"pro rege saepe, pro patria semper"

Le blog de descartes

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Publié le par Descartes

"Un taxi vide s'arrêta devant le Parlement, et Clement Atlee en descendit" (Winston Churchill)

 

 

 

Dimanche dernier, la télévision nous offrait pour une fois du grand spectacle. Un vrai concert de Yannick Noah ! Avec en vedette américaine François Hollande, futur président de la République (du moins, c'est ce qu'il a dit) et en chauffeur de salle une ancienne future présidente de la République, Martine Aubry. Un chanteur et deux futurs présidents pour le prix d'un, vous me direz, c'est une affaire. Je me suis donc installé devant mon poste - avec une petite provision de chocolat pour les urgences, comme d'habitude - et je me suis disposé à m'amuser.

 

L'introduction par Martine Aubry, je dois le dire, ne fut pas amusante du tout. J'avoue avoir laissé au bout de cinq minutes mon esprit divaguer, en revenant de temps en temps sur terre pour me dire "tiens, ça je l'ai déjà entendu quelque part". Après quelques dizaines de clichés, je me suis aperçu que ma distraction était largement partagée par la salle, ou le brouhaha avait atteint des proportions assez importantes. Rôle ingrat que celui de devoir passer les plats sans pouvoir y goûter... Heureusement, le défilé de lieux communs s'arrêta assez vite pour laisser la place au spectacle culturel de l'après midi, confié à ce sommet de la chanson française qu'est Yannick Noah (0). Un choix fort judicieux: après tout, il fallait trouver quelqu'un qui ne fasse pas d'ombre à François Hollande. Et étant donné l'absence presque totale de charisme du candidat, le choix n'était pas évident.

 

Enfin, Hollande vint et la lumière se fit: celle des projecteurs, bien entendu. La foule en délire a crié "Fan-çois Pré-si-dent" comme il se doit, applaudi à propos et hors de propos les différents paragraphes du discours, agité les petits drapeaux. Quant au texte, je vous prie de m'excuser mais je n'ai pas le courage d'en faire  un résumé complet (1). D'une part parce que mon masochisme a des limites, et d'autre part parce que cela ne servirait pas à grande chose, vue sa prévisibilité et son absence de contenu. Cependant, c'est un discours qu'on ne peut ignorer, ne serait-ce que parce que son diseur a toutes les chances de devenir en mai président de la République - une perspective qui, croyez-moi, ne m'enchante guère. Ce qu'il dit aujourd'hui peut donner quelques idées sur sa vision pour demain et sur ce que pourrait être son quinquennat. Permettez donc de tirer de ce discours quelques chroniques d'ambiance.

 

D'abord, il y a la forme. Le candidat tout seul sur la scène. C'est l'Homme face au Peuple. Ensuite, l'installation de la salle avec un énorme "carré VIP" (plus de 1000 places, soit un peu moins du dixième de la capacité de la salle) en face de l'orateur. La, c'est l'Homme face aux People. Le fond de scène tendu de bleu, couleur dont n'importe quel publicitaire vous expliquera qu'elle transmet un message rassurant et conservateur, et sur ce fond, derrière le candidat dans la position canonique dans les cérémonies officielles, le drapeau français partiellement couvert par le drapeau européen. Pour un téléspectateur non averti, on aurait pu croire qu'il s'agissait du discours officiel d'un président déjà élu, ce qui est aller un peu vite en besogne. Et en fin de meeting, une "Marseillaise" mais pas d'Internationale, qui reste pourtant l'hymne officiel du PS. A gauche donc, ma non troppo quand même...

 

Et maintenant, allons au fond. Le premier point, frappant dans ce discours, est le problème que le PS en général et Hollande en particulier ont pour se trouver des références politiques. Cela tient en partie au rôle très particulier que François Mitterrand a joué dans l'histoire de la génération de dirigeants socialistes qui aujourd'hui arrivent au premier plan. Que ce soit Ségolène Royal, Pierre Moscovici, Julien Dray, François Hollande - ou Jean-Luc Mélenchon, diront les mauvaises langues - tous ces gens là sont des "bébés Mitterrand". Ils ont souvent fait leurs premières armes dans les sombres magouilles du PS Mitterrandien avant et après la victoire de 1981, ils ont souvent été parachutés ou élus à leur premier mandat par oeuvre et grâce de François III, ils ont commencé de brillantes carrières dans les cabinets ministériels où présidentiel après mai 81. Ils se sont taillé des fiefs grâce à la visibilité - et aux finances bien garnies - de certaines organisations qui, comme SOS-racisme ou la MNEF ont servi de relais au mitterrandisme.

