"pro rege saepe, pro patria semper"

Le blog de descartes

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Publié le par Descartes

Dans un scénario qui rappelle curieusement la venue au PG de Martine Billard & Co, un étrange communiqué signé par Eric Coquerel a été publié aujourd'hui sur le site du PG. Le communiqué commence ainsi:

 

Le secrétariat national du Parti de Gauche réuni lundi soir a pris connaissance de la volonté affichée par deux dirigeants du NPA, Leila Chaibi et Maël Goepfert de quitter leur parti à l'issue de son 2eme congrès et de rejoindre le Parti de Gauche. Ces deux responsables annoncent qu'ils seront rejoints dans les jours à venir par d'autres camarades dont une partie de ceux qui animent le collectif « l'appel et la pioche » avec eux

 

Deux dirigeants du NPA décident à l'issue du congrès de leur organisation de la quitter pour réjoindre une autre, et annoncent qu'un certain nombre de leurs camarades viendront bientôt les rejoindre. On peut s'interroger sur le mandat que ces dirigeants détiennent pour parler au nom de leurs camarades, et pourquoi ceux-ci ne s'expriment directement. Mais le plus étrange, c'est la suite du communiqué:

 

Le Parti de Gauche a placé la lutte contre le « précariat » au centre de son programme et de ses axes de mobilisation. C'est pourquoi, en attendant l'intégration d'autres de leurs camarades qui devraient suivre leur appel, dans les instances dirigeantes, commissions thématiques et comités locaux du Parti de Gauche, le Secrétariat national du PG leur propose d'ores et déjà de rejoindre cette instance. Leila Chaibi devient secrétaire nationale à l'abolition du précariat du Parti de Gauche.

 

D'abord, un petit point formel, qui n'est pas si petit que ça: en agissant de la sorte, le Secrétariat national du PG viole ouvertement les statuts du PG votés le 21 novembre 2010. En effet, l'article 14 des statuts précise que "le secrétariat national] est élu par le Bureau national en son sein. Ses membres sont les secrétaires nationaux du PG". Le Secrétariat national ne peut donc pas "proposer" à quiconque de se joindre à lui. Leila Chaibi ne peut devenir membre du secrétariat national qu'en étant élue par le Bureau national. Pire: pour pouvoir être élue, il lui faut d'abord être membre du Bureau national... ce qui suppose soit qu'elle soit élue par un congrès, soit qu'elle soit pressentie par le bureau national comme membre d'un "parti ou mouvement engagé dans un processus de fusion avec le PG." (article 13 des statuts). Par ailleurs, l'article 14 des statuts précise que "le secrétariat national est composé à parité en genre de 22 personnes". La nomination de Leïla Chaibi au secrétariat national doit donc s'accompagner de la démission, l'exclusion ou le décès d'un autre membre de genre féminin. On est curieux de connaître le nom de l'heureuse élue...

 

Mais en dehors de ce point de droit (1), le problème essentiel reste le pouvoir pris par les groupuscules dans le fonctionnement des partis de la "gauche radicale". Devant nos yeux est en train de se construire un système de nature féodale: à chaque niveau, des "seigneurs", c'est à dire, des "notables" qui peuvent compter sur quelques "camarades qui devraient suivre son appel" (une association, une tendance...), d'un siège d'élu, quelquefois d'une publication. Ces seigneurs forment des ligues et des confédérations (FASE, Alternatifs...) et quelquefois négocient leur allégeance à un "seigneur" supérieur en échange d'un quota de pouvoir (Billard au PG, Chaibi au NPA). Et lorsqu'ils trouvent mieux ailleurs, ils rompent leur allégeance et quittent leur ancien seigneur avec les "camarades qui suivent leur appel" pour s'établir sur les terres de leur nouveau suzerain...

 

Le PG avait déjà à sa fondation une certaine tendance à devenir une confédération des "amis de". On pouvait penser qu'avec le temps l'effet "creuset" allait fondre toutes ces chapelles en un parti politique avec une véritable personnalité et un fonctionnement démocratique. L'épisode Chaibi montre qu'on en est toujours au même point que lors de l'épisode Billard: un petit groupe au sommet du PG s'accorde toujours le droit de "coopter" tel ou tel groupuscule dans le Secrétariat national sans demander son avis à personne, et surtout pas aux militants ou aux instances élues par eux. Chaibi devient "secrétaire nationale" du PG par le fait du prince (2). Ou plutôt, par celui des "barons".

