Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 10:09

"Quand les dieux veulent nous punir, ils réalisent nos rêves" (Goethe)

 

 

Le 7 février 1992 était signé le "Traité sur l'Union Européenne", aussi appelé "traité de Maastricht". Les parents du bébé qui aujourd'hui fête ses vingt ans se sont fait, il faut le souligner, extraordinairement discrets. Sur le site de l'Institut François Mitterrand, pas même un entrefilet, pas un colloque d'organisé, rien. Jacques Delors, Michel Rocard, Valéry Giscard d'Estaing et les autres, d'ordinaire si diserts lorsqu'il s'agit de donner des leçons au reste de l'univers, ne se sont même pas fendus d'une tribune de commande. Les hommes politiques - et tout particulièrement les candidats à l'élection présidentielle - à qui les journalistes demandent de présenter leur parcours se font extraordinairement discrets sur cet événement. 

 

On pourrait - ce serait cruel - rappeler les déclarations des hommes politiques à l'époque, d'ailleurs recueillis par Jean-Pierre Chèvenement dans un livre qui était désopilant à sa publication et qui le devient de plus en plus avec le temps. Faut il rappeler que selon Martine Aubry «L’Europe [avec Maastricht], ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (discours à Béthune,12/9/92) ? Que pour Julien Dray « Oui, pour aller de l’avant dans les conquêtes sociales, il n’est d’autre avenir que la Constitution de l’Europe.» (intervention à l'Assemblée nationale, 6/5/92) Que pour Michel Sapin (aujourd'hui l'un des principaux conseillers de François Hollande) « Le traité d’union européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. » (Le Figaro, 20/8/92) (1) ?

 

Le traité de Maastricht fut une capitulation, comparable sur beaucoup de points à l'armistice de 1940. Dans les deux cas, nous avons une classe politique confrontée à une crise grave - l'invasion allemande en 1940, la longue crise économique en 1992 - aboutissant à une crise de légitimité. Dans les deux cas, cette classe politique refusa quasi-unanimement de prendre ses responsabilités pour confier le pouvoir à un "sauveur suprême" extérieur - un vieux maréchal prestigieux en 1940, une commission de technocrates en 1992. Dans les deux cas, cette classe politique eut l'illusion que cela lui permettrait de continuer à exercer le pouvoir sans en prendre la responsabilité, et elle s'est trompée (2).

 

Mais la grande différence, c'est que lorsque les conséquences désastreuses de l'armistice furent évidentes, la classe politique qui y avait consenti a été clouée au pilori et écartée - avec quelques exceptions, tout de même - des responsabilités. Alors que celle qui a consenti l'abandon de Maastricht continue à se pavaner dans les étranges lucarnes et nous expliquer qu'aujourd'hui comme hier elle a la solution à tous nos problèmes. C'est pourquoi rappeller qui a dit quoi en 1992 est absolument nécessaire. Et il ne faut pas permettre aux candidats à la présidence de la République de mettre cette affaire sous le tapis. A ce titre, il n'est pas inutile de rappeler ce que disait Jean-Luc Mélenchon en 1992, à la tribune du sénat. Voici son intervention in extenso, telle qu'elle figure au journal de la séance du 9 juin 1992:

 

M. le Président. La parole est à M. Mélenchon. (applaudissements sur les travées socialistes).

M. Jean-Luc Mélenchon. Monsieur le président, monsieur le ministre d’Etat, monsieur le garde des sceaux, mes chers collègues, le vote du Danemark a pesé assez lourd sur le déroulement de nos débats pour que certains de nos collègues aient, à un moment, jugé opportun de faire un tableau justifié et apprécié des vertus de ce « grand petit peuple ».

Tableau justifié et apprécié, certes, mais incomplet : que de leçons seraient encore à tirées des vertus des Danois, clamées ici et portées si haut ? Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

J’ai pensé, mes chers collègues, que vous apprécierez que l’on complétât ce tableau en rappelant qu’il y aurait peut-être quelque chose à apprendre des Danois en examinant le régime qu’ils appliquent aux étrangers aux élections locales ! (applaudissements sur les travées socialistes.)

M. Guy Allouche. Très bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. Sans cette précision, que vaut ce portrait ? Rien, comme bien des prétextes qui ont été avancés dans la discussion.

Le vote des étrangers aux élections locales, qui a occupé tant de place dans la presse, a pris parfois un tour dur, injuste, blessant, lorsque, le prétexte se révélant trop inconsistant, il a fallu ajouter derrière le Belge ou l’Italien, qui ne faisaient peur à personne, l’ombre de l’Africain et du Maghrébin, qui paraît-il, sont ce qu’il y a de pire. Or, pour la majorité d’entre nous, Africains et Maghrébins sont des amis et nous espérons bien voir un jour le suffrage universel étendu à tous.

Certains ont prétendu que nous serions incapables de répliquer à l’argument selon lequel toute la procédure engagée devant notre assemblée résulterait d’un contresens, le traité étant devenu inapplicable et caduc.

L’essentiel a déjà été dit à ce sujet. Mais quoi ? après tant de gargarismes sur la grandeur de la France, sur son rôle dans le monde, on trouverait bon, un des partenaires venant à faire défaut, de renoncer à tout, en particulier à la volonté que nous portons en nous de faire l’Europe ?

N’ayons pas honte de ce traité. Déjà, il va au-delà de la situation actuelle, il constitue une avancée.

En tant qu’homme de gauche, je souhaiterais me tourner un instant vers certains de nos amis (l’orateur se tourne vers les travées communistes) pour leur faire entendre que Maastricht est un compromis de gauche : pour la première fois, dans un traité de cette nature, des mesures d’encadrement du marché sont prévues ; pour la première fois, citoyenneté et nationalité sont dissociées ; pour la première fois, les syndicats vont être associés aux processus décisionnels. (protestations sur les travées communistes. – Applaudissements sur les travées socialistes.)

Mme Marie-Claude Beaudeau. Les chômeurs vont disparaître ?

M. Jean-Luc Mélenchon. Si l’on veut dresser un tableau complet, tout cela doit être dit.

Politique politicienne, paraît-il. Nous gouvernerions ce pays l’œil rivé sur le rétroviseur, nous demandant ce que les uns ou les autres vont penser de ce que nous avons conclu. Vous plaisantez ! Aucune cause franco-française, à plus forte raison aucune cause de lutte politicienne ne parvient au niveau auquel se situent les enjeux de Maastricht. S’il en résulte un peu de désordre parmi vous, nous ferons avec !

Mme Hélène Luc. Pour le désordre, vous pouvez parler, parce que chez vous…

M. Jean-Luc Mélenchon. Le fil noir de l’intégration serait, a-t-on dit, un projet sans flamme ; on vérifie une fois de plus que la flamme ne s’allume pas aux mêmes objets pour tous !

Mais l’intégration représente un plus pour nous ; la construction de la nation européenne est un idéal qui nourrit notre passion. Nous sommes fiers, nous sommes heureux de participer à cette construction.

Nous sommes fiers de savoir qu’il va en résulter des éléments de puissance, qu’un magistère nouveau va être proposé à la France, à ma génération, dans le monde futur, qui est monde en sursis, injuste, violent, dominé pour l’instant pas une seul puissance.

