"pro rege saepe, pro patria semper"

Le blog de descartes

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Publié le par Descartes

Jean-Luc Mélenchon est en train de réussir son pari. Avec pratiquement 10% des intentions de vote à l'heure ou j'écris, il semble assuré de faire un bon résultat et de pouvoir peser dans la suite. 

 

Mais les partisans du Front de Gauche devraient avoir le triomphe modeste. En fait, la réussite n'est pas aussi importante qu'elle n'y paraît. Il faut ici rappeler que le réservoir des voix de la "gauche radicale" aux présidentielles ont depuis 25 ans toujours dépassé 9%. En 1988, les scores combinés des candidat se la "gauche radicale" (Lajoinie, Juquin, Laguillier, Boussel)  atteignaient 11,23%. En 1995, sur le même périmètre politique (Hue, Laguillier) on en était à 13,94%. En 2002, Hue, Laguillier, Besancenot et Gluckstein arrivent à 13,72%. Ce n'est qu'en 2007, fait unique en 25 ans, que le total des voix de la "gauche radicale" tombe sur les 10%: Buffet, Laguillier, Besancenot, Schivardi et Bové totaliseront seulement 9%. La moyenne sur les quatre dernières élections est donc de 12%.

 

Les 10% - à quelques points près - de Mélenchon traduisent le fait qu'il a réussi à unifier la "gauche radicale" derrière sa candidature. Après avoir domestiqué le PCF, en échangeant la candidature présidentielle contre un accord pour les législatives - on y reviendra - il a asphyxié l'extrême-gauche traditionnelle: les scores de Poutou et d'Arthaud restent desespérement non significatifs. L'irresistible ascension du candidat du Front de Gauche dans les sondages ne traduit probablement pas, comme certains voudraient le croire, une reconquête de l'électorat populaire et ouvrier, mais plus simplement la mobilisation de l'électorat traditionnel de l'extrême-gauche.

 

Cette réussite n'allait pas de soi. Mais il faut dire que Jean-Luc Mélenchon a eu un grand maître. Mélenchon a bien appris - et admirablement appliqué - la stratégie mitterrandienne de vampirisation de l'électorat des organisations "amies". Pour prendre l'électorat d'extrême gauche, il a affiché un discours "gauchiste" suffisamment marqué (1), mais sans jamais entrer dans un conflit avec les organisations correspondantes, dont on "regrette" périodiquement qu'elles ne viennent rejoindre le mouvement. A chaque opportunité, il a "débauché" des personnalités de ces organisations en leur proposant des postes dans la sienne (2). Il a aussi admirablement manipulé l'appareil du PCF en lui promettant quelque chose pour plus tard - les candidatures législatives - en échange de quelque chose tout de suite - la candidature présidentielle.

 

La limite du raisonnement, comme je l'ai signalé dans ces colonnes plusieurs fois, c'est que contrairement à François Mitterrand, Mélenchon pêche dans un marigot trop petit. Le Beau François pouvait en 1981 avec un électorat communiste qui représentait bon an mal an un français sur cinq, et un électorat socialiste du même ordre. La "gauche radicale", comme je l'ai montré plus haut, représente ces temps-ci au mieux 14% de l'électorat, probablement moins. Pour sortir de ce marigot, il faudrait un changement de langage, des priorités, du projet. Que voulez-vous, le bas peuple ne comprend toujours pas la haute priorité qu'il faut accorder aux questions sociétales, et persiste à croire que la question de savoir si l'immigration fait baisser ses salaires est plus importante que la question de savoir s'il faut supprimer la case "mademoiselle" dans les formulaires administratifs. Or, un tel changement - pensez par exemple à la question du nucléaire - provoquerait la dislocation du fragile édifice que la stratégie mélenchonienne a construit et retournerait l'électorat gauchiste vers ses candidats naturels. Quoi qu'il en soit, il est maintenant un peu trop tard pour pleurer sur les pots cassés.

 

Admettons que Mélenchon fasse 14% des voix au premier tour. Le deuxième tour est déjà joué: comme je candidat du Front de Gauche l'a dit et répété, la tradition républicaine de la gauche implique le désistement automatique pour le candidat le mieux placé à l'issue du premier tour. Ce sera le désistement pour François Hollande sans négociation d'un accord de gouvernement. Dans ces conditions, le second tour semble lui aussi joué: François Hollande rentre à l'Elysée, forme un gouvernement... et c'est là que les choses se corsent.

 

Première possibilité: François Hollande forme un gouvernement socialiste homogène et chaque organisation va aux élections législatives sous ses propres couleurs. Cela laisse une énorme inconnue, à savoir, la répartition des candidatures et des circonscriptions "éligibles" entre les différentes composantes du Front de Gauche. On nous a expliqué il y a déjà quelques mois qu'un accord avait été trouvé entre les trois composantes du Front, mais curieusement cet accord n'a jamais été publié. Sera-t-il respecté ? Si Mélenchon faisait 14%, ne sera-t-il pas tenté - lui ou ses plus proches collaborateurs au PG - de remettre en cause cet accord en utilisant l'autorité acquise par leur champion pour obtenir une part plus large du gâteau ? Et ensuite, quid des "alternatifs" divers et variés montés sur le char du Front en chemin ? Est-ce que vous croyez vraiment qu'on va laisser la belle Clémentine sans circonscription ? Est-ce que vous croyez que les députés ex-communistes réfugiés dans la FASE céderont leur circonscription ?

 

Mais même avec 14%, cela ne garantit guère un succès du Front de Gauche aux législatives. En 2007, Marie-George Buffet s'est prise une veste avec 1,9% derrière un Besancenot caracolant à 4,1%. Mais aux législatives suivantes, le PC obtient 4,3 % et 15 sièges, alors que le NPA fait moins de 0,2% et n'a aucun siège. Ceci montre que les deux élections sont très largement découplées, et cela du fait de l'implantation plus ou moins ancienne des élus et du poids des alliances locales. Avec un président socialiste tout frais élu et réclamant un mandat clair pour gouverner, les candidats socialistes ont toutes les chances de se retrouver un peu partout en tête de la gauche... en d'autres termes, le Front de Gauche risque de perdre une bonne partie sinon la totalité de ses députés. Qui se trouvent être des députés PCF.

