel, d'argumenté et aussi de référencé ! C'est vrai que cela ne plaît
pas forcément à d'autres intervenants ou à Jean-Luc Mélenchon qui ont souvent la boite à slogans, les phrases verbeuses gauchistes, l'incantation permanente,
le discours péremptoire en bandouillère. Je me situe toujours dans l'argument et le respect .Mais c'est vrai que je me suis de plus détachée de l'idéologie du PG et du programme du Front de
Gauche dont le contenu a été couché sur le papier avec une légèreté et une déconnexion des réalités qui font que ce programme aux yeux de certains devient une sainte bible ! Comme toute sainte
bible est bien il y a le dogme dont il est interdit de dévier mais comme toute sainte bible nombreux sont ceux qui interprètent mal le texte et le dogme !


Dans votre réponse au message de Marcailloux vous dîtes :


 


"Le problème, c'est que l'inflation ne peut être déclenchée et contrôlée que si l'on a la maîtrise de la politique monétaire. Aujourd'hui, cela suppose soit une sortie de l'Euro, soit un
changement fondamental de la mission de la BCE de manière à lui permettre une monétisation massive des dettes. La deuxième solution me paraît impossible, parce qu'une telle politique reporterait
la dette sur les "rentiers" européens, c'est à dire, les allemands. Reste la première... "


C'est exactement ce que je pense ! Il semblerait que Jacques Généreux ou Jean-Luc Mélenchon ne voient pas les choses ainsi ou refusent de voir les choses ainsi !
Ceux qui proposent la sortie de la France de l'UE et de l'euro n'ont-ils pas été traité, il y a quelques mois, par Jean-Luc Mélenchon de "maréchalistes" de "défaitistes" ?!





 Les idées proposées "Pour un démontage concerté de l'euro" par certains économistes républicains, voilà quelques
jours, dans un article publié par "Le Monde" a reçu un accueil soit négatif soit de l'indifférence du côté du PG et du Front de Gauche y compris du côté de Jean-Luc Mélenchon ou de Jacques
Généreux !





Bien cordialement à vous.


Sonia Bastille

Descartes 05/01/2012 21:57



Les idées proposées "Pour un démontage concerté de l'euro" par certains économistes républicains, voilà quelques jours, dans un article publié par "Le Monde" a reçu
un accueil soit négatif soit de l'indifférence du côté du PG et du Front de Gauche y compris du côté de Jean-Luc Mélenchon ou de Jacques Généreux !


Et pourtant, c'est exactement le genre de plan qu'il faudrait commencer à préparer. Mais je crains que ni Mélenchon, ni Généreux, ne soient prêts à renier leur jeunesse
maastrichienne.






argeles39 05/01/2012 16:31


Le problème, c'est que l'inflation ne peut être déclenchée et contrôlée que si l'on a la maîtrise de la politique monétaire. Aujourd'hui, cela suppose soit une sortie de l'Euro, soit
un changement fondamental de la mission de la BCE de manière à lui permettre une monétisation massive des dettes. La deuxième solution me paraît impossible, parce qu'une telle politique
reporterait la dette sur les "rentiers" européens, c'est à dire, les allemands. Reste la première...


En quelques lignes tu résume bien l'impasse dans laquelle nous sommes. L'issue n'est pas forcément proche car l'agenda néolibéral avance, ceux qui nous ont conduit à ce fiasco y trouvent une
opportunité pour laminer "l'état providence". Le scénario grec (régler les problèmes par l'austérité et les privatisations) a montré ses limites, mais à ce jour c'est le seul envisagé par les
élites européennes, et aussi par le PS il me semble. Tout ça risque de mal finir.......

Descartes 05/01/2012 21:55



Je le crains. Il est difficile d'être optimiste en ce moment...



Marcailloux 05/01/2012 15:54


....C'est ça, la souveraineté. Je te rappelle d'ailleurs que la différence entre un emprunteur souverain et un emprunteur normal est celle là: l'emprunteur normal rembourse s'il peut,
l'emprunteur souverain rembourse s'il veut.....