 

Quant au NPA, il est victime du même processus en inverse. Les ambitieux groupusculaires qui l'ont rejoint à sa fondation en pariant sur son succès quittent le navire maintenant qu'il est en difficulté. Car ces personnages ne s'encombrent pas de la règle N°1 de la démocratie, qui implique qu'on accepte le résultat du vote même lorsqu'il vous est défavorable. Non: si on ne vous laisse pas faire ce que vous voulez, il faut partir. On va tout de même pas continuer à militer pour aider la carrière des autres ! Et on part d'autant plus facilement qu'on trouve des offres alléchantes chez la concurrence...

 

Mais le PG aurait intérêt à se méfier. Car le "groupusculaire" est versatile: si on ne le nourrit pas assez (en postes, en reconnaissance...) il a une certaine tendance à cracher dans la soupe et aller voir ailleurs. Et on ne peut pas offrir des co-présidences à tout le monde sans dévaluer la fonction.

 

Descartes

 

 

(1) qui montre encore une fois s'il en était besoin à quel point la "gauche radicale" a du mal à s'institutionnaliser. On a beau voter en grande pompe des statuts, les dirigeants des partis n'hésitent pas à s'asseoir dessus et à faire comme si leur pouvoir ne connaissait pas des limites. En pratique, le secrétariat national du PG agit comme si son pouvoir était illimité. Car s'il peut s'asseoir sur les statuts votés par un congrès, qu'est ce qui l'empêcherait de s'asseoir aussi sur les autres votes ?

 

(2) Leïla Chaibi représente ce qu'il y a de pire dans l'extrême gauche bobo-gauchiste: celle des "pique-nique de faim de mois" dans les supermarchés, qui permettent aux étudiants des beaux quartiers de se donner une contenance des révolutionnaires en offrant au menu peuple les denrées payées par Carrefour (qui ne manquera pas de reporter le coût sur l'ensemble de ses clients). Celle du "squat" élevé à la dignité de phénomène culturel. Exactement le genre d'initiatives qui éloigne de la "gauche radicale" ces couches populaires qui ont encore l'éthique du travail et de l'effort et qui leur attire la sympathie des marginaux, ce que Marx appelait le "lumpenprolétariat". Et c'est ce personnage qui aujourd'hui est  chargé de "l'abolition du précarité"  au secrétariat national du PG ? On croit rêver...

 

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Benjamin 21/02/2011 23:43


Juste pour information, après vérification aucun "processus de fusion" n'est engagé entre l'Appel et la Pioche et le Parti de Gauche. Vous aviez donc raison sur toute la ligne.


Nicolas 70 20/02/2011 13:02


@ Annette : Jean-Pierre CHEVENEMENT ne doit pas son poste de sénateur du Territoire de Belfort.

Il a même du affronter au deuxième tour, alors qu'il était en tête au premier ( le désistement "républicain" n'a pas a eu lieu )ACKERMANN président Ps du conseil général.


Annette 19/02/2011 21:28


Tu dis "Chévenement est un peu sur cette ligne, mais son travail passe largement inaperçu."

J'ai voté JPC en 2002 (c'était mes toutes 1ères élections après ma majorité) et j'aurai revoté pour lui en 2007 s'il s'était présenté (j'ai été très déçue de son soutien à l'exaspérante Ségolène
-plus anti-républicaine que celle-là, tu meurs !) ; il y a des choses pour lesquelles je ne suis pas d'accord avec lui (et toujours cette impression qu'il a oublié la lutte des classes - on dirait
qu'il a une vision de la république abstraite), mais il a toujours eu les bonnes intuitions (en 1983, pour la 1ère guerre d'Irak, l'UE, la question corse, etc) et franchement en face (PS ou
gauchistes) ça ne tenait pas la route.