 

Ce qui nous amène à une deuxième possibilité, à mon sens la plus probable: que François Hollande, fraîchement élu, propose à l'ensemble de la gauche un "contrat de gouvernement", avec à la clé la réservation de circonscriptions et des postes ministériels pour ceux qui accepteraient de signer. Ce qui amènera le Front de Gauche à un conflit d'intérêt entre le PCF, qui a beaucoup à perdre dans l'histoire, et les autres organisations qui, n'ayant rien à perdre, peuvent se permettre d'être bien plus intransigeantes. Tout ça promet bien du sport.

 

En tout cas, le score de Mélenchon donne au Front de Gauche une nouvelle responsabilité, celle de penser l'avenir et de s'y préparer. Avec un tel score, il va falloir exercer le pouvoir, ce qui suppose faire des choix et des compromis. C'est une chose de réclamer la sortie du nucléaire quand on fait 4% et qu'on ne risque pas d'être entendu, c'en est une autre toute différente lorsque cette position risque de changer le réel et de se traduire par une électricité plus chère, des suppressions d'emplois et la désindustrialisation accrue d'un certain nombre de départements. Je pense qu'on n'a pas fini de s'amuser.

 

Descartes

 

 

(1) Il suffit de lire les notes publiées par le PG sur des sujets tel que le nucléaire ou les "droits des femmes" pour s'en convaincre. Un autre élément de la culture gauchiste reprise par le PG est la fascination pour les socialismes exotiques.  Mais le gauchisme se manifeste aussi dans le langage: la méfiance envers "ceux qui savent", l'utilisation permanente de l'agression personnelle contre ses adversaires...

 

(2) Leila Chaibi, pour ne donner qu'un exemple.

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stu 27/12/2012 01:16


Sur Besancenot et son désisterment pour favoriser JLM. J'avoue qu'à posteriori ça me laisse dubitatif. Quel était le mobile ? Son parti est encore plus mal en point après ça. J'ai dû mal à voir
ce que lui et ses amis avaient à gagner avec cette manoeuvre.

Descartes 27/12/2012 11:21



Sur Besancenot et son désisterment pour favoriser JLM. J'avoue qu'à posteriori ça me laisse dubitatif.


Je ne suis pas persuadé que Besancenot se soit "désisté pour favoriser Mélenchon". L'effacement de Besancenot résulte à mon avis plus d'un choix personnel et individuel que d'un plan politique
mûrement réflechi. Besancenot, il faut le dire, n'avait ni l'esprit ni l'envie de devenir un politique professionnel. Il fut une créature de Krivine - qui, lui, est un professionnel - pour
relancer la LCR et lui donner un visage ripoliné. Besancenot séduisait parce qu'il était nouveau, parce qu'il parlait un langage et avait une dégaine qui n'était pas celle des trotskards
historiques. Mais c'est le problème de notre société médiatique: les "coups" s'usent vite. Besancenot commençait sérieusement à se répéter, et risquait de devenir avec ses t-shirts, ses jeans et
ses baskets un icône aussi congelée qu'Arlette et son inusable "travailleurs, travailleuses". Besancenot n'avait pas en lui la capacité de se renouveler et de dépasser sa propre image. A partir
de là, il a préféré aller faire autre chose plutôt que de se fossiliser. L'irruption de Mélenchon n'a joué là dedans aucun rôle.


Il est vrai par contre qu'une partie non négligéable des cadres du NPA ont senti que leur mouvement s'épuisait alors que le l'expansion du Front de Gauche leur offrait une opportunité d'obtenir
des places, sans compter avec la possibilité de faire la carrée à leur ennemi historique, le PCF... c'est à mon avis de là que viennent les ralliements de ceux qui d'abord ont saboté la
candidature Poutou puis sont allés avec armes et bagages réjoindre le Front de Gauche...



stu 14/03/2012 18:59


Disons que ce fut une hypothèse, que j'ai cherché à la confirmer, et que j'ai réussi!


Est-ce qu'on peut avoir les détails croustillants ?!

Descartes 14/03/2012 19:17



Je crains que non. Je dois invoquer la protection de mes sources. L'information m'a été donnée en confiance par quelqu'un qui serait facilement identifié si je racontais l'histoire en entier...
et qui risquerait quelques ennuis de la part de ses "camarades".



stu 07/03/2012 19:49


En effet. Mais... Pourquoi Besancenot a choisi de se mettre en quarantaine médiatique. Pourquoi le NPA a choisi finalement de mettre en avant une personnalité aussi fade que Poutou. Crois,
moi, il n'y a pas de coïncidences dans ce bas monde...


Est-ce que c'est une intuition de ta part ou bien est-ce que tu as accès à des informations confirmant cette hypothèse ?

Descartes 07/03/2012 22:42



Est-ce que c'est une intuition de ta part ou bien est-ce que tu as accès à des informations confirmant cette hypothèse ?


Disons que ce fut une hypothèse, que j'ai cherché à la confirmer, et que j'ai réussi!



Jean-Mi 41 04/03/2012 16:42



Descartes 04/03/2012 17:10



encore un qui arrive sans texte... tu dois avoir unproblème avec ton navigateur. Envoie moi ton texte comme message, et je le ferai passer



Joe Liqueur 04/03/2012 14:43


@ Descartes


 


"C'est oublier un mécanisme plus global: les salaires sont fixés, en dernière instance, par le marché. En d'autres termes, par la confrontation de l'offre et de la demande."


 


Je comprends bien ton argument, mais celui-ci n'est plus valable dans le cadre d'une politique économique résolument productiviste, avec une planification étatique centralisée, a
fortiori dans le cadre d'une économie mixte à dominante publique, et a fortiori avec l'instauration d'un véritable droit au travail. Dans ce cadre-là, les salaires ne sont plus
fixés par le marché, ou alors marginalement, mais par l'Etat, i. e. par le peuple (sous un régime démocratique). Or ce sont là les idées que j'essaie de défendre (il paraît que tout cela est
"ringard", mais je n'en crois rien…).