Je l'avais bien compris et bien enregistré.Or ce qui motive mon commentaire est notre capacité, actuelle et pour plusieurs années, à emprunter sans aller au crash et sans se résigner à la
recession. Supposons que la France se mette en défaut de paiement, ce qui procède en effet de sa souveraineté. Ipso facto, si nous voulons continuer sur notre train de vie actuel, l'écart entre
recettes [de l'Etat] et ses dépenses (50,60 Md € ?) devrons instantanément être réduit à zéro ou alors emprunté, mais à qui ? à 15, 20 % et plus. Même à ce taux, je n'aurais pas grande envie de
prèter mes économies. Alors quelle est la porte de sortie de cet endettement qui réduit considérablement la liberté d'action de quelque gouvernement qui soit. Ramener la dette vers une zone de
l'ordre de 800 milliards imposerait un "effort" de plus de 30000 € par foyer fiscal, c'est à dire plus de 1 année de salaire pour la grande majorité des Français. Si intellectuellement c'est
envisageable, dans la réalité ça l'est beaucoup moins étant donné qu'aux premières prémices d'une telle démarche, l'effondrement de l'environnement financier plongerait le pays dans une situation
inextricable. Il faudrait une volonté générale d'acier pour d'une part ne pas risquer la guerre civile, d'autre part assumer les conséquences d'une telle position. Je serais curieux de
connaitre un scénario prévisionnel d'une telle démarche; 

Descartes 05/01/2012 16:09



Alors quelle est la porte de sortie de cet endettement qui réduit considérablement la liberté d'action de quelque gouvernement qui soit.


Dans l'histoire économique, la réponse a toujours été la même: l'inflation. C'est une forme de "défaut partiel doux" (on paye la dette, mais en argent dévalué...), qui a en plus l'immense
avantage d'être sélectif, plus lourd sur les rentes que sur les revenus du travail.


Je ne crois jamais avoir proposé le défaut comme solution miracle à la dette française. En même temps, il suffit de faire un calcul simple comme vous l'avez fait dans votre commentaire pour se
rendre compte que la dette ne sera jamais payée en totalité. Il reste donc à trouver un mécanisme qui rende socialement acceptable ce "non-payement" et qui le distribue convenablement entre les
différents acteurs économiques. Et l'inflation semble être le meilleur mécanisme.


Le problème, c'est que l'inflation ne peut être déclenchée et contrôlée que si l'on a la maîtrise de la politique monétaire. Aujourd'hui, cela suppose soit une sortie de l'Euro, soit un
changement fondamental de la mission de la BCE de manière à lui permettre une monétisation massive des dettes. La deuxième solution me paraît impossible, parce qu'une telle politique reporterait
la dette sur les "rentiers" européens, c'est à dire, les allemands. Reste la première...



dudu87 05/01/2012 11:56


Bonjour à vous,


 


J'ai beaucoup apprécié tes 2 derniers articles. Ah ! L'euro... En 1997, qu'avons-nous entendu, nous les électeurs du NON à Maastricht, le PCF aux ordres de
Moscou...ECT... L'histoire nous donne raison.


Maintenant revenons à Mélenchon.


« Je recommande
de lire Rocard chaque fois qu’il écrit. Il y a au moins deux intérêts à cela. D’une part on sait où en est la dérive des continents à gauche et d’autre part on trouve toujours des pépites à
recycler. Cette fois-ci son article est co-signé avec Pierre Larrouturou, un honnête homme de la deuxième gauche qui serait bien plus à l’aise au Front de Gauche que nulle part
ailleurs, »


Ces personnages n'ont eu de cesse que leur anti-communisme, pour Roccard de critiquer l'union de la gauche et programme commun. Nous lui devons le RMI et la CSG même s'il sut régler le problème
de la Nouvelle- Calédonie avec intelligence. Vouloir recruter ces 2 hommes politiques dans les rangs du FdG me font peur pour l'avenir. Ce sont de parfaits réformistes et + graves des Atlantistes
convaincus. Et malheureusement le ver est déjà dans le fruit ! Un exemple :