 

Comment s'étonner que pour cette génération mai 1981 soit vécu comme un moment séminal, une révélation, l chemin de Damas ? Seulement, il y a là un décalage important entre la perception des socialistes - et particulièrement des dirigeants socialistes - et celle du reste des français. Ce qui pour les uns fut une fête qui dura quatorze ans a laissé aux autres un goût bien amer de corruption, de banalisation du chômage de masse, de dissolution de l'Etat dans le libéralisme triomphant et eurolâtre. Il y a là une dissonance cognitive que les dirigeants socialistes ont du mal à élaborer. Le problème, au fonds, c'est que Mitterrand n'était pas et n'a jamais été socialiste. Il a pris le Parti, qui avait une longue histoire avant lui, par effraction, et en a fait une machine électorale à sa botte. Mitterrand n'est pas la continuité de l'histoire socialiste, un hériter de Blum et de Mollet. C'est un catholique de droite qui a endossé un costume pour gagner la présidence, qui a fait d'abord une politique "socialiste" sans conviction pour se convertir rapidement - sous l'impulsion de Delors & Co, eux aussi des hommes de droite devenus socialistes par accident - au libéralisme, aux privatisations, à la dissolution du pays dans l'Europe des marchés. C'est pourquoi l'affirmation d'une fidélité au socialisme et l'invocation des mânes de François Mitterrand ont toujours quelque chose de surréaliste.

 

Hollande ne va pas, bien entendu, jusqu'à se poser formellement en "nouveau Mitterrand". Mais il n'en est pas loin lorsqu'il déclare "La Gauche, je l’ai choisie, je l’ai aimée, je l’ai rêvée avec François Mitterrand dans la conquête". Il n'y a chez lui aucun retour critique sur cette expérience. Par exemple, lorsqu'il déclame:

 

"Présider la République, c’est refuser que tout procède d’un seul homme, d’un seul raisonnement, d’un seul parti, qui risque d’ailleurs de devenir un clan (...). Présider la République, c’est accepter de partager le pouvoir de nomination aux plus hautes fonctions (...). Présider la République, c’est faire respecter les lois pour tous, partout, sans faveur pour les proches, sans faiblesse pour les puissants, en garantissant l’indépendance de la justice, en écartant toute intervention du pouvoir sur les affaires, en préservant la liberté de la presse, en protégeant ses sources d’information, en n’utilisant pas le renseignement ou la police à des fins personnelles ou politiques (...)"

 

on ne peut que se demander si la référence à François Mitterrand est compatible avec cette vision. Après tout, il faut être victime d'une sérieuse amnésie pour croire que François Mitterrand on n'a pas "utilisé le renseignement ou la police à des fins personnelles ou politiques" lorsqu'on se souvient des affaires des "Irlandais des Vincennes" ou celle des écoutes de l'Elysée. Il est aussi assez difficile d'affirmer que Mitterrand n'est jamais "intervenu sur les affaires" alors qu'il a admis lui même publiquement avoir freiné les procédures judiciaires contre Papon et Bousquet. Il est surréaliste de penser que Mitterrand a jamais accepté de "partager le pouvoir de nomination aux plus hautes fonctions", pouvoir qu'il a au contraire jalousement gardé. L'idée qu'Hollande se fait de ce que "présider la République" veut dire est à l'opposé de ce que fut la pratique  constante et délibérée du seul président socialiste de la Vème République.

 

Un autre élément révelateur du discours du candidat-président est contenu dans le paragraphe suivant:

 

"Partout où je vais dans les usines, deux sortes de travailleurs viennent me voir. Les plus anciens, qui me posent une seule question : quand est-ce que nous allons partir ? Et les plus jeunes, qui me posent une seule question : quand est-ce que nous allons pouvoir entrer ?"