 


Dans le cadre du système actuel, les salaires sont en effet fixés essentiellement par le jeu de l'offre et de la demande - et encore, il existe toujours un SMIC, mais avec le mécanisme européen
de privatsation et de flexibilisation (dit "MES"), ça pourrait changer très vite. D'où l'"intérêt" du chômage de masse, soigneusement entretenu par nos gouvernements successifs depuis 40 ans (et
là tu vas peut-être me dire que je cède à mes vilains penchants "complotistes").

Descartes 04/03/2012 14:52



Je comprends bien ton argument, mais celui-ci n'est plus valable dans le cadre d'une politique économique résolument productiviste, avec une planification étatique centralisée, a fortiori
dans le cadre d'une économie mixte à dominante publique, et a fortiori avec l'instauration d'un véritable droit au travail.


Dans un contexte ou les salaires seraient fixés administrativement, il est évident que l'immigration légale n'aurait aucun effet sur le salaire. Mais du coup, elle aurait un effet important sur
le chômage: comment en effet se rétablit l'équilibre lorsque la demande de travail est inférieure à l'offre ?


Dans ce cadre-là, les salaires ne sont plus fixés par le marché, ou alors marginalement, mais par l'Etat, i. e. par le peuple (sous un régime démocratique).


Le problème de ce système est comment équilibrer l'offre et la demande. L'avantage du marché - son seul avantage, mais il est de taille - est qu'il fixe un prix auquel l'offre et la demande
s'équilibrent. Si l'Etat fixe un salaire différent, on aura soit trop d'offre, soit trop de demande. Comment ferais-tu pour atteindre l'équilibre ?


D'où l'"intérêt" du chômage de masse, soigneusement entretenu par nos gouvernements successifs depuis 40 ans (et là tu vas peut-être me dire que je cède à mes vilains penchants
"complotistes").


Pas totalement.



Jean-Mi 41 04/03/2012 14:39



Descartes 04/03/2012 14:42



encore un texte arrivé vide...



Boers_mtl 04/03/2012 12:12


Bonjour Descartes,


 


Il y a une vidéo qui circule sur le net, très critique de Melenchon. Elle est d'Alain Soral. L'idée de commenter une vidéo ne vous viendrait peut-être pas à l'esprit, mais il faut savoir que son
argumentation est largement reprise un peu partout sur la réacosphère et semble très efficace. Vous êtes un homme de gauche et en même temps assez objectif, chose rare me semble-t-il. J'aimerais
beaucoup vous lire la-dessus. Bien à vous

Descartes 04/03/2012 14:25



La vidéo en question: http://www.youtube.com/watch?v=7xXF_RnbYwI&feature=related


Je n'aime pas le "ton" de Soral, pour les mêmes raisons, ironiquement, que je n'aime pas le "ton" de Mélenchon. Je n'aime pas l'utilisation de l'injure ou de l'outrance. Je n'aime pas non plus
chez Soral des analyses sur les juifs et les francs-maçons dans le mouvement ouvrier qui fleurent bon des idéologies d'un autre âge. Je trouve que la violence du propos affaiblit considérablement
l'analyse qu'il expose, qui est très loin d'être idiote.


Soral a une qualité: il ne se sent pas attaché au "politiquement correct", et du coup il lui arrive de dire des choses intéressantes et que certains prefèreraient oublier. Rappeler le discours de
Montignty, ou Georges Marchais reprenait ce qui était la politique constante du PCF et de la CGT pendant trente ans - politique que j'ai plusieurs fois rappélé ici - est à mon avis un rappel
nécessaire si l'on veut comprendre pourquoi le PCF aujourd'hui, dont Soral a raison de rappeler qu'il a été sacrifié à son appareil, n'arrive plus à établir le lien avec la classe ouvrière.
Rappeler ce que Mélenchon a pu dire lors de la ratification du traité de Maastricht, c'est là aussi un rappel nécessaire.


Je ne suis pas surpris que ce discours ait du succès dans la "réacosphère". De la même manière que le discours mélenchonien a du succès dans la "gauchistosphère". Mais les deux discours, du fait
de leurs violences et de leurs outrances, ne convaincront que les convaincus. Ils sont sans efficacité sur les électeurs de l'autre bord. C'est là la limite de ce genre de langage.



Joe Liqueur 04/03/2012 11:51


@ Descartes


 


Il faut dire quand même que dans son programme officiel, le Fd"G" propose un référendum sur la politique énergétique de la France, et n'exclut pas un "maintien d'un nucléaire sécurisé et
public". Au fait, je ne sais pas si tu as vu, il y a quelques semaines dans le Canard, Jean-Luc Porquet faisait son petit compte-rendu du rapport de la Cour des comptes, et
manifestement il n'avait pas lu le même rapport que toi…


 


Autre remarque, à propos de l'immigration : c'est l'immigration illégale qui peut faire baisser les salaires, pas l'immigration légale. Peut-on s'accorder sur ce point ?

Descartes 04/03/2012 12:44



Il faut dire quand même que dans son programme officiel, le Fd"G" propose un référendum sur la politique énergétique de la France, et n'exclut pas un "maintien d'un nucléaire sécurisé et
public".


Certes. Mais nous savons tous deux le pourquoi de cette proposition: dans la mesure où le PCF reste fortement pro-nucléaire et le PG au contraire ne perd l'opportunité d'affirmer qu'il faut en
sortir, il fallait bien trouver un compromis qui évite d'étaler les différences. Tu remarqueras aussi qu'un référendum implique une question à laquelle on pourrait répondre par "oui" ou "non".
J'imagine mal ce que cette question pourrait être s'agissant de fixer une "politique énergétique".


Au fait, je ne sais pas si tu as vu, il y a quelques semaines dans le Canard, Jean-Luc Porquet faisait son petit compte-rendu du rapport de la Cour des comptes, et manifestement il n'avait
pas lu le même rapport que toi…


Dans un rapport de 500 pages, on trouve toujours une phrase ou un paragraphe pour confirmer n'importe quel préjugé. L'article du "Canard" était tellement prévisible que j'aurais pu l'écrire avant
de le lire... et sans avoir le rapport.


Autre remarque, à propos de l'immigration : c'est l'immigration illégale qui peut faire baisser les salaires, pas l'immigration légale. Peut-on s'accorder sur ce point ?