Depuis quelques temps un certain J.L Charpal participe à ce détournement. Ce monsieur écrit beaucoup chez Marianne et son idole serait J.F Khan, tout un programme. Il a publié sur son blog un
« essai », Refaire le Monde, rien que ça...


http://refairelemonde.unblog.fr/2009/09/20/refaire-le-monde/


Dans son texte de 50 pages, il analyse l'histoire de cette façon  parlant des « idéologies
grégaires »:


« Le nazisme apparaît bien comme une illustration affreusement tragique , mais conceptuellement exemplaire , de la nocivité mortelle des idéologies
grégaires . Quant à Hitler , il est l’ archétype , pour l’instant indépassable , ( quoique Staline le suive de près ) de l’être humain capable du pire . ( A ce sujet , je ne serais finalement pas
choqué outre mesure, si on les mettait tous les deux ex aequo sur la plus haute marche du podium, au championnat du monde , toutes époques confondues , de la
bêtise et de la saloperie humaines !) »


Et allez tout le monde dans le même sac !!! Et comme ce n'est pas suffisant, il parle de ce qu'aurait du être les intellectuels du 20°
siècle:


 »1° ARAGON . Ce fut un bon écrivain ,
un excellent poète . Je ne mets pas en doute son talent , mais ce ne fut pas un intellectuel . Toute sa vie il a encensé le fascisme rouge et léché , jusqu‘ au délire et à la nausée , les bottes
du monstrueux Staline . Une crapule stalinienne : voilà ce qu’ il fut .S’ il s’ était contenté d’ écrire des poèmes et des romans, il n’y aurait rien à dire.
Malheureusement il est intervenu , sans aucune compétence , dans un domaine qui le dépassait .  » Bien sûr tout le monde, Céline, Sartre ...ECT, ont droit à leur procès, tous des imbéciles et surtout pourquoi ce sont-ils mêlés de
politique !


Cette personne se dit être économiste. J'ai donné mon opinion sur le « Nous on peut » de Généreux. Pour moi, l'analyse contenue dans
ce bouquin est étriquée puisque rien n'est dit sur le rôle de Wall Street, du gouvernement US, du dollar et en général des grandes places boursières internationales. Je passe sur le commentaire
d'un internaute me disant que les places boursières ne servent plus rien.


Mais la réponse de notre « économiste » est édifiante : « Le dollar ne vaut plus rien, c'est un chiffon de
papier. »













Descartes 05/01/2012 12:21



Vouloir recruter ces 2 hommes politiques dans les rangs du FdG me font peur pour l'avenir.


Je ne crois pas que le but de JLM soit de "recruter ces deux hommes politiques", même si Larrouturou, girouette politique notoire (il est passé par l'UDF, le PS, EELV...) serait certainement prêt
à adhérer au FdG si celui-ci donnait un peu de visibilité à son obsession constante, la semaine de quatre jour et les 32 heures... Je pense que Mélenchon essaye pour la n-ième fois le coup de
trouver "sympa" un homme politique pour essayer d'attirer son électorat. Il avait fait le coup avec Bové, avec Cohn-Bendit... pourquoi pas avec Rocard ? Surtout que Mélenchon entame ces jours-ci
une offensive de charme vers l'électorat PS, avec des commentaires du genre "je suis plus socialiste que François Hollande". S'afficher avec Rocard, ça peut apporter quelques voix d'électeurs
d'une "deuxième gauche" qui ont toujours eu le coeur gauchiste et le portefeuille à droite.


Quant aux textes de J L Charpal... franchement, pas de quoi fouetter un chat. Ce genre de moralisme (pour faire simple, il y a les Méchants, et puis il y a les Gentils, et moi je suis un Gentil
dont il faut faire ce que je dis) à quatre sous est très répandu dans la gauche "bienpensante" de nos jours. Pas la peine de s'énerver.