Demain, avec la monnaie unique, cette monnaie unique de premier vendeur, premier acheteur, premier producteur, représentant la première masse monétaire du monde, l’Europe sera aussi porteuse de civilisation, de culture, de réseaux de solidarité, come aujourd’hui le dollar porte la violence dans les rapports simples et brutaux qu’entretiennent les Etats-Unis d’Amérique avec le reste du monde.

M. Emmanuel Hamel. Et la violence du 6 juin 1944 !

M. Jean-Luc Mélenchon. Il ya ici assez d’Européens de longue main pour regretter la décision des Danois sans se laisser pour autant détourner des objectifs qu’ils poursuivent et poursuivront sans relâche.

Il y va, je le répète, d’un enjeu de civilisation. L’alternative au monde violent et injuste, où la chute du mur de Berlin reçoit en écho les émeutes de Los Angeles, c’est l’avènement de la nation européenne porteuse de paix, de civilisation et de solidarité.

  M. Félix Leyzour. Cela commence bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. Et nous ne serons jamais autant Français qu’en y jetant toutes nos forces.

On a invoqué ici, de nombreuses fois, la tradition républicaine de la France pour argumenter contre le progrès de la citoyenneté européenne que constitue le droit de vote accordé aux étrangers communautaires. C’est à mes yeux commettre un contresens et faire preuve d’un archaïsme totalement contraire à la philosophie politique qui a présidé à la fondation de la République dans notre pays et qui garantit la continuité du principe républicain et sa formidable prégnance.

On a dessiné devant nous une identité de la France quasi métaphysique, dans laquelle la souveraineté nationale est confondue avec ses instruments, dont la pérennité tracerait la frontière entre la vie et la mort de la nation. Contresens !

La nation est un mot nouveau qui est né pendant la Révolution française, par opposition au morcellement féodal des peuples de France sous la monarchie.

La nation est le lieu de la citoyenneté ; elle n’est ni éthique, ni religieuse, ni linguistique. La citoyenneté est dans l’exercice collectif du pouvoir. Là où est le pouvoir réel, là doit s’exercer la citoyenneté. Là où est la citoyenneté, là est la nation.

Tout se tient dans la tradition française entre la démocratie et la nation. Si le pouvoir réel de maîtriser notre destin ne peut prendre toute sa réalité économique et sociale qu’à l’échelle de l’Europe, alors, les vrais démocrates ne peuvent que vouloir l’avènement de la nation européenne et, avec elle, de la citoyenneté européenne.

 

Mes chers collègues, quand on aime la France – et on peut l’aimer de bien des façons – on sait qu’on ne peut la faire dans un seul pays.

La véritable polarisation du débat politique est là, elle traverse l’histoire de nos deux siècles de République. D’un côté, le conservatisme – ce n’est pas honteux – qui s’oppose à chaque étape au processus qui voit la citoyenneté étendre son rôle. De l’autre, le camp du progrès, qui saisit toutes les occasions de confier le pouvoir réel au plus grand nombre et qui, pour cela, parie toujours sur la dimension universelle de la personne, renvoie les différences les plus essentielles – la fois, la langue, l’attachement aux identités locales dans le domaine privé – pour ne reconnaître comme sujet de l’histoire que le citoyen défini par les droits mutuels universels.

Ces principes, nous les portons avec fierté. A l’heur où nous travaillons à une cause aussi fondamentalement française, il ne peut être question de délibérer sous la pression des mots, des fantasmes et même des leçons de patriotisme.

Si j’adhère aux avancées du Traité de Maastricht en matière de citoyenneté européenne, bien qu’elles soient insuffisantes à nos yeux, vous devez le savoir, c’est parce que le plus grand nombre d’entre nous y voient un pas vers ce qui compte, vers ce que nous voulons et portons sans nous cacher : la volonté de voir naître la nation européenne et, avec elle, le patriotisme nouveau qu’elle appelle. (applaudissements sur les travées socialistes).


Pourquoi était-il important de rappeler ce texte ? Parce que Jean-Luc Mélenchon, en dehors d'un très brève moment de vérité lors de son passage à "Des paroles et des actes" sur France 2 ("sur Maastricht, Chevènement avait raison") maintien un flou assez artistique sur sa position de l'époque et sur ses changements successifs. Si l'on écoute ses discours (celui de Montpellier hier, pour ne prendre qu'un exemple) l'Europe libérale commence avec Lisbonne. C'est une falsification: la monnaie unique, la banque centrale européenne indépendante dont la politique monétaire n'a pour but que le contrôle de l'inflation, les critères de déficit et de dette, le contrôle budgétaire par Bruxelles, le marché "libre et non faussé" et la privatisation des services publiques, tout cela figure dans Maastricht. Lisbonne n'a fait que préciser et reprendre. Bien sur, le discours anti-Lisbonne est commode, parce qu'il permet d'attribuer les pêchés à un président de droite - Sarkozy - alors qu'un retour sur Maastricht mettrait le blâme sur un président de gauche - Mitterrand - président dont Mélenchon fut, sur cette question comme sur d'autres, un ardent supporter. Et l'extrait ci-dessus ne laisse aucun doute sur la question.

 

Mélenchon parsème aujourd'hui son discours de référence à la "patrie républicaine" et fait chanter La Marseillaise à la fin des meetings. Mais en 1992, il chantait avec exactement la même passion et le même style les louanges de la "nation européenne" et "le patriotisme nouveau qu'elle appelle". Aujourd'hui, ce sont les grandes embrassades avec les communistes, mais en 1992 il associait les communistes - opposés au traité - aux "conservateurs qui s'opposent à chaque étape au processus qui voit la citoyenneté étendre son rôle" alors que le "camp du progrès" - les partisans du traité, dans ce contexte - ne cherchaient qu'à "confier le pouvoir réel au plus grand nombre". Et pour couronner le tout, cette "monnaie unique (...) porteuse de civilisation, de culture, de réseaux de solidarité" et "l'encadrement du marché".

 

Il serait injuste de singulariser le cas Mélenchon. Son aveuglement fut en effet largement partagé par une bonne partie de la gauche, à la notable exception du Parti Communiste. Même l'extrême gauche y fut sensible: rappelons que le traité fut ratifié en partie grâce à l'appel à l'abstention de l'extrême gauche (3). Ce qui singularise Mélenchon, c'est qu'il est peut-être le seul dirigeant de premier rang qui ait changé radicalement son discours depuis 1992, et qui soutienne aujourd'hui exactement le contraire de ce qu'il défendait hier. Hollande, Sarkozy, Bayrou et même Le Pen assument aujourd'hui le choix qu'ils ont fait en 1992. Mélenchon non. Vous me direz qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, et vous aurez raison. Mais dans ce cas, on n'a pas le droit de revendiquer une continuité qui n'existe pas. Il doit admettre sans ambiguïté qu'il a changé d'avis, et nous expliquer pourquoi. Sans cette explication, il reste toujours un doute sur sa sincérité: était-il sincère en 1992 ? Est-il sincère aujourd'hui ?