Bien sur que non. L'immigration, qu'elle soit légale ou illégale, fait baisser les salaires. Je crois que ton erreur vient du fait que tu ne prends en compte qu'un mécanisme de baisse: celui qui
tient au fait que les immigrants illégaux travaillent souvent pour des salaires inférieurs aux minimums conventionnels et au SMIC.


C'est oublier un mécanisme plus global: les salaires sont fixés, en dernière instance, par le marché. En d'autres termes, par la confrontation de l'offre et de la demande. L'immigration légale
permet sur ce marché d'augmenter l'offre de travail, et par conséquence de faire baisser son prix. Pour illustrer avec un exemple, tout au long des années 1960 la France a accueilli une main
d'oeuvre immigrée massive - notament dans l'industrie automobile - qui était amenée en France par le patronat lui même, et qui a permis de maintenir les salaires bas. Cette immigration était
parfaitement légale...



Jean-Mi 41 04/03/2012 01:13


Voici un PS sérieux cette fois-ci que je souhaiterai voir intégré (merci par avance) à mon commentaire précédent:



Descartes 04/03/2012 10:28



Je n'ai rien compris... le "PS" en question est vide!



Jean-Mi 41 04/03/2012 01:00


Désolé pour mon message arrivé vide. J'essaie de le refaire en plus court: fair play, j'accordais 1/2 point sur 1 pour la réponse de Descartes évoquant l'ouverture de porte libertaire vers le
libéralisme, j'en conviens A la suite je disais que probablement vous vous creusiez tous bien la tête sur des détails pour rien à cause de notre système électoral qui semble si démocratique mais
qui cache une dérive totalitaire. En effet, les candidats- présidents sont-ils ceux les plus appropriés pour diriger le pays ou ceux qui ont le plus d' accointances avec le fric pour financer le
cout exhorbitant d'une campagne électorale, le tout agrémenté d'une bipolarisation de fait et de pressions maintenant prouvées sur les maires et pas seulement relativement à MLP mais aussi aux
autres "petits" candidats qui ne risquent donc pas de ce fait de devenir "grands", ni de se présenter à notre choix. Votre Chevênement: à la trappe, les uns ralliés au candidat lapin duracell,
les autres satellisés avant sortie d'orbite vers l'infini ...


A quand des votes d'adhésion et non pas de rejet, et au deuxième tour sans pince à linge sur le nez ?


En fait se polariser en ce moment sur les influences supposées des gauchistes ne me semble pas prioritaire quand des gens qui "ont la chance" de travailler et ont un salaire ne peuvent  se
loger et/ou manger et/ou se chauffer. Nous sommes en train de nous diriger vers un esclavage sous la bannière de la république et comme le dit un slogan du secours catholique: "La France est
riche...en pauvres". Mais aussi pas que. Et nos dirigeants qui dépensent sans compter pour lutter contre le terrorisme -en fait se proclament le droit de tirer sur les travailleurs ou
manifestants (lu dans  je ne sais plus quel article de traité) - veulent nous faire croire  que les riches vont partir se faire imposer ailleurs et qu'ils ne peuvent donc rien
faire  ce qui revient à céder à un chantage des plus nantis, bel ensemble de  contradictions !


Quant au choc des civilisations, le terme civilisation est certainement mal choisi mais il faut être bien aveugle à gauche pour ne pas comprendre que toutes choses égales par ailleurs, dans le
meilleur des cas pour nous, choc il y aura !


Cela me fait penser à Chamberlain (au moins lui sans illusions) et aussi aux gentils juifs au début de la WW2 qui ont accepté toutes les humiliations et contraintes pour se retrouver à se libérer
par le travail (Arbeit macht frei) avant de se faire calciner à peine morts, c'est plus propre et ça laisse moins de traces.


Aujourd'hui c'est les prolos Grecs qui trinquent, après-demain ce sera pour nous Français!


Nous en prenons le même chemin, si nous ne réagissons pas, nous aurons le désonheur et l'esclavage à la suite, et pas seulement le premier !


Avant l'heure, c'est pas l'heure mais après l'heure, c'est trop tard !


La voila l'urgence selon moi !


Liberté Egalité Fraternité !


Cordialement à tous


(PS: Et Descartes, faut arrêter les chocolats fourrés à la ganja, c'est pas bon pour ce que tu as..)


 

Descartes 04/03/2012 10:27



Désolé pour mon message arrivé vide. J'essaie de le refaire en plus court:


Quand on fait des commentaires détaillés sur ce blog, on a toujours intérêt à garder une copie jusqu'à publication... ce n'est pas la première fois qu'un message est perdu, et c'est autant
rageant pour l'auteur que pour moi!


A la suite je disais que probablement vous vous creusiez tous bien la tête sur des détails pour rien à cause de notre système électoral qui semble si démocratique mais qui cache une dérive
totalitaire. En effet, les candidats- présidents sont-ils ceux les plus appropriés pour diriger le pays ou ceux qui ont le plus d' accointances avec le fric pour financer le cout exhorbitant
d'une campagne électorale,


Je n'aime pas trop l'utilisation à tort et à travers du mot "totalitaire". Notre système électoral cache peut-être une "dérive antidémocratique", mais certainement pas "totalitaire". A ce que je
sache, les institutions de la République sont solidement implantées et la séparation des sphères publique et privée est effective. Je vois mal en quoi, à supposer même qu'on soit en ploutocratie
("le gouvernement des riches") on serait pour autant "totalitaire". Les mots ont un sens et il faut le respecter. 


Ensuite sur le fond: contrairement au système américain, où la dépense électorale est illimitée et le pouvoir des médias énorme, en France ce n'est pas l'argent investi qui fait les élections.
Balladur a dépensé plus d'argent que Chirac, et il a perdu. Les campagnes électorales restent finalement assez abordables dans notre pays.


le tout agrémenté d'une bipolarisation de fait et de pressions maintenant prouvées sur les maires et pas seulement relativement à MLP mais aussi aux autres "petits" candidats qui ne risquent
donc pas de ce fait de devenir "grands", ni de se présenter à notre choix.


Je vous accorde ce point: la méthode de "présentation" des candidats par les élus locaux joue dans certains cas un rôle néfaste. Mais il ne faut tout de même pas exagérer: le Front National est
devenu "grand" malgré ce système. Et Arlette Laguillier, qui n'a pas raté une seule élection malgré ce système, n'est pas devenue "grande" pour autant. Bayrou, au contraire, arrive toujours à se
présenter à nos suffrages et faire un score honorable tout en étant un homme seul (et avec faibles moyens financiers).