 



Voltaire 05/01/2012 09:29


Bonjour,


Tout d'abord, meilleurs voeux pour 2012, jusqu'au 21 décembre et au-de-là.


Je n'ai pas très envie de me taper à l'oral l'intégralité du discours de ce bon Jean-Luc. Aussi me demandais-je s'il existerait quelque part une bonne âme disposant de la version écrite (elle
même absente du blog de ce bon Jean-Luc)?


Merci d'avance.

Descartes 05/01/2012 12:00



De quel discours tu parles ? Les discours de Jean-Luc ne sont disponibles sous forme écrite que si quelqu'un prend la peine, à partir de l'enregistrement oral, de les transcrire. En effet, la
technique de JLM est d'improviser ses discours en préparant un canevas général et en brodant dessus des paragraphes entiers qui'l connaît par coeur (c'est un peu pour cela qu'il tend à "recycler"
des paragraphes entiers). Il y a des gens qui se sont donné comme mission de faire cette transcription et la publier sur le blog de JLM. Si tu n'y trouves pas le texte, c'est que personne ne l'a
fait. Je doute dans ce cas que tu trouves le texte ailleurs...



Anass 05/01/2012 04:59


Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2012, ainsi qu'a notre pays.


Je suis un fidèle lecteur de votre excellent blog, mais c'est la première fois que je commente un de vos billets.


J'ai une question sur le secteur pétrolier en France, dont j'ignore tout ou presque, si la demande intérieure en produits pétroliers tend a diminuer, pourquoi est-ce que notre production
excédentaire ne s’écoule pas l'export? Après tout, il existe des pays dont les capacités de raffinage sont déficitaires ou me trompe-je?

Descartes 05/01/2012 12:27



Je suis un fidèle lecteur de votre excellent blog, mais c'est la première fois que je commente un de vos billets.


Je ne peux que vous encourager à continuer. C'est le retour que peuvent me faire mes lecteurs qui rend ce blog intéressant pour moi...


J'ai une question sur le secteur pétrolier en France, dont j'ignore tout ou presque, si la demande intérieure en produits pétroliers tend a diminuer, pourquoi est-ce que notre production
excédentaire ne s’écoule pas l'export? Après tout, il existe des pays dont les capacités de raffinage sont déficitaires ou me trompe-je?


Il y a un problème de logistique. Les produits pétroliers raffinés sont chers à transporter, c'est pourquoi on tend à transporter sur des grandes distances du pétrole brut, qui est ensuite
raffiné et vendu sur place. Par ailleurs, les "tuyaux" sont construits en fonction d'une certaine distribution sur le territoire. Il n'est pas facile de rediriger les flux vers d'autres
contrées...


 



Bannette 04/01/2012 20:22


Bonjour,


J'ai toujours senti que vous aviez beaucoup de sympathie pour Mélenchon, quand bien même vous le critiquiez vertement ou en maniant l'ironie.


Je pense que son problème, comme vous le dîtes, vient de son entourage (choisi auprès de personnes en qui il a confiance - Mélenchon me parait être quelqu'un de très affectif et émotif),
mais on ne peut l'excuser du fait que c'est lui qui les choisit. D'un autre côté, votre appel à des expertises chiffrées ne peut se faire qu'auprès d'équipes qualifiées, qui ont le temps et qui
s'isolent pour le faire, et pour moi, des experts doivent être rémunérés. Mettons que s'il veut faire appel à un groupe d'experts pour chiffrer une "transition énergétique" et commander plusieurs
scénarios pour choisir un qui est faisable, il faut non seulement trouver, mais payer ces gens.


Comme toi, je trouve très dommage cette absence de fonds, car Mélenchon est dans son allure et sa façon de s'exprimer (je veux dire sa culture, son attachement républicain, son amour sincère pour
son pays, sa générosité, son talent oratoire qui le place très largement au dessus du lot), ce qui me plait le plus dans le marasme politique actuel. En fait, le fils caché de Mélenchon et
Chevènement serait l'Homme d'Etat idéal ^^!