 

 On remarquera d'abord un point étrange: les travailleurs qui viennent voir François Hollande lorsqu'il va dans les usines lui posent "une seule question". Ils ne parlent jamais au candidat des conditions de travail, de leurs craintes pour l'avenir de leur emploi, de leur pouvoir d'achat. Non, les travailleurs que François Hollande rencontre sur son passage sont des monomaniaques qui ne pensent qu'à "une seule question" (formule que le candidat répète deux fois) . Cette vision des travailleurs montre que François Hollande connaît le monde du travail par ouie-dire. Quiconque a l'habitude de fréquenter les usines sait que les travailleurs se posent tout un ensemble de questions, et que la retraite n'arrive en général qu'assez loin dans la liste, derrière des préoccupations comme les salaires, la protection sociale, la sécurité de l'emploi. Mais peut-être que ceux qui sont préoccupés par ces questions évitent d'aller voir le candidat ? 

 

Mais surtout, le paragraphe en question révèle la vision de François Hollande sur la valeur travail elle même. Le monde du travail, pour lui, est pure souffrance et les travailleurs schizophrènes: lorsqu'on est dehors, on n'a qu'une seule aspiration, rentrer dedans (2). Et lorsqu'on est dedans, on n'a qu'une seule aspiration, partir à la retraite. Rien d'autre n'inquiète les travailleurs que rencontre François Hollande. En d'autres termes, le travail en tant qu'activité sociale est réduit ici à la plus simple expression. La question de la vie au travail ou de sa rémunération disparaît, le travail n'est qu'un "passage", où il faut rentrer et ensuite sortir au plus vite.

 

Hollande montre ici son appartenance à cette tribu de politiciens qui se sont insérés dès leur jeunesse dans le monde politique et n'ont jamais eu à travailler dans le monde réel. Et cette dissociation d'avec le monde réel fait que les travailleurs, mais aussi le travail, deviennent des catégories abstraites. L'idée que le lieu de travail soit un lieu social, ou se jouent une multiplicité de forces complexes qui ne sont pas réductibles à "une seule question" devient inconcevable. Le travail est une malédiction, d'où on déduit que les travailleurs ne peuvent que vouloir partir à  la retraite le plus vite possible. Et on n'hésite pas, comme le fait ici Hollande, à mettre dans la bouche des travailleurs cette obsession. Mais cette vision, si répandue dans les classes bavardantes, est fausse. Pour avoir travaillé en usine, je peux certifier qu'il y a des travailleurs - et pas seulement chez les cadres - pour qui le départ à la retraite est un traumatisme. Des travailleurs qui redoutent la séparation avec leurs "copains de l'usine" et avec la vie sociale qui entoure le travail, avec la perspective d'avoir bobonne sur le dos toute la journée.  Des travailleurs qui faisaient des pieds et des mains pour rester lorsque la direction, pour comprimer le personnel, décidait de mettre à la retraite d'office ceux qui avaient atteint l'âge légal de départ. Hollande est ici victime du même préjugé que Martine Aubry avec ses trente-cinq heures, réforme qui  selon ses initiateurs aurait du gagner au Parti Socialiste le vote ouvrier, mais qui en fait n'est soutenue que par les classes moyennes, qui ont une véritable préférence pour le loisir. La sociologie des dirigeants de la gauche fait que celle-ci fait parler des travailleurs virtuels, ceux qui viennent voir Hollande  avec "une seule question", au lieu de prendre en compte les travailleurs réels. Pas étonnant que ceux-ci aillent voir ailleurs.

 

En dehors de cela, le discours était bien gentil, lisse, sans rien qui puisse indisposer ou faire peur à personne. Plein de bonnes intentions formulées dans un français à la syntaxe assez approximative ("C’est ce rêve-là que j’ai voulu de nouveau ré-enchanter (...)"), avec pas mal de formules creuses ("La France n'est pas le problème, la France est la solution"), des citations apocryphes ("Et je me permettrai de citer Shakespeare, qui rappelait cette loi pourtant universelle : « ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve »" (3)) et de paraphrases douteuses ("Une France du civisme, où chacun demandera non pas ce que la République peut faire pour lui, mais ce que lui, peut faire pour la République !" (4)). C'était surtout un spectacle mis en scène à l'américaine par des professionnels. Clairement, les militants n'ont plus leur place dans la mécanique de l'organisation des meetings, ils sont là simplement pour applaudir et agiter les petits drapeaux gracieusement fournis. Pas plus que les journalistes, d'ailleurs: les images fournies aux chaînes sont produites et mises à disposition par les organisateurs.

 

Et maintenant, attendons le programme.