Comment expliques-tu son peu d'écho alors qu'à te lire, il a la vision la plus crédible, condition sine qua non pour que la gauche se fasse entendre des classes populaires ?
Il a pu avoir son siège de sénateur par ses accords en 2007, mais a-t-il eu la moindre influence sur le PS ? Les gars du MRC qui passent au PS au Conseil Régional ont-ils freiné la pente libérale
et anti-républicaine de ce parti ?


Descartes 19/02/2011 22:25



Comment expliques-tu son peu d'écho alors qu'à te lire, il a la vision la plus crédible, condition sine qua non pour que la gauche se fasse entendre des classes populaires ?


Chèvenement est et reste un technocrate, avec toutes les qualités des technocrates français - qui sont immenses - et tous leurs défauts, immenses eux aussi. Chèvenement est le genre de
personnalité que le peuple écouterait dans une crise, lorsque l'urgence permet de s'affranchir des petites querelles entre petits intérêts. Trop intransigeant, pas assez combinard. De tous les
hommes politiques vivants, c'est celui qui ressemble le plus à De Gaulle.


mais a-t-il eu la moindre influence sur le PS ? Les gars du MRC qui passent au PS au Conseil Régional ont-ils freiné la pente libérale et anti-républicaine de ce parti ?


Chèvenement a eu plus d'influence au niveau des "élites" (et notamment de la technocratie d'Etat) que dans le champ politique. Les élus MRC ne sont peut-être pas très différents des élus PS, mais
dans la haute fonction publique les "chévenementistes" occupent une place sans rapport avec l'influence politique du MRC.



dudu87 19/02/2011 10:04


Bonjour à tous,

Oui, en effet, j'ai souvent déploré le manque de jeunesse sur le bog de JLM tant qu'en quantité qu'en qualité. Nous sommes au 21° siècle et les idées sont toujours du 20°. Tu parles de 68,
Descartes mais la "Résistance", CNR, est toujours vivante pour certains ce qui fait que la jeunesse est absente du débat et pourtant présente dans les luttes. Mais revenons au NPA et au PG.
Pour le NPA, je serai bref! Ils ne servent qu'à mettre la jeunesse qui les suit dans un "cul de sac"! Et la dégouter de la politique, la vraie!!!
Pour le PG, le passé troskyste de beaucoup de ces dirigeants font qu'ils pensent à la révolution spontanée donc pas besoin d'organisations politiques de masse pour encadrer toute future révolte, je
dis bien révolte, et la transformer en révolution.
Le paradoxe est que JLM se contredit puisque, dans son dernier billet, il développe cette idée et ensuite, il rend "hommage" à l'UGTT, organisation syndicale, d'avoir organisé cette révolte.
Plus grave, à la lumière de ton billet, j'apprend que le secrétariat du PG compte 22 membres, ouf...bonjour le nombre et je vois déjà un tour de table à 22 pour un secrétariat et la démocratie avec
un nombre pair, comment fait-on pour départager en cas d'égalité au voix? Alors combien sont-ils au bureau? 50...? C'est un vrai congrès à chaque réunion!!! Au tant dire que les condition de
l'exercice d'une vraie démocratie interne ne sont pas réunie, nous sommes pas loin de "l'anarchie"....
Que se passerait-il si ce parti arrivait au pouvoir et que nous nous trouvions dans un moment de crise aigue? J'ose pas y penser!!!
Maintenant pour ce qui concerne la dernière venue du NPA, je pense que les militants/tes méritants/tes qui peuvent occuper ce poste apprécieront l'arrivée d'une "parachutée".


Descartes 19/02/2011 17:39



(...) ce qui fait que la jeunesse est absente du débat et pourtant présente dans les luttes.


Je suis moins optimiste que toi: la jeunesse est "présente dans les luttes" lorsque les "luttes" sont ludiques ou qu'elles satisfont un besoin de romantisme. Mais il y a dans les "luttes" des
choses bien ennuyeuses: vendre la presse, distribuer les timbres... et dans ces tâches-là, la "jeunesse" est bien absente...


Autant je pense qu'il faut associer la jeunesse, autant je récuse le "jeunisme" ambiant. Les organisations politiques ont envers la jeunesse un seul devoir: fournir à la jeunesse des références
et une éducation politique. Croire que la jeunesse serait capable d'apports dont les adultes ne seraient pas capable est une croyance magique.