Mais en l'état il est à peu près ce que Obama est aux américains, un rendez-vous manqué.

Descartes 05/01/2012 14:42



J'ai toujours senti que vous aviez beaucoup de sympathie pour Mélenchon, quand bien même vous le critiquiez vertement ou en maniant l'ironie.


J'ai la plus grande tendresse pour Mélenchon, que j'ai eu le plaisir de fréquenter personnellement. Mais cela ne m'aveugle pas - et ne devrait aveugler personne - au point d'ignorer ses
limitations. J'ai beaucoup d'amis chers qui n'ont pas ce qu'il faut pour être présidents de la République... et ce n'est pas leur faire injure que de le remarquer.


Je pense que son problème, comme vous le dîtes, vient de son entourage (choisi auprès de personnes en qui il a confiance - Mélenchon me parait être quelqu'un de très affectif et émotif),
mais on ne peut l'excuser du fait que c'est lui qui les choisit.


Précisement. Mélenchon a gardé de sa formation gauchiste une méfiance pathologique et un mépris pour la technique qui l'empêche de structurer son mouvement et de s'entourer d'autre chose que
d'apparatchiks politiques. Qui sont peut-être très bons lorsqu'il s'agit de magouiller une liste, mais qui sont nuisibles lorsqu'il s'agit de formuler de manière crédible une politique.


D'un autre côté, votre appel à des expertises chiffrées ne peut se faire qu'auprès d'équipes qualifiées, qui ont le temps et qui s'isolent pour le faire, et pour moi, des experts doivent être
rémunérés.


Pourquoi voulez-vous les "rémunérer" ? Je connais beaucoup de gens qui sont des techniciens reconnus et des experts dans leur domaine et qui seraient tout à fait disposés à consacrer leurs
compétences à ce travail bénévolement. Ce que les "experts" cherchent, c'est moins d'être rémunérés que d'être écoutés. Il est évident que si le candidat ignore leurs travaux et balaye ceux-ci
d'un revers de manche pour faire plaisir à tel ou tel allié électoral, les "experts" finiront par conclure que leurs efforts sont en pure perte et s'en iront. 


En fait, le fils caché de Mélenchon et Chevènement serait l'Homme d'Etat idéal !


Tout à fait: le politique qui aurait le talent de Mélenchon pour la forme et le cerveau de Chèvenement pour le fond serait décidément un grand homme!


 


 



Marcailloux 04/01/2012 19:28


Bonsoir,


……..Malheureusement, je crains qu'il [JPC] ne soit trop vieux pour prendre un rôle de premier plan…..


Le rôle qu’il se propose de " jouer " est probablement –même certainement à mon avis – celui de guide, car il semble bien que les uns et les autres des candidats ne savent précisément où ils ont
l’intention d’aller.Un proverbe suisse dit:" Quand on ne sait pas où l'on va, il ne faut pas s'étonner d'arriver ailleurs" 


Comme Argeles,  je partage l’assentiment à 100% et suis très déçu de constater qu’il n’est apparemment pas possible en France de réunir non pas deux comme vous l’évoquez Descartes, mais
trois équipes réduites compétentes et efficientes.


- Une sur les 4 ou 5 grandes orientations qui déterminent l’ensemble d’une politique qui monte des dossiers défendables et ambitieux mais réalistes sans s’étendre dans les détails que vous nommez
lettre au père Noël.


Vous noterez au passage que JP Chevènement ne tombe absolument pas dans ce travers, ce qui contribue à lui donner la dimension d’homme d’Etat.


- Une seconde pour le débat de campagne sur essentiellement les sujets maîtrisés par la première équipe, c’est à dire ne pas se laisser entraîner des batailles de chiffonniers.


- Une troisième constituée de " ministrables " chargés éventuellement de mettre en œuvre la politique proposée, restant à l’abri (relativement) du risque de lynchage médiatique dont il faut
s’attendre dans la prochaine campagne.