 

Quoi qu'il en soit, si sa lettre subsiste l'esprit de Maastricht est mort et bien mort. Ce matin Didier Migaud, commentant le rapport annuel de la Cour des Comptes a remarqué que la question de la dette publique était une "question de souveraineté" et qu'un déficit excessif nous faisait courir le risque d'une "perte de souveraineté". Il y a vingt ans, ces remarques auraient été considérées par la classe médiatique et politique comme étant de très mauvais goût. Après tout, pourquoi chercher à préserver la souveraineté si l'avenir est au contraire à la "souveraineté partagée" et aux "transferts de souveraineté" vers une "nation européenne" ? Que le président de la Cour, ancien député socialiste au surplus, s'exprimant sur les ondes nationales, tienne un discours qui fait de la "préservation de la souveraineté" un objectif fondamental des politiques publiques, c'est une petite révolution.

 

 

Descartes

 

 

(1) Peut-être celui qui a le mieux résumé l'ambiance dans le camp europhile de l'époque est Bernard Kouchner, qui dans un discours prononcé à Tours le 8 septembre 1992 déclarait: « Avec Maastricht, on rira beaucoup plus. ». Et, oui, Bernard, il suffit de se promener dans les rues d'Athènes pour constater combien les gens "rient" aujourd'hui.

 

(2) L'analogie ne s'arrête pas là. Comme en 1940, la ligne de fracture entre les pro- et les anti-Maastricht a été la ligne jacobins/girondins plutôt que la traditionnelle ligne gauche/droite.

 

(3) Il eut suffi un déplacement de 250.000 voix pour changer le résultat du référendum. Un engagement résolu de l'extrême gauche aurait donc pu changer les choses. Encore un fait que beaucoup à gauche préfèrent oublier...

Par Descartes - Communauté : Les blogs républicains
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Commentaires

"Il eut suffi un déplacement de 250.000 voix pour changer le résultat du référendum. Un engagement résolu de l'extrême gauche aurait donc pu changer les choses. Encore un fait que beaucoup à gauche préfèrent oublier..."

Ce que vous écrivez me fait penser à l'intervention de Nathalie Artaud de Lutte Ouvrière sur BFM radio hier soir.

Interrogée sur sa position concernant l'Euro, celle-ci a benoitement expliqué qu'Euro ou Franc cela ne faisait pas de différence car c'était toujours les mêmes bas salaires pour les travailleurs. Au final elle était pour le maintien de l'Euro. Je me suis dit que cette pauvre dame n'avait pas étudié la question en profondeur. Parce que dans une économie de libre-échange la parité de la monnaie par rapport à d'autres monnaies est capitale. 

Interrogée sur les délocalisations, Artaud expliqua qu'elle était pour le libre échange, que cela ne la gênait pas de voir Renault construire une usine géante au Maroc tant que l'emploi en France n'est pas attaqué, bref tant qu'il n'y a pas de suppression de poste.  Cette dame n'a pas réfléchi aux conséquences d'une balance des transactions courantes déficitaire chaque année

Si bien qu'un des chef d'entreprise présent a enjoint à voter pour elle plutôt que Mélenchon. Tu m'étonnes. Avec une bonne pâte comme cette dame, le "système" peut dormir tranquillement. 

Depuis la chute du mur, l'extrême gauche n'est pas au point sur ces questions européennes et internationales, Confondant internationalisme et mondialisation économique. Ils devraient méditer ce que disait Keynes. Keynes fervent partisan de la circulation des idées, de l'art, lde a circulation des hommes mais qui mettait en garde contre une trop grande interdépendance économique des nations. 

Commentaire n°1 posté par Trubli le 09/02/2012 à 18h45

Interrogée sur sa position concernant l'Euro, celle-ci a benoitement expliqué qu'Euro ou Franc cela ne faisait pas de différence car c'était toujours les mêmes bas salaires pour les travailleurs. Au final elle était pour le maintien de l'Euro.

Rien de surprenant là-dedans. L'extrême gauche française a le même comportement au moins depuis les années 1930: un discours radical mais qui dans les faits aboutit toujours à soutenir les intérêts des classes moyennes. Ce fut le cas en 1968, quand le discours libertaire a servi à arrêter l'ascenseur social et préserver les classes moyennes de la concurrence. Ce fut le cas en 1992, lorsque l'argument "de toutes manières ca change rien pour les travailleurs" a fait passer l'Euro. Pas étonnant que les travailleurs se méfient de ces révolutionnaires de pacotille: ils peuvent chaque jour constater que l'Euro "a fait une différence"...


 

Réponse de Descartes le 09/02/2012 à 18h51

voulez-vous connaitre votre positionnement dans la blogosphère politique ?

suivez ce lien : http://www.lemonde.fr/politique/visuel/2012/02/02/cartographie-de-la-blogosphere-politique-en-2012_1635269_823448.html

 

Votre site est parfaitement à l'intersection entre droite, gauche et centre.

Commentaire n°2 posté par Trubli le 10/02/2012 à 01h23

En fait, il est placé au point d'intersection de la gauche, de la droite, du centre et de l'extrême gauche... j'en suis ravi. J'ai toujours voulu faire de ce blog un lieu d'argumentation rationnelle et non partisan. Je ne sais pas comment cette carte est faite, mais j'aimerais croire que ce positionnement indique que mes lecteurs viennent de tous bords.

Par ailleurs, la carte est construite sur la division gauche/droite. Il serait intéressant de disposer de la même carte mais classée selon la division girondins/jacobins...

 

Réponse de Descartes le 10/02/2012 à 10h24

Bonjour Descartes,

j'interviens là comme une fusée (peu de temps) pour vous féliciter pour votre article dans le nouveau combat, cela vous étonnera peut-être mais je suis complétement d'accord avec vous...

bon oui y a une chose qui me chiffone et c'est chipoté (à priori) ;

vous dites : le problème, ce n'est pas de montrer aux gens que le changement est nécessaire, de cela, il sont convaincu

Je vous trouve bien optimiste, il y a combien de gens qui ne veulent rien changer à rien....?

Cordialement

ps ; eh ho je vous ai fais mes voeux pour la nouvelle année sur le blog de Denis, c'est pas gentil de pas répondre...

ps2 : dsl de cette intrusion passagère...

Commentaire n°3 posté par marechal le 10/02/2012 à 19h59

j'interviens là comme une fusée (peu de temps) pour vous féliciter pour votre article dans le nouveau combat, cela vous étonnera peut-être mais je suis complétement d'accord avec vous...

Ca m'étonne toujours quand les gens sont d'accord avec moi...

vous dites : "le problème, ce n'est pas de montrer aux gens que le changement est nécessaire, de cela, il sont convaincu". Je vous trouve bien optimiste, il y a combien de gens qui ne veulent rien changer à rien....?

Très peu, en fait. Proposez-leur d'être plus riches, d'avoir une maison plus grande, un travail plus stable et plus rémunérateur, et vous trouverez peu de gens pour vous dire "non, je prefère rester dans mon HLM, continuer à gagner la moitié et être chomeur". Si les gens résistent le changement, c'est parce que leur expérience leur a montré que les hommes politiques qui proposent le changement quelquefois le réalisent, et c'est toujours pour le pire, et les autres fois l'oublient.

ps ; eh ho je vous ai fais mes voeux pour la nouvelle année sur le blog de Denis, c'est pas gentil de pas répondre...

Je ne les ai pas vu...

ps2 : dsl de cette intrusion passagère...