Il faut se rendre à une évidence: Ce n'est pas le système électoral qui empêche des idées "alternatives" de se faire entendre. C'est simplement que toute idée "alternative" est d'abord portée par
une minorité. Si Chèvenement est passé à la trappe, ce n'est pas parce que le méchant système l'a empêché de concourir, mais parce que son message, intransigeant sur les principes, technocratique
- au bon sens du terme - dans sa construction, n'est pas susceptible, quand bien même il aurait tout les moyens d'Hollande ou Sarkozy, de lui attirer la majorité. Et en démocratie, c'est le fait
de conquérir une majorité de ses concitoyens qui permet d'accéder au pouvoir.


Vous reprochez à "notre système électoral" quelque chose qui serait vrai dans n'importe quel système de vote. J'envisageais justement d'approfondir cette question dans un futur papier...


A quand des votes d'adhésion et non pas de rejet, et au deuxième tour sans pince à linge sur le nez ?


Hélas...


En fait se polariser en ce moment sur les influences supposées des gauchistes ne me semble pas prioritaire quand des gens qui "ont la chance" de travailler et ont un salaire ne peuvent 
se loger et/ou manger et/ou se chauffer.


Au contraire. C'est précisement parce que "les gens" se trouvent dans cette situation que le problème est vital. Parce que le gauchisme est justement là pour s'assurer que les projets
véritablement progressistes restent marginaux. En aiguillant les gens qui veulent un changement profond vers les problématiques "sociétales" et en les enfermant dans un discours qui est celui des
classes moyennes, on s'assure que rien de véritablement dangereux n'en ressorte.


C'est cela que je voudrais vous transmettre comme message: le débat sur le gauchisme n'est pour moi ni un débat purement académique, ni un réglement de comptes personnel. Le gauchisme est une
idéologie qui stérilise le combat politique en l'orientant vers une  vision du monde aberrante d'où rien de progressiste ne peut sortir. Que Mélenchon ait été annexé par cette engeance,
voilà la grande tragédie de cette élection.


Nous sommes en train de nous diriger vers un esclavage sous la bannière de la république et comme le dit un slogan du secours catholique: "La France est riche...en pauvres".


"Esclavage", tout comme "totalitarisme", sont des mots à employer avec précaution. Mais si vous pensez cela, alors vous-même vous devriez vous interroger sur le rôle d'un "gauchisme" qui nous
invite à nous intéresser d'abord au mariage homosexuel et à la suppréssion de la case "mademoiselle" dans les formulaires administratifs plutôt qu'aux questions de politique industrielle ou de
l'emploi.


Aujourd'hui c'est les prolos Grecs qui trinquent, après-demain ce sera pour nous Français! Nous en prenons le même chemin, si nous ne réagissons pas, nous aurons le désonheur et l'esclavage à
la suite, et pas seulement le premier !


Certes. Mais il ne suffit pas de "réagir" aveuglement. Pour changer les choses, il faut avoir un projet, ce qui suppose aussi d'avoir une analyse rationnelle de ce qui est en train de se passer.
Et c'est précisement ce que le gauchisme régnant nous empêche d'avoir. Tiens, cela ne vous étonne pas que lors de la ratification du traité de Maastricht n'ait été possible que grâce à
l'abstention de LO ?






Trubli 02/03/2012 17:28


Poutou ne vaut pas Besancenot, au moins médiatiquement,  ce qui facilite bien la tâche de Mélenchon. 

Descartes 03/03/2012 14:25



En effet. Mais... Pourquoi Besancenot a choisi de se mettre en quarantaine médiatique. Pourquoi le NPA a choisi finalement de mettre en avant une personnalité aussi fade que Poutou. Crois, moi,
il n'y a pas de coïncidences dans ce bas monde...



Sonia Bastille 02/03/2012 15:36


Bonjour Descartes,


Je ne sais si Jean-Luc Mélenchon va réussir son pari en atteignant voire en dépassant les 10 %... Ce qui est loin d'être fait car le tout dernier sondage Ifop Paris Match le donne clairement en
recul de 1% revenant à 8 %. François Hollande est toujours très haut (29,5%) et regagne des points à l'égard de Sarkozy (25,5%) (différence de 3,5 points en faveur du candidat
Socialiste). Marine LePen gagne 1 % et remonte à 18 %. François Bayrou progresse très légérement à 12,5%. Au second tour, François Hollande l'emporte très largement.


Bien sûr, il faut être prudent, les sondages électoraux ne sont que des photographies ou des expression d'intentions de vote de personnes sondées en un instant "T". Mais il y a quand
même une tendance c'est que Jean-Luc Mélenchon s'il atteint ou passe les 10 % n'aura que très modestement mordu sur l'électorat populaire et là je vous rejoins à la fois ce que vous dîtes
dans votre article et dans votre réponse à l'un des commentateurs, en pensant, comme vous, que le candidat du Front de Gauche ne mobilise que le camp du PG (fort modeste au demeurant 1 ou
2%, le camp des communistes, une grande partie de l'extrème gauche et quelques éparts du côté des électeurs écologistes plutôt idéologiquement de Gauche.


J'avais formulé en d'autres lieux que Marine LePen serait la gagnante de l'affaire grandguignolesque du non débat de "des Paroles et des Actes" sur France 2 et que Jean-Luc Mélenchon
passerait comme l'agressif, le virulent et que cela ne lui profiterait pas. (j'avais ici ou là dit mon accord avec le contenu de votre article "Marine LePen seule contre tous". Le sondage donne
les premièrs éléments de réponse... De plus, il fort possible que François Hollande avec sa proposition de tranche d'imposition à 75 % et ses discours assez connoté à gauche (cf son
discours  de hier soir au Palais des Sports de Gerland à Lyon) pique des intentions de vote à Mélenchon et qu'au final le 22 avril prochain et bien le candidat du Front de Gauche n'est qu'un
score inférieur à 10 %.