- Les membres de cette équipe privilégiant les négociations de coulisse.


N’existe t – il pas une trentaine de personnes, en France, pour assumer cette responsabilité. Faut il toujours se complaire dans des alliances consanguines.


Enfin, et je sais que ma position sera contestée, je n’arrive pas à comprendre qu’un pays, comme d’une certaine façon un ménage, puisse durablement vivre et prétendre à la souveraineté avec une
dette colossale, surtout en régime de " croisière " ce qui est le cas de la France depuis quelques années .


Je suis étonné de mesurer le nombre très majoritaire, dans mon entourage, de gens qui ne savent pas pour qui ils vont voter fin avril. J’entends de plus en plus d’adepte du vote blanc. Cela me
paraît un signe de profonde déshérence de la confiance vis à vis du politique et de cela, je me demande si ceux qui pérorent à la télé ont bien conscience. Et pourtant, il y a une voie étroite
faite de courage et de lucidité que nous devons soutenir même sans espoir lucide de réussite. Pour moi, seul JP Chevènement l’incarne à ce jour. Attendons un peu, voyons et écoutons………avec votre
aide Descartes

Descartes 05/01/2012 14:49



Le rôle qu’il se propose de "jouer" est probablement –même certainement à mon avis – celui de guide,


Je pense qu'il aspire à jouer, comme il l'a souvent fait, un rôle d'influence. Il faut dire que c'est l'un des rares hommes politiques qui n'étant pas dans un parti politique "institutionnel" ait
une véritable crédibilité pour gouverner.


Enfin, et je sais que ma position sera contestée, je n’arrive pas à comprendre qu’un pays, comme d’une certaine façon un ménage, puisse durablement vivre et prétendre à la souveraineté avec
une dette colossale, surtout en régime de "croisière" ce qui est le cas de la France depuis quelques années.


J'avoue que je ne vois pas le problème. La dette résulte d'un choix politique (celui de baisser les impôts des classes moyennes et de réhabiliter les rentiers). Ce choix politique peut être
renversé. C'est ça, la souveraineté. Je te rappelle d'ailleurs que la différence entre un emprunteur souverain et un emprunteur normal est celle là: l'emprunteur normal rembourse s'il peut,
l'emprunteur souverain rembourse s'il veut.


Je suis étonné de mesurer le nombre très majoritaire, dans mon entourage, de gens qui ne savent pas pour qui ils vont voter fin avril.


Ca ne devrait pas t'étonner, pourtan. Moi-même, je n'ai pas la moindre idée pour qui j'irai voter...


 


 



argeles39 04/01/2012 19:15


Encore une déçue de Méluche


No estoy segura de que votaré al Sr. Mélanchon en las próximas
elecciones

Descartes 04/01/2012 19:58



Etrange...



Sonia Bastille 04/01/2012 17:32


 


@Descartes


tout d'abord mes meilleurs vœux républicains et longue vie à votre blog.


Je partage le contenu de votre billet.


Vous savez que je commente de temps à autre les notes de Jean-Luc Mélenchon sur son blog où nous avons déjà échangé.


J'écris de temps en temps des articles qui sont publiés soit par Darthé-Payan sur son blog soit par l'Arsin sur son site de diffusion.


Vous savez sans doute que bien que membre du PG, mais non moutonnière,  je me situe dans le républicanisme socialiste et je suis pour que notre pays sorte de l'Union Européenne et aussi de
l'euro. Professionnellement, je suis magistrat.


Je suis pour des transformations sociales, pour une politique économique volontariste en matière industrielle notamment et pour une refondation républicaine et laïque de notre pays. Aussi je suis
pour que la France retrouve sa pleine souveraineté  mais je souhaite tout cela dans le cadre de la légalité républicaine et du suffrage universel. Je suis totalement étrangère à
l'idéologie "gauchiste" ou encore "révolutionnariste permanente par la rue".