Ici, vous êtes toujours le bienvenu.

Réponse de Descartes le 10/02/2012 à 22h03

Si les gens résistent le changement, c'est parce que leur expérience leur a montré que les hommes politiques qui proposent le changement quelquefois le réalisent, et c'est toujours pour le pire, et les autres fois l'oublient.

Si je vous comprend bien vous parlez là des abstentionistes.

((De plus vous faites une bascule vers un pessimisme que les déceptions tel que les évenement de 1983 (retournement de veste miterrandien) ou même 1991 (participation à la guerre du golfe) justifient))

C'est pourtant aussi aux abstentionistes que le discour de JLM s'adresse, pour un mal ou un bien, et s'il parvient à amener dans les bureaux de votes des gens qui jusque là n'y croyaient plus, n'aura-t-il pas réussi en partie sa mission ?

 

 

Commentaire n°4 posté par marechal le 11/02/2012 à 00h09

Si je vous comprend bien vous parlez là des abstentionistes.

Pas du tout. Beaucoup de gens votent pour le "moins mauvais" sans se faire aucune illusion.

C'est pourtant aussi aux abstentionistes que le discour de JLM s'adresse, pour un mal ou un bien, et s'il parvient à amener dans les bureaux de votes des gens qui jusque là n'y croyaient plus, n'aura-t-il pas réussi en partie sa mission ?

Cela dépend comment vous concevez sa "mission"... personnellement, j'en demande plus d'un homme politique qu'un simple rabatteur électoral.

Réponse de Descartes le 11/02/2012 à 00h41

Pas du tout. Beaucoup de gens votent pour le "moins mauvais" sans se faire aucune illusion.

Certes, je suis d'accord avec cela et c'est bien ce qui m'attriste, c'est que les gens n'y croient plus... mais est-ce qu'ils n'y croient plus par manque d'intêret pour la chose politique ? ou parce que la politique n'a rien changée en bien ou si peu à leur goût ? (l'un n'empêchant pas l'autre...)

je conçois bien qu'un homme politique doit faire plus que du simple rabatage, il a aussi et surtout un programme à assumer (enfin en principe...)
Mais tout de même dans le cas d'un discour populiste assumé (ou pédagogue) comme celui de JLM, cela doit pouvoir mener à une nouvelle prise de conscience, disons même à une forme de révelation de la chose politique pour des gens qui s'en était détourné (je tourne en rond où je me trompe ?, ou c'est l'heure d'aller me coucher ?)

 

 

Commentaire n°5 posté par marechal le 11/02/2012 à 01h03

Certes, je suis d'accord avec cela et c'est bien ce qui m'attriste, c'est que les gens n'y croient plus...

Moi, ça ne m'attriste pas. Au contraire: c'est une preuve d'intelligence de leur part. Pourquoi y "croiraient-ils", alors que ceux qui s'investissent en politique se foutent systématiquement de leur gueule depuis bientôt trente ans ?

Je crois que ce point est très important. Il y aura dans toute société complexe une division du travail. Toute le monde ne peut investir du temps dans tout: certains préféreront consacrer leur temps libre à faire fonctionner une institution sportive, au jardinage, au bricolage, que sais-je. La participation politique de ces gens là se réduira à choisir parmi une offre politique. D'un autre côté, il y aura une minorité qui choisira de faire de la politique son activité de loisir et quelquefois même sa profession. Ce sont ces gens là qui produisent l'offre politique.

Maintenant, si celui qui fait fonctionner un club sportif ou un foyer pour SDF ne fait pas correctement son boulot, s'il ne connaît pas la reglementation applicable, s'il ne tient pas correctement sa contabilité, s'il n'organise pas correctement le travail, les gens perdront confiance dans son institution. Qui enverra son enfant à un club de Judo géré par des charlots ? (et je parle de ça par expérience, ayant été cadre de la FFJDA). En politique, c'est la même chose: ceux qui assument volontairement la responsabilité de produire l'offre politique doivent faire les choses correctement, ou risquer de perdre la confiance des autres.

Comment voulez-vous que les gens "y croient" si l'offre politique consiste de meetings-paillettes, de programmes qui ne sont que des catalogues de mesures dong chacune est pensée pour flatter telle ou telle catégorie, et qui n'ont aucune cohérence globale, aucune hiérarchisation, aucun chiffrage qui laisse penser qu'un jour ils pourraient être appliqués ? Non, les gens ont raison de ne pas y croire, et il faut se réjouir de vivre au milieu d'un peuple qui ne prend pas des vessies pour des lanternes. Les illusions de 1981 sont bien plus dangereuses que le désenchantement d'aujourd'hui. On a payé quelques mois d'ivresse avec trente ans de gueule de bois.

je conçois bien qu'un homme politique doit faire plus que du simple rabatage, il a aussi et surtout un programme à assumer (enfin en principe...)

Avant de l'assumer, il faut l'élaborer. Un programme irréalisable n'est pas un programme. 

Mais tout de même dans le cas d'un discour populiste assumé (ou pédagogue) comme celui de JLM, cela doit pouvoir mener à une nouvelle prise de conscience, disons même à une forme de révelation de la chose politique pour des gens qui s'en était détourné

Il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles. De ce point de vue, je suis plutôt séduit par la démarche "pédagogique" de Mélenchon. Essayer d'expliquer aux gens des choses complexes, ne serais-ce que pour qu'ils comprennent qu'elles sont complexes, est une bonne chose. Et l'injonction de Mélenchon dans son discours de Montpellier à "aller chercher ceux qui savent" (je cite de mémoire) va plutôt dans un sens anti-populiste et d'une restauration de l'idée - à mon avis nécessaire - d'élite du savoir. Le problème est que pour que cette pédagogie conduise à une "nouvelle prise de conscience", il faut qu'elle ait du contenu, et un contenu rigoureux. Or Mélenchon a cette énervante tendance à tourner le dos aux faits quand ceux-ci sont gênants, et de faire de la "pédagogie" à partir d'un récit inventé. Et c'est ceci qui fait perdre à sa démarche son intérêt: quand Mélenchon explique qu'on remplacera le nucléaire avec la géothermie, quand il explique que tout le mal vient du traité de Lisbonne mais qu'il faut rester dans l'euro, lorsqu'il utilise l'épouvantail Le Pen pour dissimuler la faiblesse et les contradictions de ses propres positions, losqu'il nous fait l'éloge de Mitterrand, le citoyen ne peut que tirer une conclusion: ce type raconte n'importe quoi.

Je le dis encore une fois: je partage la "méthode" de Mélenchon, sa manière de faire de la politique. Ce qui me fait enrager, ce qu'il ne fait pas les choses jusqu'au bout. Qu'il tient un discours fait d'à-peu-près. Je reste persuadé que le grand problème de la "gauche radicale" est un problème de crédibilité auprès des couches populaires. Et qu'on ne résoudra pas ce problème simplement en leur promettant le bonheur pour demain, quelque soit le lyrisme qu'on mettra dans ces promesses. Ces gens, on les a tellement trompés, on leur a raconté tellement n'importe quoi... et Mélenchon fut, comme je le rappelle en citant ses propos, l'un de ceux qui participa à cet enfumage. La aussi, expliquer porquoi il a changé d'avis serait un gage de crédibilité.