Je suis d'accord avec vous que la direction tant du PG que du PCF s'orriente maintenant vers une justification de très bon score de Mélenchon au premier tour même si n'atteignait pas ou s'il ne
franchissait pas les 10% ! Le Front de Gauche a agi ainsi lors des cantonales ! Super score malgré une perte sèche de 90 conseillers généraux et le laminage de pratiquement tous ceux venant du PS
mais estampillés PG (notamment dans l'ancien fief Mélenchonien de l'Essonne). Bref, je pense que le Front de Gauche et notamment la garde rapprochée de Jean-Luc Mélenchon sont et seront toujours
dans le déni des réalités !


Ne voit pas encore aujourd'hui sur le fil des commentaires de la dernière note du blog de Jean-Luc Mélenchon, des commentateurs affirmant que " Jean-Luc Mélenchon sera au second
tour !" (sic) sans apporter les moins éléments probants, de preuves, de réalités tant politiques que sondagières ?


Tout cette façon de procéder n'est pure autopersuation !


Ce n'est pas parce qu'ils [les commentateurs zélés du blog de JLM] sont persuadés que l'ensemble du corps électoral l'est !


L'autopersuation, l'incantation, le péremptoire, les diatribes et puis un "nonos" à ronger qui devient leur "diable de confort" (hier DSK, François Hollande et Marine LePen ou encore les agences
de notation...) permettent tant au "guide" (Jean-Luc Mélenchon) qu'aux "moines-soldats" de se comporter dans un autre monde ! Un autre monde fabriqué à leur vision déformée des réalités et du
déni de celles-ci.


Le lendemain du 22 avril va être dur ! La chute sera brutale. Mais les justificatifs d'excellents scores sont déjà dans les sous-entendus du futur objectif 10% ! Ojectif Lune ?! ou Nullisime ?!


A noter, à la lecture de l'Humanité de ce matin et notamment à propos de l'interview de Marie-George Buffet, du (non) projet et de la (non) vision industriel(s) du Front de Gauche ! Il y a de
quoi s'inquiéter ! Aucun sursaut ne transparait ! Aucun projet de reconstitution de notre capital industriel et de sa protection n'est proposé ! Aucune volonté de mobilisation, des producteurs,
de chacun et tous, autour d'objectifs de production qui permettent à la France de redevenir une grande puissance économique industrielle et souveraine, n'est mise en perspectives ! Il est loin le
temps ou le PCF, comme à Libération ou dans les années soixante se mobilisait (la CGT aussi) pour la production notamment industrielle du pays !

Descartes 03/03/2012 19:12



Je suis d'accord avec vous que la direction tant du PG que du PCF s'orriente maintenant vers une justification de très bon score de Mélenchon au premier tour


Il est intéressant de regarder la différence de réaction entre le PG et Mélenchon d'un côté et le PCF de l'autre. J'avais remarqué cette différence déjà lors des cantonales: d'un côté le PG
tordant les chiffres avec des corrections plus ou moins loufoques pour aboutir à un score "à deux chiffres", de l'autre le PCF reprenant le chiffre officiel du ministère de l'intérieur plaçant le
FdG à 9%. On retrouve le même schéma: Mélenchon sur son blog donnant pour évident que les intentions de vote pour lui sont au dessus de 10%... alors que sur le site du PCF on ne retrouve aucune
référence aux chiffres. Curieux, non ?


Je ne pense pas que la direction du PCF soit ravie de voir Mélenchon dépasser les 10%. Les dirigeants communistes savent très bien qu'il y aura une négociation compliquée à conduire avec leurs
partenaires du FdG pour les législatives, et que cette négociation sera d'autant plus difficile pour eux que le score de Mélenchon sera plus élevé. La direction du PCF ne demande qu'une chose:
que Mélenchon fasse plus de 5% (pour être remboursée des dépenses de campagne). Mais elle ne tient pas nécessairement à la voir beaucoup plus haut...


Ne voit pas encore aujourd'hui sur le fil des commentaires de la dernière note du blog de Jean-Luc Mélenchon, des commentateurs affirmant que " Jean-Luc Mélenchon sera au second
tour !" (sic)


J'avoue que je suis toujours surpris de lire ce genre d'interventions. Mais il est vrai qu'elles sont assez nombreuses... comme quoi, l'envie de croire fait des miracles.



stu 02/03/2012 10:14


Jibal:


Certains sondages nous donnent des points de comparaison par rapport à l'élection de 2007. Le sondage qui donne JLM à 9,5% (http://www.tns-sofres.com/_assets/files/2012.02.28-iv7.pdf) nous dit que 10 % des gens qui ont voté Royal disent qu'ils vont voter
pour JLM. Le problème si on soutient que c'est un transfert significatif, c'est qu'il faut aussi soutenir qu'il y a eu un transfert significatif à... droite. Car 14 % des électeurs de Royal
disent qu'ils vont voter à droite. On voit aussi que tous les électeurs de la gauche anti-libérale ne se reportent pas sur JLM, 30 % se reportent sur FH. Entre ceux qui partent vers FH et ceux
qui viennent de Royal, on a alors un bilan à peu près nul pour JLM et FH.


Au passage je mentionne un dossier sur les sondages sur le site nonfiction : http://www.nonfiction.fr/article-5543-les_sondages_sont_ils_democratiques_.htm

Descartes 03/03/2012 14:30



Je crois qu'il faut relativiser. Chaque candidat a une marge d'électorat "flotant" qui vote pour lui parce qu'il aime sa gueule et rien de plus, et qui est susceptible de voter un candidat de
bord opposé à l'élection suivante. Comme tu le dis, ces flux aléatoires finissent par se compenser.