Le paradoxe est que JLM se contredit puisque,


Il y a un paradoxe dans JLM: d'un côté, dans sa manière de fonctionner et de penser on retrouve toute le gauchisme français dans toute sa gloire. D'un autre, son contact avec les communistes lui
a laissé une puissante nostalgie de la "contre-société" qu'était le PCF.


 



Benjamin 18/02/2011 23:33


Aparté : à quand un peu de poésie(promesse du blog)?


Descartes 19/02/2011 17:32



Mais... je comptais sur les participants pour en proposer...



JMP 18/02/2011 22:25


Bonjour
Il me semble que la situation politique de la gauche radicale ressemble à une impasse, pour la raison que depuis 1981 , elle a perdu dans le militantisme l’essentiel des militants de la classe
ouvrière ; je ne veux en aucun cas flatter une tendance désastreuse qui se nomme « l’ouvriérisme » . je pense simplement que par leurs fonctions professionnelles , les ouvriers et techniciens sont
plus exigeants sur le respect des contraintes du réel , la discipline a respecter dans des processus de production , etc Cela ne signifie pas qu’ils soient plus intelligents ou humainement
meilleurs que les autres catégories sociales , mais cela les prédispose a un comportement plus rigoureux quand ils s’investissent en politique . C’est entre autre ce qui a fait la force du PCF ; je
pense souvent a cet épisode de la guerre d’Espagne ou les membres des brigades internationales on vu avec effarement les anarchistes refuser de creuser des tranchées pour défendre Madrid…en vertu
d’un romantisme révolutionnaire d’une totale inconscience .
Or , pour des raisons qui tiennent a ce que je nommerai l’imposture Mitterrand et à l’effondrement du communisme soviétique, les ouvriers se sont retirés de la politique .
Dans une situation sociale ,économique, éducative, morale qui s’est aggravée au point de devenir désastreuse ( sans commune mesure avec la situation au moment de la soi disant révolution de 68)
,ils se battent quand leur entreprise est menacée de liquidation _ en fait quand ils n’on plus d’autre choix_ ils manifestent pour les retraites etc, mais ils ne s’engagent pas dans les partis.
pour des raisons que vous avez explicitées sur ce blog, et dans vos interventions sur le blog de JLM ( scepticisme , voire désaccords politiques, méfiance face au mode de fonctionnement pas clair,
au flou organisationnel et programmatique …)
C’est le cercle vicieux : ils ne rejoignent pas les organisations qui sont censées les défendre parce qu’ils se s’y retrouvent pas, mais en ne les rejoignant pas, ils leurs ôtent toute chance de
corriger le tir et de revenir au minimum de rigueur indispensable pour construire un projet politique efficace

On en sort comment ?


Descartes 19/02/2011 17:31



On en sort comment ?


Je ne sais pas. En tout cas, je pense qu'on ne s'en sortira pas sans une réflexion historique et politique approfondie et sans concession. J'irais même plus loin: il faut arrêter de faire du
travail intellectuel une béquille pour justifier des conclusions prééxistentes et reconstruire une base idéologique à partir de laquelle on puisse penser rigoureusement le réel. C'est un travail
autrement plus dur que de négocier des alliances et organiser des meetings. Il faudrait un dirigeant politique qui prenne conscience de ce problème et qui se donne comme objectif de trouver les
gens pour faire ce travail et de les organiser. Chévenement est un peu sur cette ligne, mais son travail passe largement inaperçu.



Benjamin 18/02/2011 19:23


@ Nicolas

A quelques nuances près je partage votre constat sur la composition sociologique du PG, cela se retrouve d'ailleurs dans la plupart des "réunions publiques" majoritairement fréquentées par les
militants eux-mêmes. Je vous rejoins également sur la pyramide des âges bien représentative du "peuple de gauche" : beaucoup de retraités, pas mal de jeunes (presque tous étudiants), mais peu de
trentenaires/quadras à l'exclusion de quelques cadres en devenir souvent issus du PRS. Si ces faits inquiètent les responsables nationaux et jusqu'à JLM, ces derniers ne donnent pas l'impression à
travers leurs discours de vouloir réellement affronter le problème.