 

Réponse de Descartes le 11/02/2012 à 11h17
Commentaire n°6 posté par Trubli le 11/02/2012 à 01h47

Le titre du débat, choisi par la chaîne LCP, est lui même intéressant: "20 après Maastricht: la fin d'un rêve". A comparer à la citation de Goethe que j'avais choisi pour illustrer mon propos...

Réponse de Descartes le 11/02/2012 à 10h50

Quoi qu'il en soit, si sa lettre subsiste l'esprit de Maastricht est mort et bien mort.

L’esprit ? Sans doute ! La fin de l’illusion lyrique est évidente, mais à part Le Pen et Dupont Aignan qui propose de faire marche arrière ? Sachant que Chevènement n’est plus dans la course pour proposer un aggiornamento à ce processus mortifère.

L’échec est consommé mais la Chape de plomb demeure, quelque soit  la prochaine équipe qui va prendre les manettes, Sarko (+ Bayrou ?)  ou Hollande (+ Méluche ?), le cliquet va probablement continuer sa rotation (par définition dans le sens actuel).

 

Mais dans ce cas, on n'a pas le droit de revendiquer une continuité qui n'existe pas. Il doit admettre sans ambiguïté qu'il a changé d'avis, et nous expliquer pourquoi. Sans cette explication, il reste toujours un doute sur sa sincérité: était-il sincère en 1992 ? Est-il sincère aujourd'hui ?

On aura une partie de la réponse au 2ème tour s’il soutient hollande, et une autre partie si, en cas de victoire du PS, il s’agrège dans une nouvelle gauche plurielle avec EELV. Personnellement, quand je l’entends évoquer la nécessité de poursuivre le processus pour obtenir un SMIC Européen, j’ai le sentiment qu’il est dans l’imposture.

Une coalition PS-FdG-EELV aux manettes ne réglera vraisemblablement aucun des problèmes liés à la construction néolibérale de l’Europe, mais risque même de dégrader ce qui marche encore, comme le nucléaire.

Actuellement il y a des pointes à 100 GW et Méluche continue à parler de géothermie et de référendum sur la sortie du nucléaire, faisant écho aux positions d’EELV et à la faiblesse de Hollande sur le sujet. Il a vraiment tout compris Méluche…..

Maintenant que Chevènement n’est plus dans la course, je vais très probablement rester à la maison dès le premier tour, mais, sincèrement, je me demande si une réélection de  sarko ne serait pas moins nocive pour le pays qu’une accession au pouvoir d'un nouvel attelage "gauche plus rien".

 

Commentaire n°7 posté par argeles39 le 11/02/2012 à 12h13

L’esprit ? Sans doute ! La fin de l’illusion lyrique est évidente, mais à part Le Pen et Dupont Aignan qui propose de faire marche arrière ?

Personne. Pire: discutez avec des moins de 40 ans, et vous verrez qu'ils vous ressortent tous les arguments du genre "le Franc, ça ne pourrait pas marcher" en oubliant qu'après tout on a vécu en Europe avec des monnaies nationales pendant des siècles, et que l'on ne se portait pas plus mal. Je crois l'avoir écrit dans un papier récent sur ce blog: la génération qui est la notre (et celles qui la suivent) a un grave problème d'imagination. Elle est très performante pour bâtir utopies, c'est à dire, des mondes imaginaires qui n'ont pas, par construction, aucune chance de devenir réalité. Mais lorsqu'il s'agit d'imaginer d'autres réels, des projets qui puissent effectivement être réalisées, alors il y a plus personne. Cette génération se réfugie volontiers dans le rêve (et l'utilisation du néologisme "rêvelution" n'est pas à mon avis un hasard...) parce qu'elle a, en fait, abandonné toute prétention d'agir sur le réel. 

Par ailleurs, je me permets de vous corriger sur un point. Il ne s'agit pas, en abandonnant l'euro, de "revenir en arrière". Mais d'aller en avant, en profitant du retour au Franc pour réaliser de véritables réformes économiques.

L’échec est consommé mais la Chape de plomb demeure, quelque soit  la prochaine équipe qui va prendre les manettes, Sarko (+ Bayrou ?)  ou Hollande (+ Méluche ?)

Peu importe, en fait. Tous les "présidentiables" (y compris Méluche) ont cela en commun qu'ils n'agiront que sous la pression des évènnements, lorsqu'ils n'auront pas le choix. Aucun d'entre eux n'est prêt à les précéder. De ce point de vue, on peut dire que cette génération a les réflexes politiques de Mitterrand plutôt que ceux de De Gaulle. Sur ce point, je partage l'analyse d'Olivier Todd. Si l'Euro disparaît, cela traduira plutôt un effondrement qu'une action concertée pour s'en débarrasser.

On aura une partie de la réponse au 2ème tour s’il soutient hollande,

Vous êtes un grand optimiste. Bien sur que Mélenchon soutiendra Hollande au deuxième tour. Et ce n'est pas moi qui ira lui reprocher. En fait, il n'a pas le choix sauf à se marginaliser style LO. La mécanique de l'affrontement droite/gauche, dont on n'arrive pas à s'affranchir, est impitoyable. Depuis que les élections se jouent au centre (1974) elle a toujours broyé les "radicaux" les obligeant à soutenir le candidat "centriste", le seul qui avait des chances de l'emporter. Mais le ralliement de Mélenchon, précisement parce qu'il est contraint, ne nous dira rien sur sa sincérité, ni en 1992, ni après.

Personnellement, quand je l’entends évoquer la nécessité de poursuivre le processus pour obtenir un SMIC Européen, j’ai le sentiment qu’il est dans l’imposture.

Le "SMIC européen" est un rêve, et probablement une tentative désespérée de re-justifier l'adhésion à la "construction européenne" mitterrandienne. Ce n'est pas par hasard si cette idée est chez Mélenchon toujours associée à la défense de l'Euro. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'il fait ce raisonnement: dans l'intervention à la tribune du Sénat que j'ai citée, il utilise dejà les "avancées sociales" pour justifier la ratification de Maastricht. De ce point de vue, son discours montre une continuité parfaite. Est-ce une "imposture" ? Je n'irai pas aussi loin. Je pense que Mélenchon croit sincèrement ce qu'il dit. Le problème, c'est que la sincérité ne suffit pas, et que ce qu'il croit, en l'espèce, est faux.

Actuellement il y a des pointes à 100 GW et Méluche continue à parler de géothermie et de référendum sur la sortie du nucléaire, faisant écho aux positions d’EELV et à la faiblesse de Hollande sur le sujet. Il a vraiment tout compris Méluche…..

A vrai dire, cela fait un bout de temps que je ne l'ai plus entendu parler de géothermie....

Maintenant que Chevènement n’est plus dans la course, je vais très probablement rester à la maison dès le premier tour,

La question se pose, effectivement. Si aucun candidat ne fait un effort pour reprendre quelques éléments de la positions chévenementienne, alors j'irai moi aussi à la pêche. Si Mélenchon - ou Hollande, d'ailleurs - croient que le vote des "républicains" leur est acquis du fait du principe du "moins pire", à mon avis ils se trompent. Sarkozy n'est pas reluisant, mais sur beaucoup de questions - notamment l'Europe - j'ai bien plus confiance en lui que dans un attelange Hollande-Joly-Mélenchon.