 

 

Descartes

 

(0) Hier les références de la gauche étaient Jean Ferrat, Juliette Gréco, Bernard Lavilliers... aujourd'hui, c'est Yannick Noah. On pourrait se demander s'il est sage de confier l'intermède culturel à l'ancien tennisman, millionnaire, en délicatesse avec le fisc pour impôts impayés, et qui se distingue par une totale absence de talent musical (qui ne l'empêche nullement de vendre beaucoup de disques, tant il est vrai qu'aujourd'hui dans le music-business les relations et l'argent sont bien plus importants qu'une belle voix ou des bons textes). Mais il est vrai qu'il a des "relations", qu'il est populaire, qu'il est membre d'une "minorité visible"... tout ce qu'il faut pour plaire.

 

(1) dont le texte complet est disponible ici. Vous n'avez qu'à le lire vous mêmes, bande de fainéants !

 

(2) Je laisse de côté la contradiction évidente contenue dans le texte du discours: Hollande affirme que ce sont les jeunes travailleurs qui lui demandent "quand allons nous pouvoir entrer". Or, s'ils sont dejà "travailleurs",  s'ils questionnent le candidat lors de ses visites dans les usines, c'est qu'il sont dejà "entrés"...

 

(3) La citation est introuvable dans l'oeuvre de William Shakespeare numérisée, et on voit mal quel serait le personnage shakesperien qui pourrait prononcer une telle phrase, nettement romantique. On peut se demander d'ailleurs ce que veut dire "rappeller une loi pourtant universelle".

 

(4) "Ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country", John F. Kennedy, discours d'inauguration.

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edgar 25/01/2012


Ah mais camarade, tu as raté cet accessoire pourtant indispensable à la compréhension de l'insondable vide politique où nous sommes arrivés, le clip du "changement maaintenant" : http://www.melty.fr/francois-hollande-le-changement-c-est-maintenant-actu92683.html

Trubli 25/01/2012


Grandiose !


 


"En dehors de cela, le discours était bien gentil, lisse, sans rien qui puisse indisposer ou faire peur à personne." Vous
êtes taquin, il a quand même menacé la finance ! 

argeles39 25/01/2012


Hollande ne va pas, bien entendu, jusqu'à se poser formellement en "nouveau Mitterrand". Mais il n'en est pas loin lorsqu'il déclare "La Gauche, je l’ai choisie, je l’ai aimée, je l’ai rêvée
avec François Mitterrand dans la conquête". Il n'y a chez lui aucun retour critique sur cette expérience.


Tu aurais presque pu te contenter de l’excellente citation de Churchill, elle résume parfaitement
Hollande.


Je crois que c'est Jospin qui avait évoqué "le droit d'inventaire des années Mitterrand", pour finalement
ne jamais faire cet inventaire et se vautrer d'avantage dans le néolibéralisme et les privatisations...... Je vois mal hollande se livrer à cet exercice car il n'en sortirait pas indemne (lui qui
aime à souligner qu'il a été associé à toutes les décisions sous Mitterrand et Jospin, en réponse à ceux qui lui reprochent son manque d'expérience dans les rouages ministériels), et à 90 jours
des élections c'est sans doute un peu tard.


Ce qui est par ailleurs à souligner, c'est que Meluche lui-même répugne à cet exercice de contrition,
alors Hollande!?


Hollande, il a eu la baraka avec l’auto sabordage de DSK, il est en position favorable compte tenu de
l’impopularité de Sarkozy, mais rien n’est joué car :


-      
Sarko c’est un lutteur, acculé il ne se comportera pas en victime expiatoire quand il descendra dans
l’arène


-      
Pas sur que in fine, compte tenu de la crise, les français optent pour un Papandréou ou un Zapatero à la
Française.


Malos tiempos, amigo.

Joe Liqueur 25/01/2012


@ Descartes


 


Je n'ai écouté que des bribes (pas tellement envie d'aller plus loin) et j'ai surtout été frappé par la densité de formules débilissimes, du genre "j'aime les gens, quand d'autres sont obsédés
par l'argent" (je cite de mémoire). Pas aussi drôle toutefois que le fameux "je n'aime pas les riches".


 


Quant à la formule "La France n'est pas le problème, la France est la solution", je ne résiste pas à la tentation de signaler qu'elle se trouve telle quelle sur mon blog (colonne de droite tout
en haut) depuis de nombreux mois. Evidemment qu'il ne lit pas mon blog, mais je crois que mon ego est touché, "quelque part", comme on dit… Ensuite, que cette formule soit tout à fait creuse dans
la bouche de Hollande en particulier, je pense que tout le monde est d'accord là-dessus !