C'est régulièrement que je rappelle différents commentateurs soit à la réalité de la loi, soit  à la réalité de la constitution, soit des traités européens avec force
références aux articles et en précisant et délimitant le cade juridique.


Bien souvent, je retrouve en guise de réponse (?) des formulations dénuées de tout fondement juridique, constitutionnel, politique. Par contre, les réponses sont  pour une grande partie
purement et simplement idéologique et bien souvent du domaine du slogan, de l'incantation et du péremptoire.


J'ai a de multiples occasions rappelé que le Projet Populaire Partagé "L'Humain d'abord" dont le contenu a été couché sur le papier d'une façon un peu trop idéologique (dans le mauvais sens du
terme), non réfléchie, ni vu sous l'angle du droit, des faisabilités concrètes, ni sur le plan du financement donc d'un chiffrage rigoureux.


Votre billet soulève à la fois cet état de chose et aussi l'incapacité du candidat du Front de Gauche mais aussi ses conseillers(?) à sortir de la posture idéologique "gauchiste" et montre donc
par deux exemples : les rappels incessants à l'article 410-1 et aussi les possibilités de "opting in et opting out"professées par Généreux ou Jean-Luc Mélenchon. J'ai déjà rappelé sur le blog de
Jean-Luc Mélenchon l'infaisabilité actuelle de ce genre de dérogation une fois le traité signé.


Les partisans du Front de Gauche semble oublier aussi que nous sommes dans un état de droit, avec une constitution, dés lois votées par le parlement  et aussi des traités européens (que
l'on soit favorable ou opposé, cette constitution, ces lois et ces traités existent !).


J'ai eu des discussions sur la façon de procéder pour une assemblée constituante ou encore sur les possibilités de révision de la constitution du 04 octobre 1958 (article 89 §), je me suis
heurtée à un mur idéologique et bien souvent sectaire ! Je ne sais combien de commentaires sans aucun argument construit et concret d'une part et sans rapport avec les principes fondamentaux du
droit constitutionnel d'autre part. Ce n'était que de l'incantation verbale fortement teintée de "gauchisme" assez puéril.


Tout cela montre que le Front de Gauche n'a pas formé concrètement ses militants et notamment le PG, qu'il n'y a aucune "école des cadres" digne de ce nom ou d'experts. Les commentaires voire
certains militants du PG me répondent en me renvoyant à la "sainte bible" qu PPP "L'Humain d'abord" ou encore le livre de Jacques Généreux "Nous, on peut" de manière un peu hautaine !
Dernièrement, un échange avec un commentateur, me dit que pour le "processus constituant" le FdG a tranche c'est page 66 du Programme et hop on ne discute plus !


J'ai simplement répondu en disant que le Programme "L'Humain d'abord" n'était qu'un écrit politique et qui n'était en aucun cas ni un cadre juridique, ni une constitution !


 


Je reçus en retour une "volée de bois vert". Le modérateur en jetant un certain nombre à la corbeille !


Voilà ce que je voulais vous dire dans ce propos  que vous pouvez publiez dans le fil de commentaires de votre article "Mélenchon l'incorrigible" !


Bien cordialement à vous.


Sonia Bastille.


 

Descartes 04/01/2012 19:51



Merci de vos voeux. J'ai un peu suivi vos commentaires sur le blog de JLM, ainsi que les réactions des autres intervenants. Ces dernières ne devraient pas vous préoccuper: lorsqu'on intervient
sur un blog, c'est moins pour convaincre les autres participants (qui sont au mieux quelques dizaines) que pour participer à un débat dont les juges sont les "lecteurs silencieux", qui sont, eux,
plusieurs milliers. C'est comme cela qu'on peut semer dans les cerveaux des petites graines qui, avec un peu de chance, germeront plus tard et feront réflechir les gens. J'ajoute que si je
n'interviens plus sur le blog de JLM, c'est à cause de la politique de modération. Ecrire des interventions bien faites, avec des données statistiques et des faits vérifiés, cela prend du temps.
Et voir tout ce travail réduit à néant d'un clic par un modérateur (alors même qu'on respecte strictement la règle du jeu qu'est la "charte"), cela devient insupportable. C'est un manque de
respect. Je prefère consacrer ce temps à mon blog.