Réponse de Descartes le 11/02/2012 à 14h26

Dupont-Aignan reprend le projet de Chevènement en 2002 - il part de la "droite" mais c'est le point d'arrivée qui compte plus que le point de départ... Il serait dommage d'"aller à la pêche" au premier tour sau lieu de donner un petit coup de main à ce projet, sûrement imparfait, mais le seule compatible à cette heure avec les valeurs républicaines.

Commentaire n°8 posté par J. Halpern le 11/02/2012 à 19h27

Je n'exclut nullement de voter pour Dupont-Aignan s'il reprend les éléments essentiels de ce projet. Le fait qu'il "parte de la droite" n'a jamais été pour moi un obstacle.

Réponse de Descartes le 11/02/2012 à 20h17

@Descartes

Je bois du petit lait en lisant votre billet et je trouve à la fois fort judicieux et utile de remémorer à vos lecteurs les débats au sujet du Traité de Maastricht et notamment les propos de Jean-Luc Mélenchon qui en faisait des tonnes à propos de son soutien et de la défense du futur traité.

Ce vingtième anniversaire est clairement passé sous silence par les médias et aussi par la quasi totalité de la "classe" politique. Jean-Luc Mélenchon si amène et bavard lorsqu'il s'agit de rappeler les anniversaires de l'entrée en application du traité de Lisbonne ou encore l'anniversaire de la victoire du non au TCE, chaque 29  mai oublie étrangement (?) cet anniversaire du traité de Maastricht.

On comprend mieux pourquoi.... Si le candidat du Front de Gauche, a reconnu explicitement (même si c'était très furtivement) que Jean-Pierre Chevènement avait raison [à propos du traité de Maastricht] il ne confirme en rien concrètement cela dans ses propos tant télévisuels que de meetings. Ne défend-il pas ardemment encore et toujours l'UE et l'euro et l'intégration européenne de type fédéraliste. Certes, il accompagne cette position européiste et fédéraliste de la volonté d'établir un SMIC, une harmonisation sociale et fiscale (en finir avec le dumping social et fiscal), un changement des statuts et des missions de la BCE, un financement de la dette directement de la BCE aux Etats de l'Union... Bref, sans changer préciser ni dans les moyens, ni dans quelque cadre juridique, institutionnel tant national que communautaire (UE), ni dans la durée. Bref, après plus d'un an de campagne, et 8 mois en tant que candidat officiel du FDG, et bien, le citoyen lambda ne sait toujours pas comment, Jean-Luc Mélenchon va procéder ni quand ce sera possible et si c'est si du domaine du faisable, du probable, du possible ou simplement du domaine de l'incantation ! As-t-il un plan B de rechange ? A mon humble avis, je ne pense pas... Mais pourquoi aucun signe ne vient du côté de la "merveilleuse" commission économique composée de tant et tant "merveilleux" et "sublimes" économistes front de gauche ? N'ont-ils rien à dire ? Jacques Généreux, fort discret, ne sort pas de ses imprécations ambigües et ne fait qu'être l'accompagnateur économiste de service.

A propos, je vous raconte une anecdote qui remonte à un an. La "crise de la dette" n'avait pas encore fait tout le ravage que l'on connait aujourd'hui. J'avais eu une discution avec un des membres de la commission économique du PG au sujet d'une politique économique et financière à faire et à proposer. J'avais indiqué que la voie était une politique de rigueur équilibrée et efficace économiquement et juste socialement mettant le paquet sur la relance par l'investissement productif notamment industriel et aussi par une sortie de notre pays de l'UE et aussi de l'euro afin de retrouver des margres de manoeuvre nécessaire à cette relance tout en luttant contre l'effet désastreux de l'endettement qui remettait en cause notre souveraineté. Je citais, Mendès-France, De Gaulle et aussi Pinay.Oui, oui Pinay ! Mon contradicteur, semblait dubitatif, "ouais, ouais me dit-il !" Je lui disais que nous (PG, Jean-Luc Mélenchon) devions être Mendésistes et proposer la voie d'une rigueur équilbrée et aussi une relance de la production industrielle. Le camarade PGiste (désolée c'est laid, j'en conviens mais c'est comme cela que se nomment les militants du PG !) me répondit que "j'avais sans doute un peu raison mais que ce n'était pas possible que notre parti propose un plan de rigueur machin chose comme le PS de DSK ou comme ce que fait Sarkozy ! Me renvoyant la Grèce du socialiste Papandréou ou la grave situation de l'Espagne du socialiste Zapatéro qui tous deux courbés l'échine et faisaient que veulent les marchés ! Bref, tout était dit et on connait la suite... ! On voit quelle voie à pris le PG et aussi les conséquences de la fuite en avant dans un programme "l'Humain d'abord" qui n'est ni financé, ni chiffré, ni cohérent et assi les propos du candidat du Front de Gauche qui font bien souvent dans le déni de la réalité, dans le déni d'un cadre juridique et institutionnel.

De cette dérive, Cher Descartes, je m'en suis détachée et aujourd'hui j'ai pris mes distances avec le candidat du Front de Gauche. J'aurai espèré un sursaut gaullien, mendèsiste, au dessus de la mêlée, un sursaut de crédibilité, d'unité et de rassemblement bref d'Homme d'Etat pour servir l'intérêt général, le sursaut républicain de Salut public, de (re)constitution de son capital industiel, donc qu'il soit  capable de se transcender, de dépasser à la fois son idéologie de lutte des classes, ses postures partisanes, ses clivages manichéens et binaires et parler au plus grand nombre. Hélas, nous avons un candidat qui fait dans l'idéologie "gauchiste" et "démagogique" qui veut pratiquer le combat de catch permanent avec Marine LePen ! Décevant tout cela...et surtout pas à la hauteur des enjeux et de la crise actuels.

Bien cordialement à vous.

Sonia Bastille 

Commentaire n°9 posté par Sonia Bastille le 11/02/2012 à 19h36

Je bois du petit lait en lisant votre billet et je trouve à la fois fort judicieux et utile de remémorer à vos lecteurs les débats au sujet du Traité de Maastricht et notamment les propos de Jean-Luc Mélenchon qui en faisait des tonnes à propos de son soutien et de la défense du futur traité.

Je suis ravi que vous appréciiez ce retour en arrière. En France, les politiciens ont depuis longtemps vécu sur le fait que la mémoire des citoyens est courte. Je ne suis pas de ceux qui répètent le discours selon lequel Internet va tout changer. Mais dans ce domaine, le changement sera sans doute important: grâce à la toile, point n'est besoin de passer des heures dans des bibliothèques pour retrouver les discours de l'époque. Et comme je l'ai expliqué, il est impératif que les citoyens s'intéressent, s'ils ne veulent pas être bernés.

Jean-Luc Mélenchon si amène et bavard lorsqu'il s'agit de rappeler les anniversaires de l'entrée en application du traité de Lisbonne ou encore l'anniversaire de la victoire du non au TCE, chaque 29  mai oublie étrangement (?) cet anniversaire du traité de Maastricht.

Etrange, n'est ce pas ?

