Le refus de faire juger l'affaire dans laquelle l'ancien directeur du FMI est accusé de viol est une mauvaise nouvelle pour la justice et une mauvaise nouvelle aussi pour les femmes . Car à ce jour la vérité n'est pas dite, ni pour le présumé innocent ni pour la présumée victime. La décision du procureur fait courir de grands risques au droit des femmes en revenant au temps où les victimes de viols étaient à priori coupables, au temps où le viol n'était pas considéré comme un crime. Rappelons nous qu'en France le jugement de ces faits par une cour d'Assises n'est pas si vieux que cela! La vigilance s'impose pour que le refus de faire passer la justice aux USA ne donne pas des ailes en France aux pourfendeurs d'une justice implacable envers les violences- sexuelles ou non - à l'encontre des femmes .

 

On se demande si Marie-George a la moindre idée de quoi elle parle. Ainsi, selon Marie-George, même s'il apparaît à l'évidence que le seul témoin sur lequel toute l'affaire repose n'est pas crédible, alors qu'il est clair que ce témoin a menti y compris sous serment, il faudrait quand même soumettre DSK à un procès ? Pourquoi ? Au nom de quoi ?

 

Imaginons que pour faire plaisir à Marie-George on jugeait DSK. Le jury aurait-il le droit de le déclarer "non coupable" sans "faire courir de grands risques au droit des femmes" ? Non, bien sur. Une fois que DSK - ou n'importe quel autre homme, au demeurant - a été accusé, il faut qu'il soit jugé et condamné parce que toute autre issue au procès pourrait "mettre en danger" la sacrosainte théorie des soi-disant féministes selon laquelle la "parole des femmes" dit toujours la vérité. Déclarer "non coupable" un homme accusé de viol revient à déclarer "coupable" sa dénonciatrice. Et ça, pour les pseudo-féministes, c'est intolérable. Le droit des femmes, comme les dieux antiques, demande des sacrifices humains. Et tant pis s'ils sont innocents.

 

Qu'une Marie-George Buffet puisse soutenir une telle théorie montre à quel point le PCF et ses dirigeants sont devenus des gauchistes. Car cette position a un antécédent très intéressant: c'est l'affaire de Bruay-en-Artois. Au départ, une affaire banale: Pierre Leroy, un notaire de Bruay-en-Artois et sa maîtresse sont mis en examen pour l'assassinat de Brigitte Dewevre, une fille de mineur de 16 ans. Là encore, les éléments de la caricature sociale sont réunis: la victime est une jeune fille d'ouvrier, l'assassin présumé un notable riche. La presse d'extrême gauche se donne à coeur-joie. Pierre Leroy est présenté comme un exploiteur lubrique et sans scrupules. Mais très rapidement un ami d'enfance de la victime avoue le crime...

 

Et que croyez vous qu'il arriva ? Que l'extrême gauche fit amende honorable et admit qu'elle avait  eu tort ? Bien sur que non. La Gauche Prolétarienne et sa publication "la cause du peuple" continuèrent à salir Pierre Leroy affirmant que même s'il était innocent des faits qui lui étaient reprochés, il serait quand même coupable du fait de son appartenance de classe. Aujourd'hui, lorsque Marie-George Buffet appelle à juger un DSK qui a toutes les chances d'être innocent au nom des "droits des femmes" on est dans le même cas de figure. Même s'il n'avait rien fait, Pierre Leroy était coupable parce qu'il était bourgeois. Même s'il n'a rien fait, DSK est coupable parce qu'il est de sexe masculin.

 

Le viol est un crime. Mais c'est aussi un bizness. On se souvient comment Clémentine Autain en avait fait un argument éléctoral, racontant son propre viol sur les plateaux de télévision. On se souvient aussi comment des chiffres qui n'ont aucun fondement statistique sérieux sont régulièrement assenés à l'opinion pour maintenir un climat d'histérie. Ca fait froid au dos de penser que n'importe quelle femme peut détruire la vie, la réputation et la carrière d'un homme en l'accusant de viol, et que cette accusation sera soutenue par ses "soeurs" androphobes même lorsque sa crédibilité est sérieusement en doute. Et le pire, c'est que tout ce cirque fonctionne au nom du "féminisme" et de la "défense des droits des femmes".

 

Pour finir: toute ma vie, j'ai été féministe. Mais un vrai féministe. De ceux qui pensent que de la même manière que la laïcité est l'indifférence aux réligions, le féminisme est l'indifférence au genre. Qui'il n'existe pas de "droit des femmes", mais un "droit" sans qualificatif, qui doit être égal pour tous. Et qui rejettent sans hésiter des fantasmagories du viol érigé en crime suprême et des théories fumeuses qui transforment la femme en un être faible et délicat qui a besoin d'être en permanence "protégé" des hommes, théories qui nous ramènent à l'époque victorienne. Regardons les choses en face: DSK est un homme de 65 ans qui n'a rien d'un grand sportif. Mme Diallo est une femme dans la force de l'âge, faisant un métier particulièrement physique, ayant l'expérience d'un pays en guerre et de la vie dans le Bronx.. On est loin du cliché de la faible créature dominée par la bête musclée. Croyez vous vraiment que DSK soit en mesure de forcer physiquement une femme de ce calibre à faire quoi que ce soit contre son gré ?

 

 

Descartes