Vous savez sans doute que bien que membre du PG, mais non moutonnière,  je me situe dans le républicanisme socialiste et je suis pour que notre pays sorte de l'Union Européenne et aussi
de l'euro.(...) Je suis totalement étrangère à l'idéologie "gauchiste" ou encore "révolutionnariste permanente par la rue".


Avec ce positionnement, j'avoue avoir du mal à comprendre ce que vous faites au PG, qui dans toutes ses expressions propose exactement le contraire.


Les partisans du Front de Gauche semble oublier aussi que nous sommes dans un état de droit, avec une constitution, dés lois votées par le parlement  et aussi des traités européens
(que l'on soit favorable ou opposé, cette constitution, ces lois et ces traités existent !).


L'une des caractéristiques du gauchisme, c'est bien cette ambiguïté par rapport au droit. D'un côté, le gauchiste exige à corps et à cris le respect des droits que la loi lui garantissent, et
dénonce hautement chaque fois que ses adversaires violent la loi. D'un autre côté, il trouve normal que les "vrais" représentants du peuple - c'est à dire, lui - violent la loi lorsque cela les
arrange. Cette ambiguïté traduit une méconnaissance de l'histoire du droit. Et en particulier du fait que comme disait le révolutionnaire, "entre le faible et le fort, c'est la liberté qui
asservit et la Loi qui libère". La loi peut être bonne ou mauvaise, mais elle est toujours faite pour protéger le faible. Le fort n'en a pas besoin.


Tout cela montre que le Front de Gauche n'a pas formé concrètement ses militants et notamment le PG, qu'il n'y a aucune "école des cadres" digne de ce nom ou d'experts.


D'un autre coté, des militants non formés sont beaucoup plus faciles à contrôler et à manipuler... deux ou trois slogans bien sentis, un peu d'histrionisme, et vogue la galère...


 


 



argeles39 04/01/2012 14:30


Ton article, que je partage à 100 %, me rend triste, ou plutôt réactive ma tristesse car cela fait déjà 5 ou 6 mois que j'ai fini par admettre que Méluche n'a pas la carrure d'un chef d'état et
qu'il est très mal entouré (dans une entreprise la façon de bâtir une équipe est symptomatique des capacités de management d'un leader, en politique c'est sans doute révélateur des capacités à
endosser le costume de chef d'état).


Avec la déconfiture du néolibéralisme il y a un boulevard pour un changement de paradigme, mais il est clair que ni Hollande ni Méluche ne sont à la hauteur de l'événement. Si Chevènement y va je
voterais pour lui sans aucune hésitation, c'est le seul qui est crédible à gauche.

Descartes 04/01/2012 15:07



(...) Méluche n'a pas la carrure d'un chef d'état et qu'il est très mal entouré (dans une entreprise la façon de bâtir une équipe est symptomatique des capacités de management d'un leader, en
politique c'est sans doute révélateur des capacités à endosser le costume de chef d'état).



Tout à fait. Je pense que Mélenchon a conservé dans le choix de ses collaborateurs le vieux réflexe "gauchisto-conspiratif": s'entourer de gens "de confiance", qu'on connaît de longue date, même
s'ils sont politiquement ou intellectuellement médiocres. Les hommes d'Etat ont souvent su faire la différence, et avoir deux "cabinets" distincts: celui des "fidèles" (pour les basses oeuvres)
et celui des "compétents" (pour le boulot de fond).


Si Chevènement y va je voterais pour lui sans aucune hésitation, c'est le seul qui est crédible à gauche.


Tout à fait. Quelque soient les désaccords qu'on puisse avoir avec Chèvenement, c'est le seul qui porte un message cohérent dans sa trajectoire et intellectuellement rigoureux. Malheureusement,
je crains qu'il ne soit trop vieux pour prendre un rôle de premier plan.