Ne défend-il pas ardemment encore et toujours l'UE et l'euro et l'intégration européenne de type fédéraliste. Certes, il accompagne cette position européiste et fédéraliste de la volonté d'établir un SMIC, une harmonisation sociale et fiscale (en finir avec le dumping social et fiscal), un changement des statuts et des missions de la BCE, un financement de la dette directement de la BCE aux Etats de l'Union...

En cela, il est extrêmement cohérent avec la ligne traditionnelle de la socialdémocratie europhile reprise par Mitterrand-Delors. Le discours est le suivant: la construction européenne n'est pas en cause, tout ce qu'il faut c'est l'infléchir dans un sens plus social. Si seulement la BCE avait les bons statuts, si seulement on faisait l'harmonisation sociale, si seulement... alors on vivrait dans le paradis.

Ce que ce courant ne veut pas voir c'est que si toutes ces choses merveilleuses n'ont pas été faites, c'est qu'il y a bien une raison. Et la raison c'est que le moteur de la construction européenne, ce sont les intérêts du capital international, pour qui les frontières et les Etats - avec leurs réglementations redistributives - constituent un obstacle. Croire que l'Europe pourrait demain reprendre le rôle protecteur et redistributif des Etats revient à oublier quelles sont les forces qui ont permis à l'union européenne de naître et de croire que par on ne sait quelle magie ce rapport de forces pourrait s'inverser. Certains expliquent qu'il pourrait être ainsi si les institutions de l'Union étaient "démocratisées". C'est oublier que la "démocratie" suppose l'existence d'une communauté politique, la Nation. Et qu'il n'existe pas de "communauté politique" européenne. La réaction des pays "du nord" lorsqu'il s'est agi d'aider la Grèce le montre amplement.

et bien, le citoyen lambda ne sait toujours pas comment, Jean-Luc Mélenchon va procéder ni quand ce sera possible et si c'est si du domaine du faisable, du probable, du possible ou simplement du domaine de l'incantation !

Nous sommes d'accord. Sans un projet clair, précis, réaliste, tenant compte des rapports de force réels, on en reste à l'incantation.

Le camarade PGiste (...) me répondit que "j'avais sans doute un peu raison mais que ce n'était pas possible que notre parti propose un plan de rigueur machin chose comme le PS de DSK ou comme ce que fait Sarkozy !

Votre anecdote est très révélatrice d'un fonctionnement dont je pourrais vous donner maints exemples. J'en d'onnerais qu'un seul: on ne peut débattre d'une sortie de l'Euro parce qu'il ne faut pas avoir l'air d'être d'accord avec Le Pen. Le discours du FdG est un discours aliéné au sens ethymologique du terme: c'est un discours qui n'est pas détérminé par ce que le FdG pense, mais par ce que les autres disent. Si les autres disent "il faut sortir de l'Euro", alors on ne peut plus le dire. Si DSK ou Sarkozy parlent de "rigueur", il faut trouver autre chose.

Le curseur de la "gauche radicale" est resté aux années 1960. Ils n'ont rien appris de l'expérience de 1981, et de l'échec retentissant de la relance par la consommation. On vous explique que tout est la faute à Mitterrand, qui a tourné le dos aux promesses "de gauche" en 1983, alors qu'à cette date il n'avait plus véritablement le choix. L'erreur fut commise en 1981, lorsqu'on fit une relance sans s'apercevoir que l'argent allait relancer les industries de nos concurrents, et non les notres.

 

 

Réponse de Descartes le 11/02/2012 à 20h16

« Le "SMIC européen" est un rêve, et probablement une tentative désespérée de re-justifier l'adhésion à la "construction européenne" mitterrandienne »

« En cela, il est extrêmement cohérent avec la ligne traditionnelle de la socialdémocratie europhile reprise par Mitterrand-Delors. Le discours est le suivant: la construction européenne n'est pas en cause, tout ce qu'il faut c'est l'infléchir dans un sens plus social. Si seulement la BCE avait les bons statuts, si seulement on faisait l'harmonisation sociale, si seulement... alors on vivrait dans le paradis.

Ce que ce courant ne veut pas voir c'est que si toutes ces choses merveilleuses n'ont pas été faites »

Me permettez-vous de souligner qu’ils ne sont pas les seuls « à gauche » le PCF pour vous, semble être « blanchi » de ces dévoiements. Etrange faiblesse. Le PG aurait-il exister à ce point sans le soutien du PCF…dont la direction est pour le moins peu ferme à l’égard de la construction européenne.

Sincèrement peut-on considérer que la position du PCF n’a pas bougé d’un iota depuis Maastricht ?

 

Commentaire n°10 posté par morel le 12/02/2012 à 04h19

Me permettez-vous de souligner qu’ils ne sont pas les seuls « à gauche » le PCF pour vous, semble être « blanchi » de ces dévoiements. Etrange faiblesse.

Le PCF a voté "non" à Maastricht, et s'est publiquement opposé à tous les traités successifs (Bruxelles, Nice, Lisbonne). Jusqu'à un temps assez récent - disons son dernier congrès - il souhaitait la sortie de l'Euro. La conversion de la direction du PCF à l'europhilie de gauche est un phénomène relativement nouveau, qui correspond aux phases finales de sa transformation en parti des classes moyennes. C'est pourquoi on ne peut pas traiter son cas comme celui du PS (d'où est issu le PG, et la rutpure idéologique entre les deux est bien moindre que certains ne le croient) qui a fait de l'europhilie un marqueur depuis sa naissance.


Réponse de Descartes le 12/02/2012 à 10h15

L’esprit ? Sans doute ! La fin de l’illusion lyrique est évidente, mais à part Le Pen et Dupont Aignan qui propose de faire marche arrière ?

Personne.

Si: l'UPR de François Asselineau ; mais justement, comme il  base le coeur de son combat  sur la sortie de 'euro et de l'union européenne , il commet le crime le plus impardonnable qui soit; et du coup, il subit une censure médiatique telle ( même sa page wikipédia aété suprimée..) que même sur un blog républcain comme le votre, il est inconnu

Commentaire n°11 posté par JMP le 12/02/2012 à 14h26

Bien entendu, beaucoup de gens proposent de "faire marche arrière". Moi même, pour commencer... mais dans le contexte de la phrase, il s'agissait de figures politiques de premier rang. Et Asselineau ne joue certainement pas dans la même division que Chevènement ou Dupont-Aignan.

D'une manière générale, j'avoue humblement que je n'arrive pas à me faire une opinion sur l'UPR et sur son président. D'un côté, je partage le sens et le ton d'un certain nombre de documents publiés sur leur site. D'un autre côté, je n'arrive pas à lire leur "programme présidentiel" (le lien est brisé) et je n'ai donc pas la possibilité d'analyser leur programme.

Ce qui me gêne chez l'UPR/Asselineau, c'est que j'ai la nette impression qu'il s'agit d'un "one man show". Sur son site, impossible de savoir quel est l'organigramme du mouvement, quel est son fonctionnement, quelle est la composition de ses organes dirigeants. Et cela compte: le premier souci d'un stratège, c'est d'organiser ses propres forces. La politique du "cavalier seul" n'est pas à mon avis la meilleure.