@ Descartes

Rendre une génération collectivement responsable de la destruction de notre modèle républicain, n'est-ce pas un peu englobant et intentionnaliste ? A un moment vous semblez restreindre votre
critique aux classes moyennes, mais si je vous lis bien c'est à l'ensemble de la "génération 68" que vous reprochez le sacrifice délibéré (elle n'a "pas hésité" ) de la suivante. Pardonnez ma
simplicité, mais en quoi précisément ce sacrifice a-t-il consisté à votre avis ?
"aussi longtemps qu'on aura aux commandes de la "gauche radicale" les classes moyennes issues du "mai", on n'ira nulle part."
Quand vous écrivez "les classes moyennes issues de mai", désignez-vous les classes moyennes de la "génération 68" ou ceux qui en perpétuent l'esprit ? Parce que la plupart des jeunes militants de
gauche radicale que je côtoie n'ont franchement rien à envier à leurs aînés en termes de "libertarisme", la relève semble assurée. Votre conclusion laconique nous laisse donc dans un désespoir
assez profond... Y a-t-il un moyen d'"expulser" ce petit monde des commandes ou la "gauche radicale" est-elle condamnée à vos yeux ?


Descartes 19/02/2011 17:26



Rendre une génération collectivement responsable de la destruction de notre modèle républicain, n'est-ce pas un peu englobant et intentionnaliste ?


Je ne parlerais pas de "responsabilité" dans le sens de "culpabilité". Mais je pense qu'il existe une "communauté d'expériences" dans une génération qui fait qu'au délà des classes sociales il
existe une différence dans les réactions. La génération qui a eut 18 ans en 1940 a vécu la guerre. Qu'on fut riche ou qu'on fut pauvre, ce fut une expérience formatrice, qui explique un certain
"consensus social" autour de valeurs d'ordre, de travail, de solidarité, de reconstruction. La génération qui avait 18 ans en 1968 est la première qui, à côté d'une aisance sans pareille dans
l'histoire, n'a pas connu la guerre, même comme perspective. Et cela, au délà des classes, l'a marquée...


Pardonnez ma simplicité, mais en quoi précisément ce sacrifice a-t-il consisté à votre avis ?


Pour ne donner qu'un exemple, dans la préférence de la consommation immédiate plutôt que l'investissement à long terme. Si l'on regarde les infrastructures, tu observeras qu'on vit
essentiellement sur des investissements (autouroutes, nucléaire, tgv, transports publics) qui ont été faites dans les années 1970 par la génération précédente. Tu remarqueras d'ailleurs que ce
n'est pas un phénomène exclusivement français.


Quand vous écrivez "les classes moyennes issues de mai", désignez-vous les classes moyennes de la "génération 68" ou ceux qui en perpétuent l'esprit ?


Les deux,mon général!


Y a-t-il un moyen d'"expulser" ce petit monde des commandes ou la "gauche radicale" est-elle condamnée à vos yeux ?


La vérité... est que je n'en sais rien. Oui, ma conclusion est pessimiste parce que je ne vois pas de manière simple de redresser la barre. A long terme, je pense que les transformations de la
société vont réduire le pouvoir des classes moyennes, notamment par l'effet de déclassement. Peut-être qu'alors la lutte entre les différents segments des classes moyennes pousseront une partie
de celles-ci à rechercher une alliance avec les couches populaires. Mais je ne prétend pas être prophète.



Nicolas70 18/02/2011 08:38


En effet, j'avais des ambitions pour le PG.

Dans mon département, le PG est dirigé par des retraités qui nous ressassent 68, qui voit le combat antifasciste comme quelque chose de primordial et qui ont fait fuir toute notre génération de
trentenaire, et un peu plus, qui avait des responsabilités syndicales départementales ( éducation, santé-action sociale, police ), associative ou politique ( adjoint au maire ). Le PG70 est pur :
il se retrouve sans élus. Il est représentatif du peuple de "gauche" : la classe moyenne et fonctionnaires. Voilà pourquoi je parle de délitement. C'est ce que je constate dans le département où je
vis.