Jibal 02/03/2012 08:51

"Oui, mais "la grande majorité des gens qu'on connait" ne constitue pas un échantillon représentatif." Absolument. D'où mon expression "mon pauvre petit bout de lorgnette" qui n'a pas du être
suffisamment explicite... Et d'où mon désir d'obtenir des sources un peu plus sérieuses en terme d'échantillon représentatif justement. "Si l'on admet que Mélenchon ait réussi à capter une partie
significative du vote PS, comment expliquer qu'Hollande arrive si haut dans les sondages ? " Je suis surpris que l'hypothèse d'un "glissement" ne vous ait pas effleuré : Car on peut aussi
raisonnablement penser que François Hollande puisse capter un certain nombre de voix venant d'électeurs venant du centre (voire même de la droite) ne désirant plus voter pour Nicolas Sarkozy.
Hypothèse similaire à celle que j'évoque pour le Front de Gauche captant des voix du PS. "Mais ce sont des sources tout à fait publiques, à savoir, les sondages, et sont donc à votre disposition
aussi." Oui mais où ? J'ai cherché et je ne suis pas parvenu à trouver de sondage détaillant la provenance politique de ceux qui comptent voter pour le Front de Gauche et montrant que ce sont,
majoritairement, des gens d'extrême gauche, comment vous l'écrivez. "Mais j'ai la nette impression que vous réfusez de les prendre en considération." Mais enfin c'est exactement tout le contraire
puisque je vous les demande ! "Si les électeurs qui ont voté aux dernières présidentielles pour le NPA ou LO semblent, comme vous dites, continuer à voter pour ces partis, comment expliquer que
Poutou et Arthaud soient en dessous de 1%, alors qu'aux dernières élections présidentielles les deux partis dépassaient les 2%" Je ne nie pas le fait qu'un certain nombre de personnes venant de
l'extrême gauche se rallient à présent au Front de Gauche (certaines composantes dudit Front, comme par exemple la Gauche Unitaire venant d'ailleurs clairement de cette mouvance), je doute
simplement (contrairement à vous) qu'ils soient nécessairement majoritaires au sein de l'électorat du Front de Gauche.

Descartes 03/03/2012 14:40



Je suis surpris que l'hypothèse d'un "glissement" ne vous ait pas effleuré : Car on peut aussi raisonnablement penser que François Hollande puisse capter un certain nombre de voix venant
d'électeurs venant du centre (voire même de la droite) ne désirant plus voter pour Nicolas Sarkozy.


Tout à fait. Mais si l'on admet que Mélenchon a capté une partie des électeurs du PS, on devrait voir s'accroitre la part du vote totale qui va vers la "gauche radicale". Or, celle-ci reste
autour de 9-10%, comme en 2007 (et bien moins qu'en 2002). Sauf à admettre que Mélenchon a perdu (au bénéfice de qui ?) autant de voix qu'il n'en a pris au PS, il y a un problème.


J'ai cherché et je ne suis pas parvenu à trouver de sondage détaillant la provenance politique de ceux qui comptent voter pour le Front de Gauche et montrant que ce sont, majoritairement, des
gens d'extrême gauche, comment vous l'écrivez.


Je vous le repète: tous les sondages montrent que la "gauche radicale" dans son ensemble est au même niveau qu'en 2007. Si l'on admet que des gens qui avant votaient PS votent aujourd'hui la
gauche radicale, il faut alors accepter que le même nombre parmi les gens qui en 2007 votaient "gauche radicale" votent aujourd'hui autre chose. Mais quoi ? EELV ? Eux non plus n'ont pas gagné
beaucoup de terrain par rapport  2007. Hollande ? Bayrou ? Sarkozy ? On a du mal à croire que les électeurs de Buffet, Besancenot ou Laguillier votent aujourd'hui à droite...


 


 



Jean-Mi 41 02/03/2012 00:53


Il faut le dire, Descartes se surpasse en nous sortant globalement un excellent travail ces temps derniers, mais comme l'a fait remarquer quelqu'un au sujet du nucléaire, chacun a ses propres
aveuglements.


Dans le même ordre d'idée, je suis d'accord aussi pour reconnaitre que " les fachos" ont été et sont peut-être encore un diable de confort pour les "gauchos", mais dommage que les "gauchos"
soient le diable de confort intellectuel de Descartes, enfin c'est ce que je ressens et compte tenu de ce qui a été dit sur l'évolution de la partition droite/gauche d'origine, je trouve que
c'est  lourdingue et improductif ces  obsessions inaltérables de part et d'autre...


Salut et fraternité à tous !


(PS: j'ai rien compris du message de celui qui s'exprime par insultes)


 

Descartes 03/03/2012 14:48



Dans le même ordre d'idée, je suis d'accord aussi pour reconnaitre que " les fachos" ont été et sont peut-être encore un diable de confort pour les "gauchos", mais dommage que les "gauchos"
soient le diable de confort intellectuel de Descartes,


J'entends votre critique... mais j'ai de quoi préparer ma défense. D'abord, comme vous l'avez compris, le propre d'un "diable de confort" c'est qu'on se le fabrique soi même, soit par
l'imagination (le "facho" dont je parle dans mon papier), soit en donnant à l'extrême droite un espace politique (comme le fit Mitterrand). Or, ce n'est pas moi qui ait fabriqué les "gauchistes".
Je ne les ai pas imaginés: dejà Lénine, en 1920, considérait le "gauchisme" suffisamment dangereux pour lui consacrer un livre: "Le gauchisme, maladie infantile du communisme". Ce n'est pas moi
non plus qui leur ai donné un espace politique: le gauchisme fut l'idéologie - et la pratique - au nom de laquelle on a mis par terre les institutions qui ont permis les "trente glorieuses" et
ouvert les portes à l'idéologie "libérale-libertaire". Et cela, ce n'est pas moi qui l'ai rêvé...



Jibal 01/03/2012 22:59


L'irresistible ascension du candidat du Front de Gauche dans les sondages ne traduit probablement pas, comme certains voudraient le croire, une reconquête de l'électorat populaire et ouvrier,
mais plus simplement la mobilisation de l'électorat traditionnel de l'extrême-gauche.


Je suis un peu étonné par cette assertion car la grande majorité des gens que je connais et  qui m'ont manifesté leur intention de voter Front de Gauche votaient auparavant plutôt PS (quand
il n'y étaient pas carrément encartés) qu'extrême gauche.


Ces derniers semblent plutôt vouloir continuer à voter pour le NPA ou LO ou pas du tout ("élections, piège à cons" et consorts)


Mais vous devez surement avoir de bien meilleures sources que mon pauvre petit bout de lorgnette pour affirmer celà de façon si péremptoire...

Descartes 02/03/2012 00:20



Je suis un peu étonné par cette assertion car la grande majorité des gens que je connais et  qui m'ont manifesté leur intention de voter Front de Gauche votaient auparavant plutôt PS
(quand il n'y étaient pas carrément encartés) qu'extrême gauche.