L'autre difficulté est qu'en dehors de la question européenne, on ne trouve chez l'UPR aucun document donnant une analyse globale de la situation et des remèdes proposés. Or, la sortie de l'UE et de l'Euro - aussi importantes soient elles - ne constituent pas en elles mêmes une politique.

Réponse de Descartes le 13/02/2012 à 13h49

Tu écris :

« Sarkozy n'est pas reluisant, mais sur beaucoup de questions - notamment l'Europe - j'ai bien plus confiance en lui que dans un attelange Hollande-Joly-Mélenchon. »

Vraiment ? Pourtant le Président ne fait pas toujours preuve d’une grande cohérence : j’ai entendu Fillon vanter « la marche vers le fédéralisme » au Sénat, s’attirant une réponse critique de Chevènement. D’un autre côté, Guaino déclarait en face du même Chevènement qu’il est hostile au fédéralisme et que ce n’est pas la voie choisie par le Président… Alors qui dit vrai ? Guaino ou Fillon ? Sarkozy sait-il vraiment où il va ?

Et je passe sur l’apologie permanente du « modèle allemand », sur tout ce que nous avons à apprendre de « nos amis allemands »… Lors de l’interview conjointe avec Mme Merkel, le Président a fait mine de rassurer les Français en tenant un discours ferme sur la souveraineté qui « ne se partage pas » et restera au peuple français. Mais, dans les faits, depuis l’adoption du Traité de Lisbonne, on ne peut pas dire que la pratique corresponde au discours.

 

Je ne vois pas comment on peut accorder la moindre confiance à Nicolas Sarkozy…

Commentaire n°12 posté par nationalistejacobin le 12/02/2012 à 18h09

Vraiment ? Pourtant le Président ne fait pas toujours preuve d’une grande cohérence : j’ai entendu Fillon vanter « la marche vers le fédéralisme » au Sénat, s’attirant une réponse critique de Chevènement. D’un autre côté, Guaino déclarait en face du même Chevènement qu’il est hostile au fédéralisme et que ce n’est pas la voie choisie par le Président… Alors qui dit vrai ?

On ne peut juger la "cohérence" du président à partir des déclarations du Premier ministre et de l'un de ses conseillers s'exprimant, en plus, en leur propre nom et non au nom du Président. Il faut être sérieux: si l'on veut juger la "cohérence" de Sarkozy, il faut la juger à partir de ses propres déclarations. Ou plutôt de ses propres actions, parce que les déclarations, vous savez...

Sarkozy sait-il vraiment où il va ?

Probablement pas. Sarkozy a toujours été - et il n'a jamais prétendu être autre chose - un pragmatique. Un homme qui "prend ce qui marche", même si cela le conduit à prendre des positions contradictoires. Il n'y a aucun "principe directeur" dans son action. Mais ce pragmatisme a ses avantages: dans une situation européenne ou un président socialiste serait prêt certainement à tout brader pour "sauver l'idéal européen", Sarkozy au contraire a tout fait pour sortir les institutions européennes du jeu et promouvoir une Europe inter-gouvernementale. Le rôle de la Commission et du Parlement dans la gestion de la crise européenne a été réduit à la portion congrue, et Sarkozy a tout fait - sans succès - pour essayer de vendre la mise sous tutelle de la BCE. Sarkozy n'est pas saint de ma dévotion, loin de là, mais il faut admettre qu'en matière européenne il est certainement moins "fédéraliste" que n'importe lequel de ses concurrents. Imagine-t-on Sarkozy ratifiant la convention sur les lanques régionales et minoritaires ? Vous voulez rire...

Et je passe sur l’apologie permanente du « modèle allemand », sur tout ce que nous avons à apprendre de « nos amis allemands »…

Et qu'est ce qui vous fait penser que de ce point de vue les socialistes seraient très différents ? Ségolène Royal était ce matin l'invitée de la matinale de France Inter, et elle n'a pas arrête de parler du "modèle nordique" et des rapports sociaux idylliques des "pays du nord". La "haine de soi" et le besoin de se trouver des modèles ailleurs n'est pas un monopole sarkozyen, malheureusement.

Je ne vois pas comment on peut accorder la moindre confiance à Nicolas Sarkozy…

La question ici n'était pas "d'accorder la confiance" mais de comparer l'action des uns et des autres. Je ne fais confiance ni a Sarkozy, ni à Hollande. Je me contente de constater que sur un sujet précis, la politique européenne, la politique mise en oeuvre par le premier est plus proche - ou moins lointaine - de ce que je souhaite que la politique prônée par le second. C'est tout. Je pense qu'on a toujours tort de se laisser aveugler par la détestation des hommes. Ceux qui ont chassé De Gaulle parce que c'était un affreux général de droite l'ont beaucoup regretté après.

 

 

Réponse de Descartes le 13/02/2012 à 11h25

Bonjour,

Je relève une coquille importante dans votre reproduction du discours de Mélenchon au Sénat en 1992.

Il n'a pas dit : "La nation est le lieu de la citoyenneté ; elle n’est ni éthique, ni religieuse, ni linguistique.", mais :

"La nation est le lieu de la citoyenneté ; elle n’est ni ethnique, ni religieuse, ni linguistique" :

http://www.xn--lecanardrpublicain-jwb.net/IMG/pdf/senat_09-06-92.pdf

(page 1494, ou page 16 du fichier PDF)

Mélenchon vient d'ailleurs de réitérer cette opinion, parfaitement abusive, qui n'est corroborée par rien de constitutionnel, que la République serait un fourre-tout pour le monde entier et, en particulier, pour les populations du Maghreb :

"Il n'y a pas d'avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb"

http://www.youtube.com/watch?v=NYKJNoyVWPo


http://www.youtube.com/watch?v=ptDgNndOKP4

Commentaire n°13 posté par Boreas il y a 3 jours à 12h52

Il n'a pas dit : "La nation est le lieu de la citoyenneté ; elle n’est ni éthique, ni religieuse, ni linguistique.", mais : "La nation est le lieu de la citoyenneté ; elle n’est ni ethnique, ni religieuse, ni linguistique"

Vous avez tout à fait raison, j'ai fait une erreur en recopiant la phrase.

Mélenchon vient d'ailleurs de réitérer cette opinion, parfaitement abusive, qui n'est corroborée par rien de constitutionnel, que la République serait un fourre-tout pour le monde entier et, en particulier, pour les populations du Maghreb : "Il n'y a pas d'avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb"

Je partage votre perplexité devant ces déclarations mélenchoniennes. Je partage avec lui l'idée que la Nation - du moins dans la conception héritée de la Révolution Française - n'a aucun caractère ethnique ou réligieux. Je suis plus réservé sur la question linguistique. Après tout, c'est pour permettre à al Nation d'exister que la IIIème République a écrasé les "patois" locaux pour unifier la langue. Je serais prêt à lui accorder que la Nation est le lieu où s'exerce la citoyenneté. Seulement, contrairement à lui je pense que la citoyenneté est faite de droits et de devoirs, et qu'on ne peux prétendre aux premiers si l'on ne se soumet pas aux derniers...

Quant à la phrase "il n'y a pas d'avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb", c'est du pur n'importe quoi. Mais il paraît que cela fait plaisir à certains, alors...

Réponse de Descartes avant-hier à 23h57

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