Descartes 18/02/2011 15:56



Oui, je connais ce sentiment et je le partage. Malheureusement, nous vivons le crépuscule d'une génération égoïste et auto-centrée comme peux de générations l'ont été, celle de mai 68. Une
génération dont les classes moyennes, grâce au travail de réconstruction de celle qui l'a précédé ont pu vivre dans l'aisance, et qui n'a pas hésité à sacrifier la génération suivante lorsque la
crise est venue. Un génération qui n'a rien construit et beaucoup détruit, et qui maintenant donne des leçons à la terre entière. Sur un autre blog j'avais dit qu'il fallait d'urgence enterrer le
cadavre en décomposition de mai 68 pour pouvoir passer à autre chose, et cela m'avait vallu une volée de bois vert. Mais je persiste à le penser: aussi longtemps qu'on aura aux commandes de la
"gauche radicale" les classes moyennes issues du "mai", on n'ira nulle part.


 



Benjamin 17/02/2011 23:13


@ Descartes

D'accord avec vous, j'essaie simplement d'anticiper les réponses qui pourraient m'être faites si je m'aventurais à soulever le problème.

@ Nicolas

Si le PG ne s'est pas développé de façon spectaculaire en termes d'effectif depuis sa création, il est tout de même passé de 4000 adhérents à plus de 8000 aujourd'hui, à comparer à la fonte du NPA
dans la même période. Pour parler d'"échec" dans ce domaine il faudrait pouvoir rapporter ces chiffres à un objectif de départ, peut-être le vôtre était-il plus ambitieux ? De la même manière et
sans nier les problèmes, je ne vois pas le PG se "déliter"... Ca ne m'empêche pas de partager une partie des critiques formulées ici en matière de méthode, de programme, de fonctionnement interne.


Nicolas 70 17/02/2011 20:40


En accord avec votre billet cher Descartes, le PG, dont j'étais adhérent en 2010, est en phase de délitement.

Devant l'échec de son développement en terme d'adhérents, en terme d'absence de programme politique peut être du à de sévères divergences idéologiques( qu'y a-t-il de commun entre un socialiste
républicain et les gaucho-libertariens ?), le PG n'a le choix que d'accueillir quelques trublions grands copains des médias que JLM ne cesse de critiquer ?

Et le secrétariat créé pour la miss CHAIBI est tout un programme en soi. Ces pique-niques dans les supermarché, je les ai toujours perçu comme des insultes aux gens de peu, aux gens ordinaires qui
se battent au quotidien pour conserver leur dignité.


Benjamin 17/02/2011 18:35


Bonsoir Descartes

Je vous sais gré en tant que militant PG d'avoir signalé à mon attention le problème de la "nomination" de Leïla Chabi par le Secrétariat National. A titre individuel je n'exclus pas d'en référer à
notre commission "démocratie interne" sans trop d'illusions. En effet, à la première partie de votre argumentation :

"le Secrétariat national du PG viole ouvertement les statuts du PG votés le 21 novembre 2010. En effet, l'article 14 des statuts précise que "le secrétariat national] est élu par le Bureau national
en son sein. Ses membres sont les secrétaires nationaux du PG". Le Secrétariat national ne peut donc pas "proposer" à quiconque de se joindre à lui. Leila Chaibi ne peut devenir membre du
secrétariat national qu'en étant élue par le Bureau national. Pire: pour pouvoir être élue, il lui faut d'abord être membre du Bureau national... ce qui suppose soit qu'elle soit élue par un
congrès, soit qu'elle soit pressentie par le bureau national comme membre d'un "parti ou mouvement engagé dans un processus de fusion avec le PG." (article 13 des statuts)"

Ne peut-on pas simplement opposer la suite de l'article 14, stipulant que "[Le Secrétariat national]se réunit toutes les semaines et a entre chaque réunion du Bureau national un pouvoir
décisionnel. Il rend compte de son action devant le BN." ?

J'ignore en outre si la "proposition" du SN n'a pas déjà été validée en BN dans la mesure où le BN peut se réunir à tout moment sans en informer les militants (seule restriction : avertir ses
membres au moins 3 jours à l'avance). Il se peut donc que le BN se soit réuni ces jours-ci et que la proposition d'Eric Coquerel émane directement du BN, auquel cas son imputation au SN dans le
communiqué serait une erreur (mais j'en doute).