 


Enfin, à propos de Mitterrand, je me souviens avoir entendu récemment le vieux Pasqua lancer ce sympathique aphorisme, à la télé : "Mitterrand a été le dernier grand président de droite". Je
trouve que c'est parfaitement juste. Encore que je fusse bien jeune en 1981 (sans parler du débarquement).

Bannette 26/01/2012


Tu dis : "Le problème, au fonds, c'est que Mitterrand n'était pas et n'a jamais été socialiste. Il a pris le Parti, qui avait une longue histoire avant lui, par effraction, et en a fait une
machine électorale à sa botte. Mitterrand n'est pas la continuité de l'histoire socialiste, un hériter de Blum et de Mollet. C'est un catholique de droite qui a endossé un costume pour gagner la
présidence, qui a fait d'abord une politique "socialiste"


 


Je venais de naitre quand il a été élu, pour moi FM c'était la grenouille au Muppet Show. FM a formé un bataillon de clones qui semble indelogeables aujourd'hui dans le système politique
français, et on pleure de voir que JPC ou P. Mendès France n'ait pas eu leurs lignées de disciples.


En ce qui concerne l'affection de JLM pour le "vieux", quand on discute avec lui, il voit en son mentor un catho de droite qui a eu le courage de tourner dos à son milieu d'origine (l'éthique de
l'émancipation républicaine) pour voir l'intérêt général et du peuple, et donc s'élever au socialisme républicain (*réprime un fou-rire nerveux, por favor*). Les "autres", adversaires
de FM qui étaient de son milieu et s'y complaisaient (milieu bourgeois, conservateur, de droite), lui en ont voulu jusqu'à la mort de cette trahison de classe, mais il leur a tenu tête (dans ces
autres il y a : la droite française, les américains qui ont failli débarquer parce que la France a osé avoir des ministres communistes, etc).


Ce storytelling est probablement ce que FM a du servir à ses groupies ou disciples pour s'assurer de leur affection éternelle. Pour paraphraser Pasqua, quelle homme politique d'envergure
oserait dire aujourd'hui que "De Gaulle a été le dernier président de Gauche"  ?

argeles39 27/01/2012


Mitterrand n'a jamais tourné le dos à son milieu d'origine, bien au contraire. Il se foutait éperdument de l'intérêt général (à supposer que cette expression eut pour lui un sens),
prêt comme il l'était à sacrifier tout, y compris la décence, à sa carrière.


Malgré Vichy, la francisque et l'Algérie, son amitié pour Bousquet...... il parvient au plus haut sommet
du pouvoir, avec le recul c'est assez surréaliste, "une belle performance" quoi qu'on en dise. Le PCF l'a soutenu en connaissant son passé, c'est aussi une donnée qui suscite des interrogations
(Peut-être que Marchais n'était lui même pas totalement au clair avec son passé en Allemagne?).

Julien 27/01/2012


La citation est bien de Shakespeare.


 


De Nicholas Shakespeare.


http://lelab.europe1.fr/t/shakespeare-les-anglais-ne-ratent-pas-hollande-689/4036


 


Quel coquin ce Hollande. ^^

Bannette 27/01/2012


Tu dis à propos de la raison du poids de FM chez les socialos d'aujou'dhui :"C'est le fait qu'il a "gagné". Cette victoire reste, pour cette génération, une fondation. (...) Pour ce
groupe, les années Mitterrand c'est la fréquentation des palais officiels, les voitures avec chauffeur, la licence pour dire et faire n'importe quoi avec les moyens de l'Etat.(...)Où
était "l'intérêt général" quand il a donné une place au Front National pour emmerder Chirac ?"