Oui, mais "la grande majorité des gens qu'on connait" ne constitue pas un échantillon représentatif. Si l'on admet que Mélenchon ait réussi à capter une partie significative du vote PS, comment
expliquer qu'Hollande arrive si haut dans les sondages ?


Mais vous devez surement avoir de bien meilleures sources que mon pauvre petit bout de lorgnette pour affirmer celà de façon si péremptoire...


Probablement. Mais ce sont des sources tout à fait publiques, à savoir, les sondages, et sont donc à votre disposition aussi. Mais j'ai la nette impression que vous réfusez de les prendre en
considération. Si les électeurs qui ont voté aux dernières présidentielles pour le NPA ou LO semblent, comme vous dites, continuer à voter pour ces partis, comment expliquer que Poutou et Arthaud
soient en dessous de 1%, alors qu'aux dernières élections présidentielles les deux partis dépassaient les 2% ? Si les anciens élécteurs du PS votent en nombre significatif pour Jean-Luc
Mélenchon, comment expliquer alors le score exceptionnel de François Hollande ?



Pablito Waal 29/02/2012 17:26


Bonjour,


juste une précision factuelle : on peut constater, avec l'infographie du Nouvel obs (http://tempsreel.nouvelobs.com/sondage-presidentielle-2012/20120207.OBS0739/infographie-le-comparateur-des-sondages-de-la-presidentielle.html),
que la barre des 10% n'est pour l'instant pas atteinte. Ipsos a même retoqué le candidat à 8%, en baisse. Mais la tendance haussière est nette chez la plupart des sondeurs pour Mélenchon.


Sinon j'adhère à cette idée selon laquelle Mélenchon ne fait que réunifier (ce qui n'est pas rien) la "gauche radicale". Mais il me semble que le score de 9% pour l'ensemble de cette "famille" en
2007 me semble moins être un accident qu'une érosion tendancielle, s'inscrivant dans un recul global de la gauche en cours depuis 1993.


Cependant, il faut se poser une question à laquelle aucun sondage, à ma connaissance, ne répond : quelle sera l'abstention? Si elle est plus élevée (et c'est à parier) qu'au premier tour de 2007,
alors un score de Mélenchon+Poutou+Arthaud (ou de Mélenchon, pour faire court) égal à 10% ou plus peut n'être qu'une illusion d'optique, à dégonfler en le recalculant par rapport au nombre
d'inscrits.

Descartes 01/03/2012 10:20



Juste une précision factuelle : on peut constater, avec l'infographie du Nouvel obs, que la barre des 10% n'est pour l'instant pas atteinte. Ipsos a même retoqué le candidat à 8%,


Vous avez probablement raison sur les faits, mais je crois que le but de mon papier vous a échapé. Il y a dans les troupes mélenchoniennes une sorte de débat récurrent sur la valeur des sondages,
et dans la logique calimeresque adoptée par le candidat (voir son recours contre la commission des sondages, qui bien que rejetée par le Conseil d'Etat, nous a permis au moins d'apprendre que
Raquel Garrido est avocate), de dénoncer avec véhémence les instituts de sondages qui ne donneraient pas les "vrais" chiffres (sous-entendu, au delà de 10%). Dans son dernier papier sur son blog,
Mélenchon ironise encore une fois sur cette question en titrant "Le jour où j'ai recueilli 9,99% dans les sondages". 


Comme souvent, ce genre de débats sont lancés pour faire oublier le point principal. Les propagandistes de la campagne du Front de Gauche se préparent à annoncer le franchissement de la barre des
10% comme un grand succès du candidat. Or, et c'est cela que je voulais montrer, le franchissement de la barre des 10% ne démontre qu'une seule chose: que le candidat a réussi à regrouper les
électeurs habituels de la "gauche radicale" derrière lui. Ce qui, compte tenu de l'esprit de tribu gauloise de l'extrême gauche n'est pas une mince affaire, mais ce n'est pas non plus le Pérou.
Et surtout, cette unité ne doit pas masquer l'élément fondamental: si Mélenchon a réussi à regrouper son éléctorat "naturel", il n'a pas jusqu'à maintenant réussi à l'élargir, notamment vers les
couches populaires qui ne votent pas - ou plus - pour cette gauche-là.


Sinon j'adhère à cette idée selon laquelle Mélenchon ne fait que réunifier (ce qui n'est pas rien) la "gauche radicale". Mais il me semble que le score de 9% pour l'ensemble de cette
"famille" en 2007 me semble moins être un accident qu'une érosion tendancielle, s'inscrivant dans un recul global de la gauche en cours depuis 1993.


Je ne sais pas. C'est très difficile de tirer des conclusions aussi fines à partir des résultats des élections présidentielles, qui arrivent tous les sept-cinq ans et qui tombent dans des
contextes économiques et politiques très différents. Les autres élections sont difficiles à interpréter, parce que les effets d'implantation locaux et de clientèle sont beaucoup plus forts.


Restent les considérations sociologiques: il n'y a aucune raison que la "gauche radicale" recule, au contraire. Les classes moyennes boboisées qui profitent sans vergogne du capitalisme libéral
ont besoin de "patchs" moraux pour soigner leur sentiment de culpabilité. Et dans ce domaine, quoi de mieux qu'une adhésion aux idées de la "gauche radicale" devenue compassionnelle et
victimiste, et dont on sait qu'elle n'a aucune chance de changer "radicalement" quoi que ce soit ? Dans la mesure où EELV sont devenus trop visiblement "libéraux-libertaires", cela ouvre un
boulevard à l'extrême gauche.


Cependant, il faut se poser une question à laquelle aucun sondage, à ma connaissance, ne répond : quelle sera l'abstention? Si elle est plus élevée (et c'est à parier) qu'au premier tour de
2007, alors un score de Mélenchon+Poutou+Arthaud (ou de Mélenchon, pour faire court) égal à 10% ou plus peut n'être qu'une illusion d'optique, à dégonfler en le recalculant par rapport au nombre
d'inscrits.


C'est une excellente question. Il y a effectivement de grandes chances que l'abstention soit plus forte aujourd'hui qu'en 2007, surtout dans l'électorat déçu de la droite... ce qui mécaniquement
risque de faire monter les pourcentages à gauche.