Autre point :

"pour pouvoir être élue, il lui faut d'abord être membre du Bureau national... ce qui suppose soit qu'elle soit élue par un congrès, soit qu'elle soit pressentie par le bureau national comme membre
d'un "parti ou mouvement engagé dans un processus de fusion avec le PG."

Ne se situe-t-on pas précisément dans le deuxième cas de figure, celui d'un "pressentiment" du BN ? Vous m'objecterez qu'il n'est pas question de fusion entre le collectif "l'appel et la pioche" le
PG et de fait leurs sites respectifs n'en font pas mention, mais le SN pourrait fort bien répondre qu'un tel processus est engagé de façon officieuse... Ce qui ne veut pas dire que cela se
concrétisera ensuite. Les statuts du PG ne précisant pas la nature de l'"engagement", il est toujours possible de jouer de ce flou. Le problème résiderait donc plutôt dans les statuts
eux-mêmes.

Par conséquent en dehors du dernier point évoqué (la composition paritaire du SN et sa limitation à 22 personnes), la violation des statuts ne me semble pas si facile à caractériser.

Qu'en pensez-vous ?


Descartes 17/02/2011 22:10



Ne peut-on pas simplement opposer la suite de l'article 14, stipulant que "[Le Secrétariat national]se réunit toutes les semaines et a entre chaque réunion du Bureau national un pouvoir
décisionnel.


Non, on ne peut pas. Lorsque des statuts donnent un "pouvoir décisionnel" à un organe, il est sous-entendu que ce pouvoir n'est accordé que dans les limites prescrites par les statuts. Un peu
comme quand la Constitution précise que "le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation". Il est sous-entendu que cela ne donne pas au gouvernement le pouvoir de "définir
et conduire" des politiques contraires à la Constitution elle même. 


J'ignore en outre si la "proposition" du SN n'a pas déjà été validée en BN


Quand bien même elle l'aurait été, le BN n'a pas le pouvoir de changer lui même sa propre composition, sauf dans le cas très précis d'une organisation en cours de fusion avec le PG.


Ne se situe-t-on pas précisément dans le deuxième cas de figure, celui d'un "pressentiment" du BN ? Vous m'objecterez qu'il n'est pas question de fusion entre le collectif "l'appel et la
pioche" le PG et de fait leurs sites respectifs n'en font pas mention, mais le SN pourrait fort bien répondre qu'un tel processus est engagé de façon officieuse...


Alors qu'ils le disent. On verra ce que les militants de "la pelle et la pioche" en pensent...


 



stu 16/02/2011 19:22


Ces différentes chappelles qui se tournent vers le front de gauche sont pour une unité à gauche du PS. Si elles se fondent en un parti politique, alors ton analyse féodale perdra son sens. Car un
parti de ce type implique qu'il est sans concurrent à la gauche de la gauche, donc je vois pas où un groupuscule irait chercher des postes.

Mais tu as raison de souligner que c'est plutôt mal parti pour le Die Linke à la française, même si je garde espoir...


Descartes 17/02/2011 00:13



Ces différentes chappelles qui se tournent vers le front de gauche sont pour une unité à gauche du PS.


Oui, aussi longtemps que cela arrange leurs leaders. Quand demain le PS (ou Europe Ecologie) proposeront à Autain, Billard ou Chaibi une circonscription ou un ministère, on verra bien s'ils sont
si attachés à "une unité à gauche du PS".


Si elles se fondent en un parti politique, alors ton analyse féodale perdra son sens.


Oui. Mais elles ne risquent pas de "se fondre". L'expérience de Chaibi au NPA est de ce point de vue révélatrice: elle a rejoint le parti avec ses "amis" quand ça l'arrangeait, et aujourd'hui
elle le quitte avec ces mêmes "amis". Et au PG, ce sera pareil.


 



stu 16/02/2011 17:30


Sympathique analyse, mais qui ne sera correcte que si le PG échoue à transformer le front de gauche en un parti comme die linke.


Descartes 16/02/2011 18:41



C'est comme si c'était fait, à mon avis. Mais je ne comprends pas pourquoi le fait que le PG réussisse à tranformer le FdG en un parti invaliderait mon analyse.