Ah oui, j'avais complètement oublié cet aspect, en effet JLM l'évoque aussi. Et dans l'exemple que tu cites après, c'est là qu'on voit à quel point le manque de vision politique, dans le sens
donner une perspective à la nation, a aveuglé les républicains socialistes les plus sincères : ce qui comptait ce n'est pas la "gagne officielle", mais de remporter la bataille de
l'hégémonie culturelle dans le sens gramscien du terme (comme hégémonie culturelle, on a eu par contre les soi-disants "nouveaux philosophes", l'Euroland, l'atlantisme béat, les restaus du
coeur etc, arf !). Toujours penser à l'intérêt vital de la nation (j'aime beaucoup cette expression - est-ce De Gaulle qui l'a utilisée le 1er ?) aurait rappelé à ces militants que le plus
important n'est pas d'avoir un gouverment de son drapeau politique (cf le poids du PCF jusqu'aux débuts des années 1970, qui n'avait pas de président issu de son milieu, mais qui était tel que
malgré Prague 1968 et autres scories soviétiques, défendait le mieux à gauche cet intérêt vital).


D'ailleurs, en tant que stratège politique sur le long terme, Jean-Marie Le Pen a été beaucoup plus futé que les socialos (et les communistes, et groupuscules gauchistes donc) vu qu'il n'a
pas gagné de présidence, mais a un réseau d'élus confortable (et donc de manne financière), et a imposé ses obsessions dans le débat politique français (ce que les communistes
ont perdu). Merci du coup de main de FM ! Z'ont beau jeu les anti-racistes venus du PS de nous bassiner sur le danger de l'extrème-droite !


 "Vous" (je veux dire, de manière générale, en tant que témoin de 1981) étiez si désespérés que ça ? 


Pour JLM, c'est étrange car je ne crois pas du tout qu'il ait jamais été dans le cercle premier de FM, et il ne me semble pas être motivé par les ors et echos de la pompe des
carriéristes socialos proches de FM. Après la distance qu'il y avait entre eux a sans doute favorisé la fabrication de cet "oncle idéal" (qu'il n'osait pas déranger vu la fonction écrasante
qu'il avait, mais admirait en silence), mais comment peut-on rester aveugle devant ce qu'il appelle pudiquement ses "zones d'ombres" (francisque et Cie) ?

morel 28/01/2012


Cela ne vous pose aucun problème qu’un Marchais ayant docilement répondu à l’appel du STO devienne le secrétaire général du PCF
alors que d’autres, au passé nettement résistant aient été écartés parfois procès staliniens à l’appui ?


Mais je dois être « anti-communiste »…

Marcailloux 29/01/2012


Bonjour,


Je laisse de côté la contradiction évidente contenue dans le texte du
discours: Hollande affirme que ce sont les jeunes travailleurs qui lui demandent "quand allons nous pouvoir entrer". Or, s'ils sont dejà "travailleurs",  s'ils questionnent le candidat lors
de ses visites dans les usines, c'est qu'il sont dejà "entrés"...


Il serait possible de rétorquer que F.Hollande a suivi le raisonnement que
vous appliquez au sujet de Shakespeare. En effet, compte tenu du nombre de jeunes travailleurs employés dans les entreprises en stages répétitifs, intérim, CDD ou contrats aidés divers, il n'y a
rien d'étonnant que nombre d'entre eux puissent le rencontrer à l'intérieur même des entreprises. J'aurais mieux apprécié que vous releviez le caractère illusoire et inéficient de ses
propositions en matière de fiscalité, entre autres.

marc malesherbes 29/01/2012


il me semble que les propositions (les orientattions) exprimées par F Hollande mériteraient d'être analysées au fond:

1- le coté de gauche indiscutable de son projet, c'est la taxation accrue des plus riches, du profit distribué aux actionnaires. Ce n'est pas à négliger. A cela on peut ajouter diverses mesures
qui vont dans le sens d'une plus grande justice pour les moins favorisés (premières consommations de gaz, électricité à prix bas ...à confirmer)
2- on peut ajouter à ces mesures économiques, diverses avancées "politiques et "sociétales" souhaitables ( ex: non cumul des mandats, vote des étrangers, droit de la fin de vie, mariage gay,
retrait d'Afghanistan .. )
3- ce qu'on peut regretter, c'est l'acceptation complète de la logique européenne actuelle qui nous entraînera vers toujours plus de chômage et un appauvrissement progressif. Il devra constater
qu'"il n'y peut rien"

nb: il n'est pas interdit d'espérer qu'il rendra les services publics (éducation, police, justice, santé ...) plus efficaces, mais sur ce sujet je n'espère pas trop (en général les périodes
socialistes n'ont pas montré sur ce plan de capacités particulières)

Marcailloux 30/01/2012


"Il est rare de voir les dindes voter pour avancer
Noël."



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